Alain Cocq : Facebook France a bloqué la vidéo en direct du Dijonnais

Dans un communiqué, Facebook a annoncé à la mi-journée ce samedi 5 septembre avoir bloqué la diffusion en vidéo des derniers moments de M. Cocq, atteint d'une maladie incurable qui le cloue au lit depuis des années.
M. Alain Cocq, le 4 septembre 2020
M. Alain Cocq, le 4 septembre 2020 © FTV
Militant d'une mort digne, Alain Cocq a mis fin dans la nuit de vendredi à samedi 5 septembre à ses traitements et a renoncé à toute alimentation. Mais son agonie ne sera pas retransmise en direct, comme il l'espérait pour faire évoluer la législation sur la fin de vie.

Vidéo bloquée

Facebook a annoncé à la mi-journée avoir bloqué la diffusion en vidéo des derniers moments de M. Cocq, atteint d'une maladie incurable qui le cloue au lit depuis des années.
"Bien que nous respections sa décision de vouloir attirer l'attention sur cette question complexe, sur la base de conseils d'experts, nous avons pris des mesures pour empêcher la diffusion en direct sur le compte d'Alain, car nos règles ne permettent pas la représentation de tentatives de suicide", a déclaré un porte-parole de Facebook.
Sur sa page FB, Alain Cocq s'est adressé à la mi-journée à ses soutiens
Sur sa page FB, Alain Cocq s'est adressé à la mi-journée à ses soutiens © FB

Dans la nuit de vendredi à samedi, cet habitant de Dijon avait annoncé dans une vidéo avoir cessé son traitement et toute alimentation et hydratation, faute d'avoir obtenu du président de la République une injection de barbituriques "à titre compassionnel" pour abréger ses souffrances, comme cela est possible en Suisse.
"Le chemin de la délivrance commence et, croyez-moi, j'en suis heureux", avait-il alors déclaré, en référence à sa décision de se laisser mourir.
En "phase terminale depuis 34 ans", comme il le dit, M. Cocq souffre d'une maladie rare qui bloque ses artères. Il dit avoir subi neuf opérations en quatre ans. Sans effet...
"Ce n'est pas un suicide", a précisé le malade, rappelant qu'il est catholique.
"Je suis dans le cas prévu par la loi où un patient peut arrêter son traitement", affirmait-il, disant que, dans ces cas-là, le décès suit "dans les deux à cinq voire sept jours". "Moi, avec mon état, ça risque d'être rapide"

Le relais des soutiens

"A vous de jouer", a écrit Alain Cocq sur sa page, en donnant l'adresse de Facebook France à Paris pour encourager ses soutiens de 
M. Cocq a rédigé un autre message à la suite du premier : 
"Un système de repli sera actif d'ici 24H00 quand à la diffusion de la vidéo.
Mais ne manquez de faire savoir ce que vous pensez à Facebook de ses méthodes de discrimination iniques et d'entrave à liberté d'expression, droit pourtant imprescriptible à tout citoyen français et européen.
Appelez vos députés français et européens, vos sénateurs, le gouvernement, la présidence de la République pour protester contre la violation de ce droit fondamental par Facebook, afin que celui-ci cesse immédiatement."

Les publications soumises à des règles strictes

Facebook a des règles détaillées : si elles ne prévoient pas de dispositions spécifiques concernant la fin de vie, elles sont en revanche très strictes concernant les contenus qui peuvent s'apparenter à une promotion du suicide ou de l'automutilation. Des cas qui englobent l'euthanasie ou le suicide assisté.
De nombreux internautes ont apporté leur soutien au malade.
"La loi Cocq arrivera, j'en suis sûre", a écrit l'un d'entre eux, persuadé que son action permettra une évolution de la loi Claeys-Léonetti de 2016 qui autorise la sédation profonde mais seulement pour les personnes dont le pronostic vital est engagé "à court terme".
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