Affaire Grégory : l'un des avocats des Villemin lance un "appel à témoins"

Maître Thierry Moser a lancé un "appel à témoins" pour enfin connaître la vérité sur la mort de Grégory Villemin, en 1984. L'enquête menée par la chambre d'instruction de Dijon pourrait reprendre dans les prochaines semaines.
L'avocat Thierry Moser en 2017.
L'avocat Thierry Moser en 2017. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Un "appel à témoins" pour que "les gens qui savent parlent". L'un des avocats des parents de Grégory Villemin, dont l'assassinat en 1984 reste encore un mystère, veut voir la vérité enfin éclater.

"Je suis convaincu que des gens savent dans la région de Lépanges-sur-Vologne", village des Vosges où vivaient Grégory et ses parents, a déclaré Me Thierry Moser ce mercredi 22 janvier dans un entretien à l'AFP. "Nous espérons qu'il y aura des gens dont la conscience va se réveiller et qui vont effectivement donner des informations à la justice", a-t-il ajouté.

"Nous faisons appel à leur sens moral, à leur civisme, c'est quand même un gamin de 4 ans" qui a été assassiné, a insisté l'avocat mulhousien de Christine et Jean-Marie Villemin, les parents de Grégory.
 
Selon Me Moser, cet appel à témoins n'est pas celui de la "dernière chance" : "c'est faux et archi faux (...) je peux vous dire que nous avons dès à présent, et je pèse mes mots, des éléments très sérieux et très intéressants dans ce dossier" qui "peuvent s'avérer fructueux" et "me donnent bon espoir", a-t-il souligné.

"Je suis confiant et relativement optimiste", a-t-il ajouté, expliquant que cet appel à témoins avait pour fonction de "fortifier, bonifier et améliorer notre dossier en provoquant des déclarations".
 

L'enquête va bientôt reprendre à Dijon

Le dossier a été paralysé "pendant pratiquement 18 mois" par "la bataille procédurale initiée par Murielle Bolle, l'un des personnages clé du dossier", a estimé Me Moser, qui s'est félicité de la décision rendue le 16 janvier par la cour d'appel de Paris : la juridiction a annulé la garde à vue en 1984 de Murielle Bolle mais a maintenu ses déclarations devant les gendarmes et le juge dans lesquelles elle accusait son beau-frère Bernard Laroche d'avoir enlevé le garçonnet. Bernard Laroche avait ensuite été abattu par Jean-Marie Villemin en 1985.
 
Dans la mesure où il n'y a pas de pourvoi en cassation contre cet arrêt, "les investigations vont reprendre, ce dont je me réjouis très, très fortement. Il y aura de nouveau des auditions, des confrontations, des expertises", a prédit Me Moser.

L'enquête menée par la chambre d'instruction de Dijon pourrait reprendre "dans les prochaines semaines" avait indiqué à France 3 Bourgogne il y a quelques jours le procureur général Jean-Jacques Bosc.

L'affaire Grégory, considérée comme l'un des dossiers les plus énigmatiques de l'histoire criminelle en France, a été relancée en juin 2017 quand le grand-oncle et la grande-tante de l'enfant - les époux Jacob qui n'avaient jamais été inquiétés auparavant - et Murielle Bolle ont été mis en examen. Ces mises en examen ont depuis été annulées pour des raisons de procédure.

 
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