Cannabis : deux molécules dérivées désormais interdites à la vente, les vendeurs de CBD divisés

L'Agence nationale de sécurité du médicament a ajouté deux molécules dérivées du cannabis sur la liste des stupéfiants, les H4-CBD et H2-CBD. Chez les vendeurs de CBD en Bourgogne, les avis sur cette mesure divergent.

Après l'interdiction de produits à base de hexahydrocannabinol (HHC) en 2023, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé ce vendredi 24 mai 2024 que de nouveaux dérivés du cannabis rejoignent la liste rouge.

Risquées pour la santé selon l’organisme, les molécules concernées sont les cannabinoïdes hémisynthétiques H4-CBD et H2-CBD, issues de la transformation des substances naturelles de la plante par un processus chimique et de cannabinoïdes purement synthétiques. Pour les vendeurs de CBD de Bourgogne, cette nouvelle divise.

Des molécules affectant le système nerveux central

Vendues sous différentes formes, en huile ou bien en herbe par exemple, l'ANSM indique que ces deux substances contiennent des effets psychoactifs. Ils peuvent agir sur le système nerveux central, comprenant l'encéphale et la moelle épinière, mais aussi sur des aspects de perception et des sensations d’état de conscience.

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Cette consommation peut aussi entraîner des conséquences immédiates comme des "vomissements, une perte de connaissance, un coma, des convulsions, une paranoïa, de l'anxiété, une hypertension artérielle, une tachycardie", énumère le gendarme du médicament. Ces molécules, qui miment le THC, composant psychoactif du cannabis, ne pourront plus être vendues dans les prochains mois. 

Des points de vue différents chez les vendeurs de CBD

Chez les premiers concernés, les vendeurs de CBD, ces nouvelles interdictions divisent. Selon un responsable d'une boutique dans le centre-ville de Dijon (Côte-d'Or), cette décision est régressive. "Après le HHC, on nous supprime ces deux-là ? De toute façon, quand une nouvelle interdiction est publiée, on sait que d'autres molécules seront bientôt interdites", s'insurge-t-il.

Philippe et Valentin, responsables de la boutique Weed in vape à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), eux, se félicitent de l'initiative de l'ANSM. Les deux entrepreneurs l'avouent : la suppression des molécules de synthèses sont une bonne chose pour la santé des clients. "Dans notre boutique, on éduque notre clientèle à se diriger le plus possible vers des produits naturels afin qu'ils se détachent du THC. Puis ce n'est pas grave, les produits avec du H4-CBD ne représentent même pas 5 % de notre chiffre d'affaires. Ce n'est pas une grande perte", assure Valentin.

Contrairement au THC, le CBD n'est pas visé par la décision de classement sur la liste des stupéfiants car "il ne présente pas, notamment, de risque d'abus ou de dépendance", précise l'ANSM.

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