Côte-d'Or : installée à Beaune, la marque de vêtements Polytesse concilie mode et transition écologique

Publié le Mis à jour le
Écrit par Gaël Simon .

Fondée en 2020, la marque de vêtements Polytesse, installée près de Beaune (Côte-d'Or), lance sa deuxième collection d'articles éco-responsables. Les pièces sont créées à partir de bouteilles recyclées.

De l’éthique dans nos vêtements. En mars 2020, Clément Pelletier lançait sa marque dont les locaux sont installés à Beaune (Côte-d’Or). Un an plus tard, Polytesse est parvenue à s’implanter et à imposer son concept : concevoir des produits de qualité à partir de matériaux recyclés. Une démarche écoresponsable qui fait du bien à la planète, aux clients de la marque mais aussi à son propre créateur.  

Car Clément Pelletier s’est lancé dans l’aventure après être tombé en dépression. "J’ai fait un burn out en 2019. J’ai été technico-commercial dans la protection auditive sur mesure. On a été racheté par un gros groupe et j’ai été intégré dans un cursus de formation interne qui nous poussait dans nos retranchements pour vendre toujours plus", se souvient le jeune homme de 29 ans.

Des bouteilles recyclées pour remplacer le plastique

Alors pour se reconstruire, le Beaunois d’origine a décidé de fonder sa propre société avec la ferme intention d'adopter une démarche éthique. Chaque vêtement de Polytesse est donc créé à partir de matériaux récupérés, puis produit en France afin de réduire les trajets et réalisé en respectant le bien-être des artisans ou ouvriers.

Je voulais un projet global, qui soit vertueux pour l’environnement, pour les gens avec qui je travaille. J’ai fait attention aux matériaux, aux personnes et à moi.

Clément Pelletier, créateur de Polytesse

 

Pendant plusieurs mois, il réfléchit à la manière de réduire l’impact de la production textile pour la planète. Le Beaunois décide alors d’utiliser des bouteilles recyclées pour obtenir le plastique nécessaire à la fabrication des vêtements. "Dans la liste des trois industries les plus polluantes, le textile se place en deuxième après le pétrole. Tout simplement parce que dans le textile, on utilise du pétrole pour le plastique. Je me suis dit qu’on allait résoudre le problème en utilisant du plastique recyclé. Ce qu’on recycle le mieux aujourd’hui en France, c’est la bouteille", souffle-t-il.

La marque utilise aussi du coton recyclé comme elle l'explique dans le post ci-dessous.

Avec sa démarche, Polytesse fait alors baisser de 70 % sa consommation d’énergie et de 90 % son utilisation d’eau dans le processus de création de textile par rapport à ses concurrents. Quant aux lieux de production des pièces, ils sont implantés en France, au plus près possible de l’entreprise installée à Beaune. "Il fallait  éviter les longs trajets. Un produit lambda parcourt entre 30 et 40 000 km avant d’arriver dans notre dressing. Nous, nos produits parcourent au maximum 3 000 km", se félicite le chef d’entreprise.

Une initiative qui permet également de mettre en avant les savoir-faire locaux. Polytesse fait en effet fabriquer ses vêtements dans des entreprises labellisées "patrimoine vivant". "C’est un label qui reconnaît les méthodes ancestrales des anciennes industries textiles, leurs matériaux et leurs outils de production", décrit Clément Pelletier. Au total, ce sont 70 personnes qui travaillent de près ou de loin sur les articles produits par Polytesse, dont certaines en situation de handicap et réinsérées dans des ateliers solidaires.

Un succès malgré une année marquée par le Covid-19

Lancée en plein contexte Covid, l'entreprise a tout de même réussi sa première année sur le marché. Même si les magasins partenaires ont réduit leurs achats de stock en raison des multiples confinements, la nouvelle marque est parvenue à réaliser ses objectifs : vendre 100 produits. Et le tout en un temps record, 40 jours.

Sur l’ensemble de sa première année, Polytesse a écoulé 600 produits. Le chef d’entreprise table sur une multiplication par trois de son chiffre d’affaires initial d'ici 2022. "On bénéficié du fait que les gens se sont beaucoup remis en question durant l’année 2020 sur leur mode de consommation. Ils ont voulu consommer différemment, mieux", estime le Beaunois de 29 ans.

Pour cela, la société écoresponsable compte sur sa deuxième collection qui compte 1 200 articles et sur la mise sur le marché de 100 accessoires conçus à partir de déchets de récoltes viticoles. Quand on est installé en Bourgogne, il y a forcément de la matière première... "C’est un projet parallèle car il y a un délai long pour les produire car tout est fait à la main", explique Clément Pelletier.

Concrètement, le marc des vendanges est envoyé dans une usine italienne qui le mélange à des huiles végétales, pour obtenir une pâte caoutchouteuse qui ressemble à du cuir. Polytesse traite ensuite cette pâte pour obtenir ses articles, principalement des portefeuilles et des ceintures. "C’est très compliqué, car la matière ne se travaille pas du tout comme un cuir traditionnel. Mais on a réussi à faire naître une petite gamme de quelques pièces".

Une démarche que la marque explique ci-dessous sur son compte Facebook.

En lançant ses accessoires imitation cuir, Clément Pelletier poursuit son objectif principal : proposer d’ici cinq ans, une gamme complète de produits permettant à chaque individu de s’habiller de la tête au pied.

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