Coronavirus Covid-19 : lavage des mains et désinfection, les conseils de Louis Pasteur, natif du Jura, au 19ème siècle

La maison natale de Louis Pasteur, à Dole, dans le Jura, est un musée consacré à la mémoire du chimiste et physicien depuis 1923. / © MAXPPP/Philippe Trias
La maison natale de Louis Pasteur, à Dole, dans le Jura, est un musée consacré à la mémoire du chimiste et physicien depuis 1923. / © MAXPPP/Philippe Trias

Nous pouvons tous lui dire merci ! Sans ses travaux, ses conseils d'hygiène et l'invention du vaccin contre la rage, nous serions bien plus démunis aujourd'hui face aux virus. Voici l'histoire d'un homme du 19ème siècle, né dans le Jura : Louis Pasteur.

Par Raoul Advocat

L'histoire de Louis Pasteur aurait pu être celle d'un taulard, condamné pour empoisonnement ! Pensez-donc : il avait fait injecter à un enfant de 9 ans un extrait de cerveau d'un animal mort de la rage. Louis Pasteur, né à Dole, dans le Jura, en 1822, ne serait alors jamais rentré dans l'histoire de la médecine et de l'hygiène.


Louis Pasteur, un charlatan de laboratoire ?


Avec l'épidémie de coronavirus Covid-19, tout le monde connaît aujourd'hui les gestes barrières : se laver les mains, éviter les contacts, porter un masque (quand on est malade, selon les autorités sanitaires françaises). Mais savez-vous que Louis Pasteur est un des premiers à préconiser des "gestes barrières" contre les microbes ? Et avec un sacré culot en plus ?

Revenons au milieu du 19ème siècle. Louis Pasteur, chimiste et physicien, travaille sur la fermentation et les micro-organismes. Sur les maladies aussi, celles qui touchent des animaux : vers à soie, poules ou moutons.

Il prône de combattre les maladies en luttant contre la propagation des microbes, des "germes". L'hygiène moderne est née. Louis Pasteur l'affirme : il faut stériliser les linges, flamber les instruments de chirurgie et se nettoyer les mains.

Des microbes propagateurs de maladies ? Des scientifiques ridiculisent les recherches de Louis Pasteur. Eux s'en remettent à la parole des anciens. Des très, très, très  anciens : Aristote, en particulier, qui a vécu plus de trois siècles avant notre ère. 

Ils croient à "la génération spontanée". Selon le concept imaginé par le philosophe grec, des êtres vivants apparaitraient sans cause particulière à partir de la matière inanimée.

En résumé, pour des médecins et scientifiques de son époque, Louis Pasteur est un charlatan de laboratoire...

 


Le vaccin, remède ultime contre les virus

En 1880, Louis Pasteur se lance dans un autre domaine. Celui de la santé humaine. Il choisit d'étudier la rage. Avec des méthodes qui feraient frémir les défenseurs de la cause animale.

Il fait innoculer des extraits de cerveaux de chiens enragés à d'autres animaux. Certains en meurent. Mais finalement, ça marche !

Quant au passage à l'essai sur l'homme, il  ferait sans doute frémir d'indignation tous les comités d'éthique médicale.
 



Tout commence le 6 juillet 1885. Un garçon alsacien de neuf ans, Joseph Meister est mordu par un chien enragé. Au 19ème siècle, on connait bien cette terrible maladie du système nerveux. Elle est toujours mortelle. L'enfant est condamné à brève échéance.

Louis Pasteur confie à un médecin, le docteur Jacques-Joseph Grancher, le soin d’administrer le traitement. En 10 jours, Joseph Meister reçoit treize injections de moelles provenant d'animaux contaminés par la rage. Les doses sont d'abord atténuées, puis de plus en plus virulentes.
 
C'est un succès. Joseph Meister est le premier être humain vacciné. Depuis cette découverte, les vaccins restent aujourd'hui encore les meilleurs moyens de lutter contre les maladies à virus.

 
Et les masques contre les microbes ?


Un autre chercheur, un Allemand,  est à l'origine de l'utilisation des masques par les chirurgiens. Il s'agit de Carl Pflüge. Il est connu pour ses travaux sur le paludisme, la tuberculose et le choléra.

En 1890, il démontre que le simple fait de parler entraîne la propagation des microbes. Les micro-organismes sont transportés par les minuscule gouttelettes que nous projettons dans l'air en ouvrant la bouche.

Un chirurgien polonais, Jan Mikulicz-Radecki, prend connaissance de la découverte. Il fabrique les premiers masques chirurgicaux constitués de plusieurs couches de gaze, un tissu de coton très léger.


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Quand les musées ouvriront à nouveau, après le confinement, voici les visites à ne pas manquer :

 


A voir dès maintenant, un portrait de Louis Pasteur, produit par Capa Drama, qui avait été diffusé par France Télévisions :

 
Louis Pasteur, portrait d'un visionnaire








 

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