Coronavirus Covid-19 : "C'est criminel de dire aux gens de ne pas porter de masques" le cri d'alarme d'un généraliste

Il pousse un coup de gueule contre les autorités sanitaires en France. Gérard Carpentier est médecin généraliste dans le Jura. "Mettez des masques, ou autre chose si vous n'en avez pas" lance-t-il pour freiner la propagation du virus Covid-19 en France.

Le port du masque face au coronavirus doit-il être généralisé ? Oui selon un généraliste du Jura.
Le port du masque face au coronavirus doit-il être généralisé ? Oui selon un généraliste du Jura. © Thierry THOREL - maxPPP
Dans son cabinet de Perrigny dans le Jura, Gérard Carpentier est en relation depuis une dizaine de jours avec des malades qui présentent des symptômes du covid-19. Des malades qu'ils tentent de rassurer par téléphone, des malades qu'il a parfois du aller voir.


"Ceux qui tiennent ces propos au gouvernement ont une attitude criminelle"


"Je suis atterré par les messages du gouvernement" dit ce médecin membre du syndicat MG France. On demande aux gens de ne porter des masques que s'ils sont malades, comment peuvent-ils dire ça, s'interroge le généraliste qui exerce près de Lons-Le-Saunier dans le Jura. "Ceux qui tiennent ces propos au gouvernement ont une attitude criminelle" estime le médecin."Mettez des masques, mettez des masques" répète-t-il. "Si vous n'en avez pas, remplacez le masque par du sopalin, un foulard, ou un masque en tissu...". Le gouvernement ne peut pas se contenter de dire aux gens de rester chez eux et de se laver les mains pense le généraliste.

Pour le médecin, ce message de protection semble évident pour tout malade porteur ou susceptible d'être porteur d'une charge virale. "Le masque chez un porteur du virus va limiter la propagation de ses postillons et diminuer la contagion" rappelle le médecin. Idem chez une personne bien portante qui peut être porteuse du coronavirus sans en avoir développé les symptômes.

Dans un courrier envoyé ce lundi 23 mars aux médecins, le conseil département de l'ordre dans le Jura invite ceux-ci à rester maîtres de leurs pratiques, mais il rappelle que "tout patient, même sans pathologie infectieuse patente doit être considéré comme vecteur du virus, et pour cela il est impératif si possible de mettre en place une barrière double masque, et de privilégier la téléconsultation, les consultations présentielles devant rester l’exception ! ".

Gérard Carpentier ne comprend pas pourquoi le ministre de la Santé ne communique pas sur un port du masque généralisé pendant cette période de pandémie. "Est-ce que comme les Britanniques, on veut en France que 80% de la population soit touchée par le virus, pour arriver à une vaccination globale ?!" se questionne en colère le médecin.

"Je suis certain de ne pas être dans le délire" dit-il en appelant la population à porter des masques.  Lorsqu'une boulangère vend du pain avec des gants certes, mais sans masque, elle risque de contaminer ses clients, prend le médecin comme exemple.
 

250 millions de masques vont arriver estime le ministre de la santé


Ces masques font pourtant défaut. La pénurie touche les soignants et les hôpitaux qui ont lancé comme à Belfort des appels aux dons. Lors d'un point presse le 21 mars,  Olivier Véran, ministre de la Santé a annoncé,  la commande de "250 millions de masques", livrés "progressivement", pour faire face à la pénurie actuelle.

A ce jour, le médecin jurassien a lui encore de quoi se protéger. "Je remercie Roselyne Bachelot l'ancienne ministre de la Santé qui a avait été dépensière au moment l'épidémie de grippe H1N1" dit-il. "J'ai encore des masques, quelques uns". "J'ai encore quelques patients qui viennent, au cabinet, pour les cas suspects, j'évite de me déplacer, j'envoie les ordonnances par mail, je les appelle régulièrement" confie ce médecin qui ne pratique pas la téléconsultation.

A ce jour, l'épidémie de covid-19 a fait  51 morts en Bourgogne-France-Comté.
On comptait dimanche 22 mars, 359 patients hospitalisés, dont 100 sont placés en réanimation. 
Au niveau national, Santé Publique France recense 16689 cas et 674 décès.


 
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