Côte-d'Or : maladies, taille, les fortes pluies compliquent à nouveau le travail dans les vignes

Après le gel et la grêle, depuis la mi-juin, les fortes précipitations posent de nombreux problèmes aux vignerons. L'humidité favorise le développement des champignons et complique les interventions. Illustration à Premeaux-Prissey (Côte d'Or).
Raphaël Dubois, vigneron à Premeaux-Prissey (Côte-d’Or) est contraint de "rogner" ses vignes à la main.
Raphaël Dubois, vigneron à Premeaux-Prissey (Côte-d’Or) est contraint de "rogner" ses vignes à la main. © France Télévision

Après des épisodes de gel au printemps et parfois de grêle, les vignerons doivent faire face à plusieurs jours de pluie consécutifs en ce début de mois de juillet. Les précipitations à répétition ont imbibé les sols, bouleversant leur travail.

L’humidité favorise la propagation des maladies

L’humidité est une condition particulièrement propice au développement des champignons comme le mildiou ou l’oïdium, souligne Raphaël Dubois, vigneron à Premeaux-Prissey (Côte-d’Or). Ces maladies attaquent les fruits et les feuilles, ralentissant leur croissance. La qualité des vignes est impactée par ces maladies qui obligent les vignerons à réaliser un tri des grappes lors des vendanges. 

Mais avec des sols détrempés, le passage des tracteurs dans les rangs et les traitements sont impossibles pour les viticulteurs conventionnels. Par ailleurs, certains produits appliqués contre ces maladies sont lessivés par les pluies. « L’humidité fait qu’on ne peut pas accompagner la pousse de la vigne correctement » confesse Raphaël Dubois.

Des opérations de rognage impactées

Autre conséquence des fortes précipitations, le développement de la végétation rendant inévitables les opérations de rognage. Elles permettent de supprimer les pousses inutiles de la vigne qui consomment de la sève indispensable aux raisins. Cette tâche qui se réalise normalement à la machine doit alors se faire à la main pour ne pas compacter le sol et lui "faire perdre de sa vivacité". "Les sols étant humides, c’est compliqué de rentrer avec un enjambeur (* machine permettant de rouler entre les rangées de vignes ndlr) pour garder la structure du sol intact" explique le vigneron.   

La terre imbibée d'eau empêche tout passage de machines pour ne pas la compacter.
La terre imbibée d'eau empêche tout passage de machines pour ne pas la compacter. © France Télévision

"La récolte est loin d'être fichue"

Mais les professionnels refusent d'être alarmistes. Paradoxalement, la pluie à cette période de l’année n’est pas signe de mauvaise récolte. L’eau accumulée dans les sols permettra de pallier les futurs épisodes de fortes chaleurs. Un sol chargé d’eau et du soleil sont des conditions idéales de la croissance des vignes selon Raphaël Dubois. "La vigne est une liane. Si vous lui mettez les pieds dans l’eau et la tête au soleil, ça pousse ! Au mois de juin quand il y a eu des grosses chaleurs, on a pris plusieurs centimètres en une journée" affirme-t-il.

La "récolte est loin d’être fichue" confirme Christine Monamy, responsable agro-météo au Bureau Interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). "Potentiellement on pourra avoir un bon millésime, en petite quantité à cause des aléas climatiques, mais par contre, qui peut être de qualité" avance-t-elle.

Des précipitations dans la moyenne

Selon la responsable agro-météo du BIVB, si les dernières semaines ont été marquées par les fortes pluies, les quantités tombées depuis le début de l’année n’excèdent pas, pour l’instant, les années précédentes. "Avec ce qui est tombé pour le premier semestre 2021, on est dans la moyenne, sauf que c’est inégalement réparti" relativise-t-elle.

Christine Monamy reste également optimiste sur un retour du beau temps prochainement avec selon elle, des mois de juillet, août et septembre ensoleillés et chauds. De quoi permettre au raisin d'atteindre une parfaite maturité. 

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