Bourgogne-Franche-Comté : pourquoi des députés européens visitent des exploitations agricoles ?

Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, et Jeremy Decerle, député européen de La République En Marche, en Saône-et-Loire, lundi 28 octobre 2019
Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, et Jeremy Decerle, député européen de La République En Marche, en Saône-et-Loire, lundi 28 octobre 2019

Un groupe de parlementaires européens passe trois jours dans l’est de la France, en Bourgogne-Franche-Comté et en Alsace. Ce groupe de travail vient découvrir les spécificités de l’agriculture française avant la mise en place de la prochaine politique agricole commune.
 

Par B.L.

Une visite qui se déroule dans un contexte agricole tendu 

Jeremy Decerle est éleveur à Chevagny-sur-Guye, en Saône-et-Loire, et député européen de La République En Marche.
C’est lui qui guide ses collègues du Parlement, tous membres de la commission agriculture, à la découverte des richesses du terroir bourguignon.

Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, est aussi du voyage. "C'est très important qu'on puisse montrer que la France a des particularités, qu'elle a des spécificités, qu'elle a des labels, qu'elle a aussi des défis. Il faut qu'on s'organise mieux dans nos filières pour avoir des meilleurs prix… Mais, face à une concurrence mondiale, la clé c'est d'avoir une stratégie française et de la rendre cohérente avec les outils européens, c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui", dit-elle.

Le déplacement sur le terrain a débuté à Charolles, le berceau de la race bovine charolaise. Après les bovins, direction Oudry pour découvrir un élevage de chèvres et Beaune, en Côte-d’Or, pour s’entretenir des représentants de la filière viticole.

Cette visite des députés européens se déroule dans un contexte de colère paysanne : les agriculteurs dénoncent la baisse de leurs revenus, les réglementations contre les pesticides, les importations qui ne sont pas soumises aux mêmes règles que les produits français, l’agribashing…

Les manifestations se multiplient partout en France.
 



Lors du repas, Jean-Pierre Fleury, ancien président de la Fédération nationale bovine, met "les pieds dans le plat" : "Très honnêtement, on va y aller franco, on a de la peine à voir où la France veut nous emmener…", déclare-t-il.

"L'Europe doit apporter une réponse à la situation catastrophique que traverse le monde agricole", dit Jérémy Decerle.
"Les agriculteurs européens ont besoin d'une direction, d’un cap. Avec ça, il leur faudra un revenu et particulièrement en France, un peu plus de considération."


 

Le budget dédié à la PAC en Bourgogne-Franche-Comté est annoncé en forte baisse



Mardi 29 octobre, le groupe poursuit sa visite en Franche-Comté.
Il rencontrera des producteurs de porcs et de comté.

Un échange est également prévu avec Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté. Celle-ci dénonce le fait que le budget de 5,2 milliards d’euros dédié à la PAC en Bourgogne-Franche-Comté soit annoncé en forte baisse dans le contexte d’incertitude lié au Brexit.

"Ce n’est pas envisageable pour la Bourgogne-Franche-Comté. L’agriculture de notre région est à un tournant écologique, économique et social. Nous devons collectivement être au rendez-vous pour défendre une PAC forte et à la hauteur des enjeux pour l’avenir du territoire."

Au mois de novembre, Marie-Guite Dufay se rendra à Bruxelles pour tenter d’infléchir les arbitrages au niveau européen. Elle sera accompagnée d’une délégation de la profession agricole et de Christian Decerle, président de la chambre d’agriculture régionale.

 


 

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