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Affaire Grégory : Murielle Bolle est mise en examen pour “enlèvement” et placée en détention à Dijon

Le véhicule qui escorte Murielle Bolle à l'extérieur du palais de justice de Dijon (Côte d'Or), le 29 juin 2017. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Le véhicule qui escorte Murielle Bolle à l'extérieur du palais de justice de Dijon (Côte d'Or), le 29 juin 2017. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP

Témoin clé de l'affaire Grégory en 1984, Murielle Bolle a vu son audition devant la juge repoussée en raison d'un léger malaise, qui lui a valu une courte hospitalisation. Elle a été mise en examen vers 21h30 ce jeudi 29 juin 2017, puis placée en détention provisoire à la maison d'arrêt de Dijon.

Par T.S. (avec AFP)

Murielle Bolle, 48 ans, arrêtée mercredi dans les Vosges dans le cadre de l'affaire Grégory, a été mise en examen pour "enlèvement de mineur de 15 ans suivi de mort", jeudi 29 juin, à Dijon, a annoncé son avocat. "Le témoignage de l'un de ses cousins éloigné semble avoir été déterminant dans cette mise en examen", a précisé Jean-Paul Teissonnière devant la presse. Il indique également que sa cliente a réfuté ce témoignage.

Murielle Bolle passera jeudi soir sa première nuit en prison à la maison d'arrêt de Dijon. Le parquet indique que "son incarcération provisoire a été ordonnée pour un délai maximum de 4 jours ouvrables dans l'attente de la décsion de la chambre de l'instruction", qui examinera son éventuel maintien en détention provisoire, mardi 4 juillet.


"On a des témoignages laissant penser qu'elle a pu faire l'objet de pressions et de violence pour se rétracter", a déclaré le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc à propos du revirement dans son témoignage accablant son beau-frère, Bernard Laroche, en 1984. Les gendarmes avaient repris mercredi dans les Vosges sa garde à vue entamée il y a 32 ans, à l'issue de laquelle elle a été déférée à Dijon pour être présentée à la juge instruisant ce dossier des plus énigmatiques. Son audition a été retardée jeudi par un malaise qui a nécessité une brève hospitalisation avant son retour à la cour d'appel pour être entendue par la présidente de la chambre de l'instruction, Claire Barbier.

La mise en examen pour enlèvement de Murielle Bolle intervient moins de deux semaines après la mise en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort de Marcel et Jacqueline Jacob, un grand-oncle et une grand-tante du petit Grégory Villemin, deux proches de Bernard Laroche, le beau-frère de Murielle Bolle.


La rétractation soudaine de Murielle Bolle 


Murielle Bolle est un personnage clé de l'affaire. Elle avait 15 ans en 1984 lors de la mort du petit Grégory Villemin. Elle avait livré un témoignage accablant contre son beau-frère Bernard Laroche, qui avait été inculpé sans attendre fin 1984. Sa rétractation éclair avait ensuite conduit à la libération de Bernard Laroche. Mais celui-ci avait été tué en 1985 par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, persuadé de sa culpabilité.
 

Murielle Bolle en 1993 au tribunal de Dijon pour le procès de Jean-Marie Villemin, jugé à l'époque pour le meurtre de Bernard Laroche. Celui-ci, assassiné en 1985, était le cousin de Jean-Marie et beau-frère de Murielle Bolle. / © Vincent Lesage/MAXPPP
Murielle Bolle en 1993 au tribunal de Dijon pour le procès de Jean-Marie Villemin, jugé à l'époque pour le meurtre de Bernard Laroche. Celui-ci, assassiné en 1985, était le cousin de Jean-Marie et beau-frère de Murielle Bolle. / © Vincent Lesage/MAXPPP


Dans un communiqué de presse envoyé ce jeudi 29 juin 2017 vers 22 heures, le parquet explique les raisons de cette mise en examen : "l'enquête s'orientant sur la piste d'une action criminelle ayant pu impliquer plusieurs personnes distinctes lors de séquences successives, les auditions visent à lever les contradictions apparues entre les différentes versions que Murielle Bolle elle-même a donné de la journée du 16 octobre 1984 lors de ses auditions dans plusieurs phases d'enquête. L'attention des enquêteurs se porte également sur les conditions de sa soudaine rétractation alors qu'elle avait fait des déclarations précises devant les gendarmes, réitirées devant le juge d'instruction, et qu'à la suite d'un week-end dans sa famille elle est revenue sur ses propos pour n'en plus jamais changer.

Le procureur de Dijon précise aussi que "les magistrats qui ont instruit le dossier entre 1987 et 1993 ont relevé la soudaineté et la brutalité de ce revirement, constatant que dès lors, la parole de Murielle Bolle ne semblait plus pouvoir s'exprimer en totale liberté." "Murielle Bolle avait fait l'objet d'une plainte de la part des parents de Grégory Villemin en 1985, et la chambre d'accusation de la cour d'appel de Dijon avait confirmé le 11 octobre 1988 l'ordonnance de non-lieu du magistrat instructeur au motif "qu'il n'existe pas actuellement dans la procédure de charges suffisantes contre Murielle Bolle pour l'inculper des infractions dénoncées contre elle." A la requête du parquet général, cette information périphérique a été réouverte par un arrêt du 24 mai 2017 au vu des charges nouvelles apparues dans le dossier."

Le reportage de Christophe Tarrisse et Sébastien Dufour, diffusé dans le 12/13 :

Murielle Bolle de nouveau entendue par les juges
L’affaire du petit Grégory semble progresser, Murielle Bolle a été déférée devant le parquet général de Dijon ce matin. - France 3 Bourgogne - Christophe Tarisse et Sébastien Dufour

 

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