Confinement : faire ses courses en ligne en privilégiant les circuits courts grâce à des plateformes locales

Confinement oblige, les déplacements sont limités. Comment faire ses courses quand on habite loin des grandes surfaces ? Sur internet, plusieurs plateformes locales proposent de vous livrer vos courses. Bonus : vous privilégiez les circuits courts !
Il y a les géants du web... Et il y a les plateformes locales. En Côte-d'Or, de nombreuses initiatives permettent aux usagers de faire leurs courses en ligne, d'être livrés, tout en privilégiant les circuits courts.
Il y a les géants du web... Et il y a les plateformes locales. En Côte-d'Or, de nombreuses initiatives permettent aux usagers de faire leurs courses en ligne, d'être livrés, tout en privilégiant les circuits courts. © Damien Rabeisen - France 3 Bourgogne
On clique, on achète, on réceptionne ? C'est une nouvelle habitude que l'on prend au fur et à mesure que le confinement dure. Les déplacements étant limités, il est parfois difficile pour certains de faire des courses alimentaires. En zone rurale, il faut souvent faire plusieurs dizaines de kilomètres avant de trouver une grande surface...

Favoriser les produits locaux

C'est dans ce contexte que s'est lancé le site internet Fibshop. Une façon aussi de concurrencer les drive des grandes enseignes, tout en promettant davantage de produits locaux. C'est simple, vous commandez en ligne et vous récupérez votre commande dans un des bureaux de tabac partenaires, en Côte-d'Or et en Saône-et-Loire ! Luc Moulaine, fondateur de Fibshop, assure qu'avec son système, la livraison ne coûte "pratiquement rien". Fibshop s'appuie sur une plateforme logistique déjà existante : 360 relais de journaux sont approvisionnés chaque jour. 
Edouard Damidot, logisticien de Fibshop, se réjouit de la participation des bureaux de tabac dans cette opération. "Ils cherchent aussi à diversifier leur activité." 
 
L'avantage, c'est que la commande est très vite livrée : en moins de 24 heures. Même si le développement du système peut se faire en centre-ville, l'idée première est de répondre aux besoins (et aux contraintes) des riverains en zone rurale
 
Le site FIBSHOP s'appuie sur un réseau logistique déjà existant. Ainsi, les commandes des clients sont livrés dans des bureaux de tabac, en même temps que la presse. 360 points de vente sont ainsi approvisionnés tous les jours en Côte-d'Or et en Saône-et-Loire.
Le site FIBSHOP s'appuie sur un réseau logistique déjà existant. Ainsi, les commandes des clients sont livrés dans des bureaux de tabac, en même temps que la presse. 360 points de vente sont ainsi approvisionnés tous les jours en Côte-d'Or et en Saône-et-Loire. © Damien Rabeisen / France 3 Bourgogne
 

Conserver le lien humain

Mais ne faut-il pas craindre les géants de la vente en ligne, qui voient aussi leur chiffre d'affaires augmenter en cette période de déplacements limités ? Pas vraiment selon Edouard Damidot. L'alimentaire n'est pas un marché signifiant pour des sites comme Amazon ou Cdiscount. "Le e-commerce fonctionne mais nous croyons à la relation humaine. On ré-humanise le e-commerce en quelque sorte." De la plateforme au commerçant, puis du commerçant au client, il y a un lien qui s'installe. Et le service est apprécié par les consommateurs. Noémie, croisée dans les rues de Dijon et adepte de la plateforme en ligne pour faire ses courses, se satisfait de pouvoir acheter ses chocolats et ses bières sur internet et d'être livrée tout près de chez elle. "On peut continuer à consommer local, dans des commerces de proximité qu'on a déjà l'habitude de fréquenter". 
 
© Damien Rabeisen / France 3 Bourgogne
 

Un moyen de survie pour les petits commerces


Mais cette mesure ne profiterait-elle pas davantage aux commerçants qu'aux clients ? 

Denis Favre, président de Shop-in Dijon, le dément. Le projet de plateforme en ligne est né suite aux manifestations des Gilets jaunes. Les pertes économiques ont été considérables pour les petits commerces, il a donc fallu trouver un moyen de compenser. Les manifestations contre la réforme des retraites de ce début d'année et la crise sanitaire de coronavirus aujourd'hui sont autant de nouvelles situations qui mettent à mal les commerçants locaux. "Cette plateforme numérique permet de déstocker les marchandises que les commerçants avaient encore sur les bras." Ils peuvent continuer de vendre, mais "ça ne comblera jamais toutes les pertes" selon Denis Favre. Les frais fixes et autres taxes a régler à la fin du mois ne peuvent être compensés. "L'objectif, c'est aussi de garder le lien avec le consommateur habituel. Et sa participation contribue à la survie des commerçants de son quartier.

Le reportage de Fabienne Acosta, Damien Rabeisen et Pascal Rondi :
 
Confinement : des plateformes locales en ligne pour faire ses courses
 
 
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