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L'avenir des forêts de Bourgogne-Franche-Comté au cœur du contrat forêt-bois

Illustration de hêtres / © Romain Liboz / France 3 Bourgogne
Illustration de hêtres / © Romain Liboz / France 3 Bourgogne

Ce plan stratégique est élaboré depuis trois ans. Il a été approuvé ce lundi 25 mars par les acteurs de la filière rassemblés au Conseil régional à Dijon.

Par M. F.

La Bourgogne-Franche-Comté travaille depuis 2016 sur son contrat régional forêt-bois. L'État et la Région ont rassemblé ce lundi 25 mars les représentants de la filière pour approuver ce plan stratégique qui fixe pour la période 2018-2028 la politique régionale.

C'est Sylvain Mathieu, vice-président PS de la région Bourgogne-Franche-Comté en charge de la forêt, qui a orchestré durant trois ans les concertations entre tous les acteurs publics et privés de la filière. L'homme a été ingénieur forestier à l'ONF avant de se lancer en politique.
 
Bourgogne-Franche-Comté : quelle forêt dans 10 ans ?
La Bourgogne Franche-Comté est l'une des cinq plus grandes régions forestières de France et la plus productive. Aujourd'hui, la Commission régionale forêt bois a approuvé un contrat qui fixe les objectifs de cette filière jusqu'en 2028, objectifs aussi bien économiques qu'environnementaux.  - France 3 Bourgogne - Michel Gillot, Romain Liboz, Carlos Zappalá

L'élu rappelle les enjeux derrière ce contrat régional forêt-bois : "La forêt, c'est notre patrimoine commun. Une forêt, où qu'elle soit, a toujours trois fonctions. Une première fonction de production de bois, la fonction économique. Une deuxième fonction de protection des espèces, des milieux, de la ressource en eau, de la biodiversité, c'est sa fonction écologique. Et puis une troisième fonction d'accueil du public, une fonction récréative. C'est ce que l'on appelle la fonction sociale.

L'enjeu de toute politique forestière est d'arriver à concilier ces trois fonctions, ces trois enjeux, de la manière la plus équilibrée possible. C'est ce que nous avons essayé de faire à travers ce contrat régional forêt-bois."

 

25 000 emplois dans la région

La Bourgogne-Franche-Comté est dans le peloton de tête des régions forestières françaises. Elle est la plus productive, rappelle Sylvain Mathieu. "Si on regarde le volume sur pied par hectare, la production par hectare, la récolte par hectare, on est numéro 1. On est aussi la région la plus productrice de chêne, la deuxième productrice de douglas", liste l'élu.

"J'entends souvent dire que la filière bois française n'est pas très bien organisée, pas assez structurée, ne créé pas assez de valeur ajoutée… C'est vrai à l'échelle nationale, ça l'est beaucoup moins à l'échelle régionale. Au niveau régional, on a une très belle filière avec tous les maillons de la chaîne. Cette filière est créatrice d'emplois, elle représente aujourd'hui 5 000 entreprises et 25 000 emplois dans notre région."
 
La commission régionale forêt-bois s'est réunie ce lundi 25 mars à l'Hôtel de région à Dijon. / © France 3 Bourgogne
La commission régionale forêt-bois s'est réunie ce lundi 25 mars à l'Hôtel de région à Dijon. / © France 3 Bourgogne

Le contrat forêt-bois prévoit six grands objectifs stratégiques : 
  • "gérer nos forêts de manière dynamique, durable et multifonctionnelle"
  • "améliorer la compétitivité des entreprises"
  • "développer et diversifier les marchés"
  • "encourager les projets de territoires"
  • "développer les compétences"
  • "améliorer l’image de la forêt, de la filière et de ses métiers"
 

Préparation au changement climatique

L'un des axes de cette nouvelle politique est l'adaptation au changement climatique, qui va toucher la Bourgogne-Franche-Comté. "C'est l'une des grandes difficultés du métier de forestier, affirme Sylvain Mathieu. Un agriculteur va faire son choix de culture aujourd'hui pour récolter dans un an. S'il fait une erreur, ce n'est pas très grave parce que dans un an, il pourra corriger le tir.

En forêt, ce n'est pas du tout le cas parce qu'on est aujourd'hui obligés de se projeter loin dans l'avenir à 50 ou 100 ans et imaginer le climat qu'il y aura à la fin du siècle. On doit anticiper ce changement, sachant que la seule chose dont on est certains c'est qu'il y a plein d'incertitudes.

On va aller probablement vers de plus en plus d'épisodes d'étés chauds et secs, des épisodes de sécheresse canicule qui peuvent être mortels pour beaucoup d'essences d'arbres qu'on connaît aujourd'hui sur notre latitude. On pourrait se dire qu'il suffit d'anticiper en allant chercher des essences méditerranéennes et les introduire chez nous. Mais ce n'est pas si simple, parce qu'on aura encore des épisodes d'hivers relativement froids, qui peuvent être mortels pour des essences méditerranéennes. La seule chose que l'on sait c'est qu'il faut être très prudents."


Pour autant, c'est bien la problématique économique qui constitue l'essentiel du contrat forêt-bois, avec la volonté affichée de renforcer la compétitivité de la filière.
 

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