"Pour moi, il y a une efficacité énorme" : atteint de sclérose en plaques, il expérimente le cannabis thérapeutique délivré par l'hôpital

L'Hôpital Jean-Minjoz de Besançon (Doubs) fait partie des établissements qui testent le cannabis comme médication contre les douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies, autrement dit celles dont les traitements actuels ne viennent pas à bout.

Morade Bouneb souffre depuis quinze ans d'une sclérose en plaques. La maladie a transformé sa vie en supplice : "rien que les frottements, c’est hyper douloureux" explique l'homme à nos journalistes Stéphanie Bourgeot et Florence Petit, venues à sa rencontre.

Depuis quelque temps, cet habitant du Doubs va mieux. Il fait partie de la vingtaine de patients qui expérimente, au CHU Jean-Minjoz de Besançon, un traitement à l'huile de cannabis.

Ce qu'on veut améliorer, c'est la qualité de vie, comment on vit avec cette douleur.

Dr Véronique Piccand

Praticienne hospitalière au Centre d'évaluation et de traitement de la douleur

C'est le Centre d'évaluation et de traitement de la douleur qui a sélectionné les patients participant à ce dispositif expérimental de cannabis thérapeutique. Ils souffrent de "toutes les pathologies où il y a une lésion du système nerveux", nous précise le Docteur Véronique Piccand.

CBD et THC

Morade Bouneb vient à l'hôpital tous les mois. Toutes les informations le concernant sont transmises à l'Agence française du médicament qui pilote l'expérimentation.

L'huile testée est un mélange de CBD et de THC, le Tétrahydrocannabinol. Le THC est la molécule du cannabis qui possède un effet psychoactif. Ce médicament suit la réglementation des stupéfiants et n'est délivré que par la pharmacie de l'hôpital. Le patient est informé des précautions particulières d'emploi de ces médicaments, de ces effets indésirables et des contre-indications.

Pour Morade Bouneb, le cannabis présente bien des avantages par rapport aux antidouleurs qu'il prenait auparavant, avec des effets secondaires souvent pénalisants contre lesquels il luttait avec d'autres médicaments. "À une période, j'avais 17 comprimés par jour, se souvient-il. Pour moi, il y a une efficacité énorme."

"Quand c'est bien prescrit, il n'y a pas de mésusage ou de développement d'addictions, plus qu'avec d'autres molécules".

Véronique Piccand

L'expérimentation se terminera fin 2024. En dépit d'effets secondaires mineurs, les conclusions semblent positives et devraient se concrétiser par la mise sur le marché d'un antidouleur à base de cannabis. La médecine de ville et les pharmacies pourraient être associées au dispositif.

Ce traitement restera dans tous les cas très encadré et réservé aux malades qui ont tout essayé.

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Reportage de Stéphanie Bourgeot, Florence Petit, Pierre Mayayo, Joé Gutleben. Avec Morade Bouneb, patient; Véronique Piccand, praticienne hospitalière au Centre d'évaluation et de traitement de la douleur; Anne-Laure Clairet, pharmacienne praticienne hospitalière, et Mathieu Muller, responsable de magasin ©France 3 Franche-Comté

Le CBD sans THC, attention !

Les magasins proposant du CBD se sont multipliés ces dernières années. Beaucoup de clients s'y rendent pour calmer leurs douleurs. "Ça ne soigne pas, mais ça apaise les douleurs et il n'y a pas d'effets secondaires", vante Mathieu Muller, responsable d'un de ces commerces à Besançon. Ses clients viennent pour soulager cancers, scléroses en plaques, migraines, arthroses ou règles douloureuses.

"Même seul, le CBD est un principe actif. Il y a des contre-indications, rappelle le Dr Véronique Piccand, qui cite les patients prenant plusieurs médicaments ou souffrant d'hépatites. Il faut le prendre avec prudence".

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