Bourgogne : la flavescence dorée s'étend en Côte-d'Or et Saône-et-Loire

La flavescence dorée est transmise par un insecte, la cicadelle. (Archives) / © Christian Watier / MaxPPP
La flavescence dorée est transmise par un insecte, la cicadelle. (Archives) / © Christian Watier / MaxPPP

La flavescence dorée, une maladie qui touche les vignes, s'étend à de nouvelles communes en Bourgogne. Pour en savoir plus sur cette épidémie et ses conséquences, nous avons interrogé Charlotte Huber, directrice technique de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne.

Par Matti Faye

Y a-t-il une recrudescence de la flavescence dorée en Bourgogne ?

Charlotte Huber, directrice technique de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB) : On est passé de 15 ou 16 communes qui étaient contaminées l'année dernière à environ 23 cette année. Les prélèvements ont montré qu'il y avait une présence de la flavescence dorée un peu plus importante.

Est-ce qu'elle était là l'année dernière et on ne l'avait pas vue, ou est-ce que cette année elle est vraiment apparue dans ces communes là ? On ne peut pas trop le dire. Ce qui est certain, c'est que cette année l'ensemble des symptômes de jaunisse, qui sont à la fois ceux de la flavescence dorée et d'une autre maladie, étaient beaucoup plus nombreux et se sont beaucoup plus exprimés, de façon beaucoup plus forte que les années précédentes. Donc il y a forcément eu plus de prélèvements, donc plus de résultats positifs.

 

Où sont situés les nouveaux cas détectés ?

Ils sont dans des communes situées pour la plupart en Saône-et-Loire, autour des communes qui étaient historiquement contaminées. Il y a quelques communes supplémentaires dans le sud Saône-et-Loire. Et puis il y a deux communes en Côte-d'Or.

La liste des communes est disponible sur le site stop-flavescence-bourgogne.fr. Il s'agit en Côte-d'Or de Comblanchien et Premeaux Prissey. En Saône-et-Loire, les communes de Clessé, Péronne, Préty, Saint Martin Belle Roche, Romanèche Thorins et Vers sont touchées. De nouveaux cas ont également été détectés à La Salle mais sont en attente de confirmation par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail (ANSES).
 

Comment les nouveaux cas sont-ils mis au jour ?

La flavescence se voit extérieurement par différents symptômes. Les feuilles se rabougrissent, elles sont plus jaunes. Mais ces symptômes sont exactement les mêmes pour une autre maladie, qu'on appelle le bois noir. Chaque fois que des feuilles sont prélevées pour voir si c'est une flavescence, on analyse si c'est la flavescence ou le bois noir.

Donc on sait qu'on a beaucoup de bois noir sur la région. C'est aussi assez embêtant parce qu'un pied malade n'a pas la même production qu'un pied sain. Mais le bois noir n'est pas une maladie réglementée, donc c'est une perte de production mais il n'y a pas de traitement insecticide obligatoire etc.

Chaque année, avec l'appui de la Fredon Bourgogne
(Fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles, ndlr), on organise des prospections sur tout le territoire. Chaque commune est prospectée, les pieds sont marqués. Ensuite l'équipe de la Fredon revient faire des prélèvements.

Il y a eu 2 735 prélèvements. La fin des analyses date d'il y a quinze jours à peu près. Les prospections commencent avant vendanges. Et comme il faut mailler tout le territoire viticole de Bourgogne, ça s'arrête pendant les vendanges et ça reprend après. On essaye d'être le plus exhaustif possible dans la répartition territoriale et de prélever là où on voit le plus de symptômes pour avoir une représentativité la plus grande de la situation.

 

Une petite dizaine de communes supplémentaires sont touchées. Est-ce un chiffre surprenant ou une évolution logique ?

Oui et non. Les personnes qui ont l'habitude de travailler sur ce sujet là et dans d'autres régions nous avaient entre guillemets prévenu que la flavescence dorée pouvait s'exprimer de façon cyclique. Ça ne nous enchante pas, ça nous fait plutôt peur de voir que ça a pris cette ampleur là cette année. Après, c'est comme ça. Je pense qu'on va rediscuter de la lutte qu'on va mettre en place et essayer de la contenir comme on a pu le faire jusqu'à maintenant.
 

À part l'arrachage des pieds contaminés, y a-t-il d'autres moyens de lutte ?

La lutte en Bourgogne s'appuie sur quatre piliers : 
  • Les prospections, qui permettent d'avoir une vision exhaustive du vignoble, en tout cas là où il peut y avoir des pieds qui peuvent être symptomatiques.
  • Les prélèvements et l'analyse 
  • L'arrachage de tous les pieds marqués pour s'assurer que même si les pieds ne sont pas flavescents, on a un vignoble le plus propre possible.
  • La lutte insecticide, parce que la flavescence est transmise d'un pied à un autre par un insecte qui s'appelle la cicadelle. Un des moyens de lutte contre la flavescence est donc d'éliminer ce vecteur.

L'arrachage d'une parcelle entière est obligatoire dès lors qu'elle est touchée à plus de 20%, donc quand il y a véritablement des foyers. On n'a pas de situations de foyers aujourd'hui, c'est des pieds isolés ou en tout cas pas autant que 20% d'une parcelle. Donc il n'y a pas d'arrachage obligatoire d'une parcelle, c'est vraiment les pieds les uns après les autres qui doivent être arrachés s'ils sont flavescents.
 

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