Coronavirus : les associations d'aide aux plus démunis se réorganisent alors que la précarité augmente

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Écrit par Maryline Barate

La crise sanitaire perturbe la filière d'approvisionnement de l'aide alimentaire aux personnes les plus démunies. A Dijon, les associations se sont réorganisées. Car elles en sont persuadées : la situation fragilise les plus pauvres.

Difficultés d'approvisionnement et de redistribution


La pandémie du Covd-19 complique la tâche de la Banque Alimentaire de Bourgogne. Cette structure caritative a pour mission la mission de servir de grossiste en denrées alimentaires aux associations, assistantes sociales et autres CCAS.


"La ramasse dans les grandes et moyennes surfaces est irrégulière et imprévisible. Parfois, on ne nous donne presque plus de produits frais et subitement, on a un afflux d'invendus.", explique Gérard Bouchot. Le président de la Banque Alimentaire de Bourgogne a fait ses comptes. Cette désorganisation conduit globalement à une baisse des denrées collectées. En ce moment, la ramasse permet de récupérer un tonne de marchandises chaque jour. "C'est 20 à 30% de moins qu'en temps normal", se désole Gérard Bouchot, qui peut compter également sur les surplus de produits secs fournis par l'aide d'Etat. Mais là aussi, ces stocks baissent.


L'autre difficulté réside à l'autre bout de la chaîne, côté distribution. "On a des associations qui ont suspendu leur activité. D'autres reprennent sous forme de colis ou avec une formule drive pour protéger les bénéficiaires et les bénévoles, ce qui est bien normal. Mais, les quantités distribuées sont moindre qu'à l'accoutumée alors que nous pressentons une précarité à la hausse avec l'arrêt de l'économie.", s'inquiète Gérard Bouchot.


La Banque Alimentaire de Bourgogne est donc sortie de son rôle habituel en distribuant des denrées en direct dans les centres d'accueil et foyers dijonnais. Des tournées ont lieu les après-midis.
 
 

De nouveaux bénéficiaires

En Côte-d'Or, passés les premiers jours de réorganisation suite au confinement, le Secours Populaire a continué de recevoir les bénéficiaires tous les matins pour les approvisionner en colis alimentaires. Plus de self-service, cette distribution se fait sur rendez-vous individuels, toutes les dix minutes. Et le nombre de bénéficiaires est en forte augmentation depuis le 17 mars dernier.


"La crise sanitaire fait que nous connaissons des nouvelles familles. Sur Dijon, la semaine dernière, nous avons aidé 80 familles au titre de l'urgence alimentaire. 25% d'entre elles n'avaient encore jamais poussé la porte de notre association.", constate David Lebugle, secrétaire départemental du Secours Populaire Côte-d'Or.


Une prime pour les plus démunis


Eviter que des foyers tombent dans la très grande précarité et que certains ne parviennent plus à nourrir leurs enfants, les associations caritatives tirent la sonnette d'alarme depuis déjà quelques temps. Une pétition avait été lancée début avril pour demander une prime solidarité de 250 euros pour les plus démunis. Message apparemment entendu par l'exécutif.


«J’ai demandé au gouvernement de verser sans délai une aide exceptionnelle aux familles les plus modestes avec des enfants», a annoncé lundi Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée. Un dispositif qui vient d'être précisé au sortir du conseil des ministres ce mercredi 15 avril. Cette aide exceptionnelle sera versée le 15 mai et s'élèvera à de 150 €, plus un bonus de 100 € par enfant pour les bénéficiaires du RSA ou de l'ASS. Pour les familles bénéficiaires des aides au logement, elle se montera à 100 € par enfant.


L’aide pour les étudiants reste encore à arbitrer par le gouvernement. Les associations espèrent également que les moins de 25 ans en grande difficulté ne seront pas oubliés.