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Bac 2019 : après la philo, la rétention des notes concerne aussi l'histoire-géo

Le coup d’envoi du bac de philosophie / © MAXPPP / Pierre HECKLER
Le coup d’envoi du bac de philosophie / © MAXPPP / Pierre HECKLER

Dans l'académie de Dijon des professeurs de philosophie et maintenant des professeurs d'histoire-géographie ont décidé de ne pas rendre les notes du bac le 1er juillet comme ils en ont normalement l'obligation. D'autres professeurs dans d'autres matières pourraient suivre dans les prochains jours.

Par Caroline Jouret

Ils ont voté "pour" à une large majorité, en assemblée générale mardi 18 juin, avant la commission d’entente du baccalauréat 2019.

Pour une motion rédigée la veille, lors de la grève de surveillance du bac : une déclaration commune dans laquelle les professeurs de philosophie expriment leur opposition à la loi sur l'école de la confiance, ainsi qu'à la réforme du lycée et du baccalauréat

Cette motion détaille les raisons de leur opposition, ainsi que les revendications et se termine sur la menace de ne pas rendre les notes le 1er juillet 2019 si ces revendications ne sont pas prises en compte. Plus que jamais, en cette fin d'année scolaire et période d'examen, les professeurs sont déterminés à se faire entendre du ministère de l'Education.  

Hier, jeudi 20 juin, des professeurs d'histoire-géographie se sont à leur tour déclarés favorables à ce mouvement de contestation. Une trentaine d'entre eux se sont réunis. Sur 26 votants, 12 se sont déclarés pour la rétention des notes, 14 se sont abstenus et une cinquantaine de professeurs, joints par mail, réservent leur réponse. 


 
 

Quel est l'objectif des enseignants ? 


Ce mouvement signe la forte inquiétude des professeurs vis à vis de la réforme du lycée et du baccalauréat. A quelques mois de la prochaine rentrée, ils pressentent déjà une situation compliquée avec des heures de cours en moins, des options trop demandées et dans lesquelles il n'y aura pas assez de place pour accueillir tout ceux qui en ont fait la demande.

Les professeurs espèrent faire bouger les choses au niveau du ministère. Être enfin reçus et entendus. Leur objectif n'est pas de pénaliser les candidats au bac. Avec la rétention des notes, c'est un peu comme s'ils jouaient leur va-tout pour l'avenir.

Ils avaient envisagé d'autres formes d'actions : une grève de la correction des copies, donner la note de 20/20 à toutes les copies... Mais, tout cela a été jugé trop radical. C'est pourquoi ils ont finalement décidé de noter les copies, mais de ne pas les publier en temps et en heure afin de faire pression sur le ministère de l'Education.

A noter que la grève de surveillance du bac initiée lors de cette session dans l'académie de Dijon n'avait jamais eu lieu depuis 1968. Dans d'autres académies, d'autres professeurs ont enclenché la même forme de résistance afin que le ministère de l'Education accepte de renouer le dialogue. 










 

Le texte de la déclaration commune des professeurs de philosophie

Nous, professeurs de philosophie de l’Académie de Dijon, non syndiqués et syndiqués, nous sommes réunis en AG avant la commission d’entente du baccalauréat 2019 le lundi 17 juin 2019 à 9h.
Nous sommes opposés à la loi sur l’école de la confiance, et à la réforme du lycée et du baccalauréat pour plusieurs raisons :

En ce qui concerne la loi sur l’école de la confiance
L’article 1 impose un devoir d’exemplarité qui réduit la liberté d’expression des enseignants.

En ce qui concerne la réforme du lycée

  • Elle est l’outil qui prolonge et renforce la logique de sélection de Parcoursup : il s’agit de faire entrer les élèves dans la contrainte de places réduites, inégalement réparties dans les établissements selon leur implantation, et non de leur donner réellement la possibilité de choisir leur parcours.
  • Si le bac passe à 45% en contrôle continu, sa valeur variera avec la réputation du lycée où il est passé ; ce qui aura un impact sur les poursuites d’études.
  • La réforme réduit le nombre d’heures et de postes : disciplines inégalement implantées et parfois mutualisées ;  « classes » éclatées ; groupes prévus de base à 35, allègements et dédoublements soumis aux choix locaux et non garantis.
  • La réforme entraîne des suppressions de postes en développant les cours par visio-conférence et par le CNED

En ce qui concerne la spécialité HLP
La philosophie est associée à la littérature, alors que d’autres choix étaient possibles. En outre, le partage de l’horaire de l’épreuve entre deux disciplines réduit la part de chacune à 2h, voire une seule heure en classe de 1ère (sur une épreuve de 2h) : comment garantir l’exercice d’une pensée construite dans un temps aussi contraint ?

Nous revendiquons :

  • L’abrogation de la réforme du lycée ;
  • Le maintien d’un baccalauréat national premier grade universitaire, passé dans des épreuves communes, nationales, terminales, ponctuelles et anonymes ;
  • Le retour à des dédoublements obligatoires et garantis nationalement dans toutes les séries dès que la division dépasse les 25 élèves.

Action décidée en AG suite à un vote :
Les professeurs de philosophie ne rendront pas les notes le 1er juillet 2019 comme exigé sur leur convocation si leurs revendications ne sont pas prises en compte.

 

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