En Côte-d'Or, les magasins de déstockage alimentaire ont du succès

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Des prix imbattables et une démarche éco-responsable pour éviter le gaspillage alimentaire. Voici la promesse des magasins de déstockage alimentaire. En Côte-d'Or, retour sur deux enseignes qui connaissent aujourd'hui le succès.

A Marsannay-la-Côte, l'enseigne Mes Bonnes Courses ouvrait ses portes il y a 5 ans. Les fournisseurs de la grande distribution, les industriels ou encore les grossistes cherchaient à écouler leurs produits. Des palettes entières liées à la surproduction trouvaient leur place dans le magasin de Simon et Rémy. Ce qui a séduit la clientèle, c'est la façon de présenter les produits : tout simplement ! Pas de fioritures. L'argument numéro un demeure le prix. Un rabais de 10 à 15 % est appliqué sur les produits.

Cinq ans plus tard, le bilan est positif. Le concept est désormais connu dans l'agglomération dijonnaise. Les gérants du magasin se réjouissent du succès de leur enseigne. Aujourd'hui, ils cherchent de nouvelles sources d'approvisionnement. A l'ouverture, ils n'avaient que 10 fournisseurs et 500 références dans leurs rayons. En 2020, Simon et Rémy comptent 30 fournisseurs et 1 500 références produits.

Le succès des magasins de déstockage alimentaire s'expliquent en deux points : l'envie de faire des économies sur son panier de courses et l'adoption d'un mode de vie éco-responsable.

 

Un succès au goût amer


A Saint-Jean-de-Losne, toujours en Côte-d'Or, Patrice dresse le même constat, un an après l'ouverture de sa boutique : Le panier du déstockeur. Même avec la marge prise sur les produits, Patrice a toujours réussi à proposer des prix imbattables. Le baril de lessive pour 60 lavages est par exemple à 4€, tandis que la boîte de haricots verts est affiché à 40 centimes. Ces prix sont adaptés à la modestie de certains revenus.

Patrice a toujours été sensible à la question de la pauvreté. Ancien bénévole aux Restos du coeur, il a été témoin d'une misère de plus en plus présente autour de lui. "Pas très loin d'ici, il y a des gens qui mendient ou qui fouillent dans les poubelles." C'est ce qui l'a poussé à ouvrir son magasin.

Un an plus tard, Patrice a du mal à trouver de nouveaux fournisseurs. Dans sa boutique de 50 m², il ne peut pas stocker de grosses quantités. Ces principaux fournisseurs sont deux grandes surfaces situées à une trentaine de kilomètres. Le propriétaire du Panier du déstockeur avoue qu'il a du mal à trouver de nouveaux fournisseurs. "Les grandes surfaces ne jouent pas le jeu." Plutôt que de revendre à moindre coût leurs produits, les enseignes préfèreraient les jeter ou les détruire en les apergeant par exemple d'eau de javel. 

Patrice ne se réjouit qu'à moitié du succès de son magasin. Il admet que de plus en plus de clients font leurs courses chez lui. "C'est le signe d'une pauvreté qui gagne du terrain."

Un reportage de G. Talon, C. Gaillard et C. Ngoc :
 
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