Côte-d'Or : les habitants de La Rochepot s'opposent à la vente du mobilier du château

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Écrit par Gaël Simon avec Marie Jolly
537 objets sont mis en vente aux enchères
537 objets sont mis en vente aux enchères © Sylvain Bouillot / France Télévisions

Depuis le 27 septembre, une pétition en ligne s'oppose à la vente aux enchères du mobilier du château de la Rochepot (Côte-d'Or) prévue ce dimanche. Elle a été signée par 1 600 personnes. La bâtisse historique est fermée aux visiteurs depuis l'arrestation de son ancien propriétaire en 2018.

Ils tentent de sauver les meubles. Alors que le mobilier du château de La Rochepot (Côte-d’Or) doit être vendu aux enchères ce dimanche 10 octobre suite à une décision de justice, les habitants de la commune se mobilisent pour sauver un patrimoine auquel ils sont attachés. Une pétition a été lancée en ligne et compte, à l’heure actuelle, près de 1 600 signatures.

La vente des 537 lots du château est perçue comme un coup porté à toute la commune. "Ça me fait mal. Ce n’est pas possible de laisser faire ça. C’est un scandale. Le patrimoine part aux étrangers. On ne garde rien, c’est une honte pour moi !", s’emporte une habitante de La Rochepot. "Il y a quelque chose qui part, qui est dilapidé. À mon avis, cela va susciter beaucoup d’intérêt, car ce château est emblématique du village et de la proche région pour beaucoup de gens", estime un autre.

Pourquoi cette vente aux enchères ?

Ce dimanche, plusieurs biens seront mis en vente, allant de livres issus de la bibliothèque, à une  tapisserie flamande estimée entre 2 000 et 3 000 euros, en passant par un bouddha en bois qui pourrait s’arracher pour 5 000 à 10 000 euros.

Des enchères décidées par la justice afin de régler les dettes du château, dont l’ancien propriétaire, l’Ukrainien Dmitri Malinovski, a été arrêté le 5 octobre 2018 pour fraude internationale et blanchiment d’argent. Accusé d’avoir détourné 12 millions d’euros dans son pays, l’homme d’affaires se faisait passer pour mort depuis octobre 2014.

Le château de la Rochepot, ancienne propriété de la famille de Sadi Carnot, président sous la 3ème République, a depuis, été saisi par l’État. Les visites y sont interdites depuis 2018. Avec la vente des biens, les villageois craignent que le château n’ouvre plus jamais au public.

Colère et inquiétude à La Rochepot

Pour sauver l’ensemble du mobilier, il faudrait débourser 165 000 euros estiment les habitants du village. À travers leurs pétitions, les défenseurs du château de La Rochepot cherchent plus à alerter l’opinion publique qu’à réellement s’opposer à la décision de justice.

Le but de la mobilisation, c’est d’exprimer le mécontentement des villageois sur la vente du mobilier historique. Ça aurait été bien que la vente soit scindée en deux. Que la partie moderne soit vendue et que la partie historique reste au château.

Romuald Pouleau, ancien garde du château

Instigateur de la pétition, Romuald Pouleau est l’ancien gardien de la demeure. L’histoire du château, c’est aussi son histoire. Trois générations de sa famille y ont travaillé. "Mon arrière-grand-père, lorsque le château était occupé pendant la guerre de 40, il n’a jamais voulu dire aux Allemands comment fonctionnait le fourneau de la cuisine. Il était tellement fier de les voir s’enfumer, qu’il ne leur a jamais expliqué !", raconte-t-il.

Dans la commune, nombreux sont ceux qui sont attachés au château. Il fait notamment vivre plusieurs commerçants. Pour eux-aussi, la vente du mobilier est un coup dur. "Tous les clients qui venaient ici visitaient, ou avaient visité, le château. Ce que l’on craint, c’est moins de réservations, moins de passage dans le village", s’inquiète Véronique Fouquerand, propriétaire de chambres d’hôte.

Les touristes s'arrêtaient aussi dans la commune voisine de Nolay, où le sentiment est le même. "Les personnes qui viennent visiter le château, au final, on ne les a plus. On fait sans, mais on serait bien content de les avoir. C’est mauvais pour tout le monde", lance Romain Cochard, boulanger-pâtissier.

Chaque année, le château de la Rochepot attirait entre 25 000 et 30 000 visiteurs.

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