Coronavirus et déconfinement : comment rassurer les enfants (et les parents) avant le retour à l'école le 11 mai ?

Suite aux annonces du Premier ministre le 28 avril dernier, les parents manifestent leurs inquiétudes quant au retour de leurs enfants à l'école. Mais eux, sont-ils inquiets ? Comment les préparer pour la "rentrée" ?

ILLUSTRATION. Le retour à l'école ne se fera pas avant le 14 mai en Bourgogne-Franche-Comté
ILLUSTRATION. Le retour à l'école ne se fera pas avant le 14 mai en Bourgogne-Franche-Comté © Alexandre MARCHI - maxPPP
"Ce sont les parents qu'il faut rassurer" selon Valérie Touvenot-Lambert, psychologue pour enfants à Dijon. Pour elle, "les enfants n'ont pas de raison d'être angoissés." Sans minimiser bien sûr les conséquences du coronavirus et du confinement, mais la professionnelle soulève que "même si la situation est particulière, les enfants eux-mêmes ne sont pas en danger. Rappelons qu'il n'y a eu que de très rares cas d'enfants malades." Pour eux, le danger n'est pas perceptible. Donc moins angoissant.

"Les enfants sentent le danger quand il est perceptible, palpable. Ils vivent surtout les choses à travers les adultes. Si les parents se raisonnent et sont sécurisants, alors les enfants seront rassurés."

"Il faut que la vie redémarre"

La psychologue pour enfants souligne toute l'importance pour les élèves de retouver le chemin de l'école. "Nous ne mettons pas en danger nos enfants en les emmenant à l'école !" défend-elle. "Il faut que la vie redémarre". 

Si les enfants sont en bonne santé, elle ne voit pas pour quelles raisons ils ne pourraient pas retourner à l'école. "Même ceux qui disaient ne pas aimer l'école s'ennuient aujourd'hui. C'est important qu'ils retrouvent la classe, la cour de récréation, leurs copains !"
Les établissements scolaires ont fermé leurs portes à la mi-mars et l'"interruption" a déjà été longue. "Ce n'est pas envisageable d'empêcher les enfants de retourner à l'école pendant 5 mois." Même si, pour la spécialiste, l'important n'est pas de savoir si le programme va être bouclé, mais bien de retrouver un semblant de vie "normale".

Valérie Touvenot-Lambert a conscience des craintes et des angoisses des parents. "Peut-être qu'ils ont peur que leurs enfants les contaminent ? Mais il faut bien se dire qu'il y a aussi d'autres pathologies, dont on n'est jamais complètement à l'abri."

Les conditions de sécurité sanitaire devront, de toute façon, être réunies afin de permettre la réouverture des salles de classe : 15 élèves par classe maximum, espace d'un mètre minimum entre eux, lavages réguliers des mains. Les enseignant(e)s seront muni(e)s d'un masque. "Les enfants n'auront pas peur du masque si leur professeur(e) leur explique pourquoi." C'est-à-dire préciser que l'enseignant(e) n'est pas malade mais que c'est un vrai moyen de se protéger car "le virus est encore là, même si on ne le voit pas.

Pour les enfants, rien n'est jamais comme avant

D'ailleurs, dès le retour en classe, un temps de réflexion et de discussion avec l'enseignant(e) sera nécessaire. "Les enfants ont quand même entendu parler de guerre pendant des semaines. Ils ne doivent pas croire qu'ils retournent à l'école parce que la guerre est finie." Pour Valérie Touvenot-Lambert, les enfants devront comprendre que "l'épidémie a été grave pour certains et que des précautions ont été prises. Et que grâce aux efforts collectifs, ils peuvent aujourd'hui retourner à l'école. Mais il sera tout aussi important de continuer à faire des efforts."

Selon la psychologue, la situation devra aussi être mise en perspective. "On a beaucoup dit que c'était inédit et exceptionnel. Mais l'humanité a connu de nombreuses épidémies. Et de toute façon, pour les enfants, rien n'est jamais comme avant. Ils grandissent, ils évoluent. Pour eux, ce n'est peut-être pas si dramatique que ça." 

Faire confiance aux enfants

"Les enfants ont besoin de clarté, qu'on leur raconte clairement" souligne Valérie Touvenot-Lambert. "Je suis souvent impressionnée par l'intelligence et la philosophie des enfants. Il faut leur faire confiance." 
Elle en appelle aussi à leur créativité. "Ils auront une nouvelle façon de se retrouver. Et ils sauront comment se dire bonjour sans se toucher... Avec les pieds ? En salut japonais peut-être ?" Les enfants garderont sans difficulté l'habitude des gestes barrières. "Ils se laveront les mains en chantant par exemple." 

Les enfants comptent sur les adultes

Les enfants "sont prêts". "Mais il faut que les parents surmontent leurs peurs." La psychologue insiste sur toute la nécessité des parents à rassurer. "Les enfants comptent sur les adultes pour se préparer, pour les guider."
Ils ne doivent pas revenir à l'école avec "la peur de leurs copains, la peur de se contaminer en jouant avec d'autres." Valérie Touvenant conclut que "l'isolement ne sera pas la solution. L'angoisse ne ferait qu'augmenter. Les êtres humains ont énormément de ressources. La clé, c'est d'avoir confiance." Et de regarder le monde avec des yeux d'enfants peut-être ?
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