Coronavirus Covid-19 : “C’est dur de se retrouver toute seule à l'accouchement” - Des femmes enceintes s'inquiètent

En cette épidémie de Coronavirus Covid-19, les femmes enceintes s'inquiètent des conditions de leur accouchement : les papas auront-ils le droit d'assister à l'accouchement ou de rendre des visites ? / © PIXABAY
En cette épidémie de Coronavirus Covid-19, les femmes enceintes s'inquiètent des conditions de leur accouchement : les papas auront-ils le droit d'assister à l'accouchement ou de rendre des visites ? / © PIXABAY

La propagation du Covid-19 soulève de nombreuses interrogations chez les femmes enceintes. Faut-il se protéger davantage ? Le conjoint peut-il assister à l’accouchement ?
 

Par Antoine Marquet

Amandine doit accoucher le 11 avril, à la maternité de Mâcon, en Saône-et-Loire. Mais elle s’inquiète. « La sage-femme a dit que si l’épidémie de coronavirus était plus forte, mon conjoint ne pourrait pas être présent le jour de l’accouchement. » Même écho à Dijon, en Côte-d'Or, où Lauriane confie que ce qui l’angoisse « c’est d’interdire l’accès en salle d’accouchement au père. » Elle qui a déjà connu un premier accouchement difficile, espérait que le second serait plus paisible. 

« Je comprends les mesures mais vu le stress que nous subissons tous à cause du virus, accoucher sans le papa je pense que ça en rajouterai une couche » témoigne Christelle, 35 ans, enceinte de son deuxième enfant. Toutes s’interrogent sur cette décision. Pour ces futures mamans, « faire cet enfant a été une décision prise à deux, alors l’accouchement doit se faire à deux ». 

Des situations différentes selon les hôpitaux 

A ce jour, les centres hospitaliers décident de façon indépendante d’autoriser les conjoints à assister ou non à l’accouchement.


A Chalon-sur-Saône, le Centre Hospitalier William Morey a annoncé : 

L'autorisation de la présence du conjoint ne présentant pas de symptômes à l’accouchement de sa femme ne présentant pas de symptômes non plus.
L’interdiction pour le conjoint de rendre visite en grosses pathologiques et en suites de naissance, pour toutes les patientes.
La présence d’un seul parent autorisé à accompagner un enfant hospitalisé en néonatalogie ou pédiatrie. Les autres visites sont interdites.



L’hôpital privé Dijon Bourgogne a aussi communiqué sur sa page Facebook :

Dans notre maternité, la décision a été prise de permettre au futur papa d’assister à l'accouchement (hors césarienne), s’il n’a pas de symptômes Covid-19 (questionnaire  et prise de température) et si l’obstétricien est d’accord.
Par contre, pour des raisons évidentes, aucune visite n'est autorisée par la suite à la maternité.



Le Centre Hospitalier de Semur en Auxois indique que "les activités obstétricales (suivis de grossesse, accouchements, IVG...) sont maintenues à la maternité du Centre Hospitalier.  Les papas peuvent assister aux accouchements mais ne peuvent pas rester dormir comme c'est habituellement le cas.
 
 
Au CHU (Centre Hospitalier Universitaire) de Dijon, il a été décidé que le papa pourrait assister à l'accouchement qu'au moment de la phase active (ouverture du col de 5 à 7cm), s’il respecte les consignes de sécurité sanitaire : port du masque, distanciation sociale, lavage des mains, etc. Evidemment, il ne doit présenter aucun symptôme.
Sa présence est autorisée jusqu'à 2 heures après l'accouchement. Passées ces 2 heurers, le papa doit quitter la maternité et les visites ne seront plus autorisées. 

Une sage-femme du CHU de Dijon comprend l'inquiétude des patientes : « C’est hyper anxiogène de se retrouver toute seule. »   

Les autres centres hospitaliers de la Bourgogne n'ont pas encore communiqué leurs mesures.

Les sorties de maternité devraient être ramenées à 2 jours dès lors qu'il n'y a aucune complication.

Les échographies sans les papas

Tous les rendez-vous de suivi, les échographies, ne se font qu'en précense de la mamansans le papa. Les consignes sont données aux patientes par les professionnels de santé. Les consultations non-urgentes sont aussi déplacées dans la mesure du possible. Mais rien n'empêche au futur papa de suivre l'échographie en vidéo, par Whatsapp, Skype, ou FaceTime. 
 

"On ne lâche pas nos patientes !"

Les sage-femmes et les hôpitaux travaillent ensemble : "Les femmes enceintes ne doivent pas rester seules à la maison à regarder informations se répéter. Si elles ont des questions, elles ne doivent pas hésiter à se diriger vers les professionnels de santé."  

"Il faut qu'elles osent se reposer sur les sage-femmes libérales" nous précisent l'association des sage-femmes libérales de Côte-d'Or. Les suivis sont assurés, même en téléconsultation. "On ne lâche pas nos patientes ! Elles ne seront jamais seules."  

Les consultations avec les sage-femmes libérales peuvent se faire au cabinet ou au domicile de la patiente. Dès 24h après la naissance, les mamans peuvent bénéficier des visites à domicile. Mais attention, les consignes d'hygiène sont strictes :

-  à domicile : la sage-femme doit être seule avec la maman et le bébé. Pas de papa aux alentours.  C'est la maman qui doit ouvrir la porte et assurer l'hygiène du lieu, en désinfectant tout, elle-même, avant et après la venue de la sage-femme.

au cabinet de la sage-femme : c'est elle qui désinfecte tout son matériel, tout l'espace. C'est souvent même plus pratique et moins contraignants pour les mamans.

Malgré cette situation particulière, "l'accouchement à la maison n'est pas encore une éventualité." Que les patientes se rassurent : toutes celles qui en sont à leur troisième trimestre et qui ont des consultations à l'hôpital portent des masques sur le nez. "Tout est fait pour qu'il n'y ait pas de transmission." 
 

Elles ont aussi peur d'être contaminées


Il y a aussi chez ces femmes la peur d’être contaminées par le coronavirus et de contaminer leur bébé. Les médecins affirment aujourd'hui qu'il n'y a pas de transmission du virus via les différents liquides ou par le lait maternel.

Les sage-femmes rappellent que :
  • En cas de symptômes non-obstétriques, c’est à dire toux, fièvre, perte d’odorat ou du goût, il faut appeler le médecin traitant.
     
  • En cas de symptômes plus graves, comme des troubles respiratoires, il faut appeler le 15.

Mais il ne faut venir à l’hôpital que pour des raisons obstétriques : douleurs, contractions, perte des liquides, de sang, etc. Sinon, c’est prendre le risque de se contaminer.
 

Mon conjoint travaille dans l'agroalimentaire. Tous les soirs, j'ai la boule au ventre quand il rentre. Je me dis qu'il peut rentrer avec le virus.
Morgane, enceinte de 8 mois

Là encore, les sage-femmes se veulent rassurantes : il suffit de respecter les gestes barrières aussi à la maison. Les femmes enceintes doivent éviter au maximum les sorties. "Si leur conjoint ou un proche peut aller faire les courses, c’est mieux."

Les médecins et professionnels de santé rappellent également :
  • Le conjoint qui rentre à la maison doit prendre une douche et mettre des vêtements propres.
     
  • Le virus, quand il est sur la peau, ne se développe pas. La contamination se fait par le visage (les yeux, le nez, les oreilles, la bouche). D'où la nécessité de se passer les mains à la solution hydroalcoolique ou au savon.
     
  • Pour les courses qui seraient emballées dans du plastique, il est préférable de les désinfecter avec une lingette. 
     

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