Bourgogne : les vignerons sont en pénurie de vendangeurs

© Pixabay
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A une semaine des vendanges, de nombreux viticulteurs ne trouvent toujours pas d’employés. Le travail de saison n’attire plus autant, par conséquent, chacun essaye de trouver une solution pour faire venir du monde dans les rangs de vignes.

Par Alexis Perché

La route des Grands Crus attire les touristes et les amateurs de vin... Mais pas vraiment les vendangeurs.

Résultat : les viticulteurs sont dans la panade. « Domaine cherche vendangeurs », on ne compte plus les affichettes et annonces dans les journaux, sur Internet et dans les agences d'intérim.

Sur la côte viticole,  il y a une vraie pénurie de main d'œuvre, particulièrement cette année. Alors à une semaine des vendanges, c’est un peu la panique

En Bourgogne, de nombreux postes sont encore à pourvoir pour les vendanges 2017 / © France 3 Bourgogne
En Bourgogne, de nombreux postes sont encore à pourvoir pour les vendanges 2017 / © France 3 Bourgogne


Vendanges précoces


Cette année, avec la chaleur, les vendanges se font plus tôt.

En  plein aménagement de sa nouvelle cuverie, Vincent Lédy recherche encore une dizaine de vendangeurs. Il a été pris de cours par la précocité de la vigne.

« J'ai été obligé d’avancer mes vendanges d’une semaine et je me retrouve sans vendangeurs. J'ai essayé de monter une équipe malgré tout pour couper les blancs », raconte-t-il.

Les vendanges plus précoces que l'an dernier expliquent, en partie, la difficulté à recruter. Mais il y d'autres raisons.

Les étudiants reprennent les cours plus tôt qu'avant et ce travail saisonnier, difficile et exigeant physiquement, n'attire plus autant.


Les vendanges n'attirent plus les demandeurs d'emploi, résultat, les vignerons font appel à de la main d'oeuvre étrangère et à des prestataires de services / © France 3 Bourgogne
Les vendanges n'attirent plus les demandeurs d'emploi, résultat, les vignerons font appel à de la main d'oeuvre étrangère et à des prestataires de services / © France 3 Bourgogne

La carotte


A la tête d'un domaine de 38 hectares, Mireille d'Ardhuy s'est résolue à faire appel à des prestataires et à une main d'œuvre étrangère.

« Ça me fait mal au cœur tous les ans. Je suis ravie d’avoir des gens qui se présentent mais je me dis "que font les Français ?", alors qu’on nous rebat les oreilles avec le chômage », souligne la vigneronne.

Raphaël Dubois lui, pourra compter sur une équipe de 45 personnes, essentiellement des locaux, qu'il a réussi à fidéliser.

Mais le viticulteur ne lésine pas sur les prestations : un service de navette pour ceux qui n'ont pas de véhicule et une cuisine familiale le midi, tout est bon pour « prendre soin » de son employé

A chacun sa solution pour faire venir du monde dans les rangs de vignes. Seule certitude, il en faudra beaucoup et très vite.





Un reportage d’Anne Berger, Dalila Iberrakene et Pascal Rondi.

Intervenants :

- Vincent Ledy, viticulteur
- Mireille d'Ardhuy, propriétaire d'un domaine
- Raphaël Dubois, viticulteur


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