Charolles : des carcasses de brebis déposées devant la sous-préfecture pour dénoncer les dégâts du loup

Des éleveurs ovins ont déposé des carcasses de brebis devant la sous-préfecture de Charolles lundi 7 septembre. Une action pour que l'État autorise l'abattage du loup qui a fait plus d'une dizaine de victimes ce week-end. Une réunion est prévue avec le préfet loup ce mardi.
Devant la sous-préfecture de Charolles (Saône-et-Loire), le lundi 7 septembre 2020.
Devant la sous-préfecture de Charolles (Saône-et-Loire), le lundi 7 septembre 2020. © Anthony Borlot / France 3 Bourgogne
Une quinzaine de carcasses de brebis ont été déposées lundi soir devant la sous-préfecture de Charolles en Saône-et-Loire par des éleveurs. Pour eux, la situation n'est plus tenable après les attaques répétées attribuées au loup dans le secteur.

Guillaume Coignard, éleveur à Gourdon, a subi trois attaques durant l'été. Toutes reconnues officiellement comme étant le fait du prédateur par l'office français de la biodiversité. "Là, c'est le ras-le-bol, parce que j'ai eu deux attaques en deux nuits. La première nuit deux morts, deuxième nuit neuf morts. Et un blessé qu'on ne sait pas si on va le sauver, un bélier de haute performance qui a un tarif assez élevé, confie-t-il. J'avais déjà eu une attaque au mois d'août. Pour moi, ça fait quatorze bêtes tuées en trois attaques, et onze dans le week-end."

Venu à leur rencontre, le sous-préfet a recueilli les doléances des éleveurs, sans toutefois les rassurer. Pour eux, même si les brebis tuées sont remboursées aux alentours de 400 euros, l'indemnisation ne couvre pas tout le travail de sélection effectué qui s'étale parfois sur plusieurs dizaines d'années. 

"Ils croient que la brebis, on l'indemnise. Terminé, on passe à une autre. Mais ce n'est pas ça, affirme Pascal Chaponneau, le président de l'organisme de sélection du mouton charollais. Là, il y a trois ou quatre générations de travail derrière. Il y a des brebis dans les qualifications, il faut des années pour arriver à faire ça. On n'arrête pas de dire qu'en France, on a la plus belle génétique du monde. On est en train de la laisser bouffer par un loup qu'on n'est pas capable de tuer."

Trois élevages de Saône-et-Loire ont obtenu l'autorisation d'abattre le loup en cas d'attaque. Des clôtures électriques ont également été installées. Mais pour l'instant la seule solution vraiment efficace est de rentrer le cheptel la nuit. Depuis juin, 85 bêtes ont été retrouvées mortes dans le département. 
 
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