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Bourgogne-Franche-Comté : pourquoi la police scientifique fait-elle grève ?

A Dijon, un policier collecte des preuves sur le lieu d'un des accidents causés par un homme qui a volontairement blessé 13 passants en criant "Allahou Akbar" (Allah est grand) lundi 22 décembre 2014. / © AFP PHOTO / ARNAUD FINISTRE
A Dijon, un policier collecte des preuves sur le lieu d'un des accidents causés par un homme qui a volontairement blessé 13 passants en criant "Allahou Akbar" (Allah est grand) lundi 22 décembre 2014. / © AFP PHOTO / ARNAUD FINISTRE

La police technique et scientifique est en grève illimitée. Ces experts se sentent méprisés, alors qu’une affaire judiciaire sur trois est résolue grâce à eux, rappellent-ils. Comment ce mouvement national est-il suivi en Bourgogne-Franche-Comté ?
 

Par B.L. et Elsa Bezin

Pourquoi la police scientifique est-elle en colère ?

Un profond malaise règne parmi le personnel de la police technique et scientifique (PTS).

Ces 2 400 fonctionnaires interviennent sur des scènes de crimes (infanticides, viols, suicides, meurtres, attentats…), assistent à des autopsies, doivent être disponibles 7 jours sur 7, sont soumis à des astreintes de jour et  de nuit non rémunérées, etc.

Aujourd’hui, ils en ont "ras-le-bol" de leurs conditions de travail. Ils veulent être considérés comme des policiers à part entière. Depuis des années, ils demandent "un statut spécial adapté aux contraintes", un statut dérogatoire qui reviendrait à reconnaître que leur métier les expose à des risques particuliers et à des fatigues exceptionnelles, "comme c'est le cas pour les pompiers, les surveillants de prison, les douaniers, les contrôleurs aériens".

 
Un expert de la police technique et scientifique sur une scène de crime à Marseille le 5 avril 2018 à Marseille. / © Boris HORVAT / AFP
Un expert de la police technique et scientifique sur une scène de crime à Marseille le 5 avril 2018 à Marseille. / © Boris HORVAT / AFP



 

Pourquoi cette grève se déclenche-t-elle à Noël ?

Le déclencheur de cette colère se trouve dans le mouvement des "gilets jaunes" et l’attribution d’une prime aux policiers (dit actifs) la semaine dernière : "Nous sommes les grands oubliés, alors que nous apportons de l’aide à nos collègues depuis le début des manifestations des "gilets jaunes", explique Arnaud Loctin, délégué régional du syndicat national Alliance des personnels administratifs techniques et scientifiques de l’intérieur (SNAPATSI).

Les experts sont en effet intervenus lors de "manifestations violentes afin de photographier les délinquants". A cette occasion, certains "personnels scientifiques ont été gazés", indique une pétition mise en ligne sur change.org et qui a déjà été signée par plus de 3 000 personnes.

 
La police technique et scientifique au travail le 13 décembre 2018 après la mort de Cherif Chekatt, le tueur du marché de Noël à Strasbourg. / © Patrick HERTZOG / AFP
La police technique et scientifique au travail le 13 décembre 2018 après la mort de Cherif Chekatt, le tueur du marché de Noël à Strasbourg. / © Patrick HERTZOG / AFP

 

Comment se traduit cette grève sur le terrain ?

Un préavis de grève illimité court depuis mercredi 26 décembre 2018 à l’initiative de l’intersyndicale (SNIPAT, SNPPS, SNAPATSI).

Tous les scientifiques qui ne peuvent ou ne veulent pas faire grève sont appelés à "assurer le minimum" dans l’accomplissement de leurs missions. "Si un collègue ne peut refuser une intervention, rien ne lui impose de faire fonctionner l’institution Police au prix de sa santé physique et mentale."

En Bourgogne-Franche-Comté, la grève se traduit par un ralentissement dans la gestion des affaires courantes (comme la gestion des statistiques). Mais, les experts continuent d’intervenir sur les scènes d’infraction, car les policiers n’ont pas le droit de faire grève (sinon ils sont réquisitionnés).

 
La police technique et scientifique enquête à Lyon le 8 août 2017 après la profanation d'une plaque commémorative à la mémoire de juifs déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP
La police technique et scientifique enquête à Lyon le 8 août 2017 après la profanation d'une plaque commémorative à la mémoire de juifs déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP


Les fonctionnaires de la police technique et scientifique souhaitent être reçus par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner au plus vite, dès le mois de janvier. "Il faut qu’il entende nos revendications. Nous ne représentons que 2% des effectifs de la Police nationale, mais une affaire judiciaire sur trois est résolue grâce à nous", ajoutent les syndicats.  

Traces biologiques, traces papillaires, micro-traces, traces numériques, traces odorantes, traces balistiques, etc. "C’est NOUS, fonctionnaires de la Police Technique et Scientifique, qui apportons cette preuve irréfutable dans la manifestation de la vérité."


 


 

La police technique et scientifique en Bourgogne-Franche-Comté

55 personnes travaillent au sein de la police technique et scientifique en Bourgogne-Franche-Comté :

-Côte-d’Or : 15
-Nièvre : 3
-Saône-et-Loire10
-Yonne : 7

-Doubs : 7  
-Haute-Saône : 3
-Jura : 6
-Territoire de Belfort : 4
 

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