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COP 21 : un manifestant chalonnais condamné à 3 mois de prison ferme sans mandat de dépôt

Le parquet de Paris a annoncé mercredi avoir fait appel du jugement prononcé contre un manifestant (résidant à Chalon-sur-Saône) interpellé dimanche en marge de la COP21, qui a été condamné à 3 mois de prison ferme, mais sans mandat de dépôt.
"Plusieurs dizaines d'individus cagoulés et masqués", ont visé les forces de l'ordre, dimanche 30 novembre 2015, place de la République, à Paris.
"Plusieurs dizaines d'individus cagoulés et masqués", ont visé les forces de l'ordre, dimanche 30 novembre 2015, place de la République, à Paris. © MUSTAFA SEVGI / ANADOLU AGENCY / AFP
Ce prévenu de 28 ans, jugé en comparution immédiate mardi, a été condamné par le tribunal correctionnel à trois mois de prison ferme pour avoir jeté une bouteille en verre en direction d'un policier, le blessant légèrement à la lèvre, sur la place de la République. Une peine aménageable sans passer par la case prison. A l'audience, le ministère public avait requis une peine de huit mois d'emprisonnement dont quatre ferme, mais avec mandat de dépôt, c'est-à-dire avec incarcération immédiate. Le prévenu, résidant à Chalon-sur-Saône, avait affirmé qu'il avait jeté une canette métallique, sans viser personne en particulier. Son avocate avait fait valoir qu'il avait bu et n'était "pas là pour casser".

341 interpellations dimanche 30 novembre à Paris


Une jeune femme de 25 ans, interpellée aussi dimanche, a pour sa part été condamnée à une amende de 1.000 euros pour avoir refusé de laisser prendre ses empreintes digitales. Dans son cas, le parquet ne fait pas appel. Des échauffourées avaient éclaté dimanche après-midi entre des manifestants et les forces de l'ordre. Plus de 341 personnes ont été interpellées, dont 317 se sont soldées par des gardes à vue. Neuf de ces gardes à vue avaient été prolongées lundi. Parmi elles, figurent les deux personnes condamnées mardi. Deux autres hommes, âgés de 21 et 28 ans, doivent être jugés mercredi en comparution immédiate, pour rébellion, violences sur personne dépositaire de l'autorité publique et refus de se disperser après sommation, a indiqué le parquet. Les cinq autres personnes ont été relâchées. L'enquête sur ces faits se poursuit.

Dans le cadre de l'état d'urgence décidé après les attentats du 13 novembre, les manifestations avaient été interdites en Ile-de-France jusqu'au 30 novembre à minuit, ainsi que dans plusieurs villes de France. Par ailleurs, vingt-six personnes, des militants considérés comme radicaux et violents, ont été assignés à résidence en lien avec les manifestations contre la COP21, une mesure qui a fait polémique.
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