Covid-19 : les pharmaciens font les tests de dépistage

Les journées de dépistages nasaux gratuits se multiplient cet été, mais face au rebond de la Covid-19, les pharmacies viennent d’obtenir l’autorisation de faire des tests sérologiques. Ils sont payants mais peuvent se faire sans ordonnance.

Les pharmacies vendent désormais des tests de dépistages de 11 à 35 euros
Les pharmacies vendent désormais des tests de dépistages de 11 à 35 euros © Rodolphe Augier / France 3 Bourgogne
Plus besoin d’ordonnance, ni de présenter des symptômes lourds… Face à la covid-19, depuis cette semaine, les pharmacies ont toutes la possibilité de pratiquer les dépistages sérologiques dans leurs officines.

Un arrêté gouvernemental a été pris par le gouvernement pour élargir la multiplication de ces dépistages. Ces tests prélèvent une goutte de sang dans le doigt du patient, dix minutes plus tard, une couleur réagit, pour indiquer si c’est positif ou négatif. Ils doivent être faits par les pharmaciens uniquement, et non pas les préparateurs en pharmacie, et seuls les officines qui ont une salle à part peuvent le proposer.
 

Des tests pas remboursés par la Sécurité sociale  

"On vient juste de faire des travaux dans la pharmacie, en créant un espace de vaccination à part, indique Mathieu, gérant de la pharmacie Clémenceau, donc nous avions la salle toute trouvée pour les tests de dépistage." Pourtant, pas de ruée dans son officine, aucun client n’est encore venu pour ça. "J’ai pu en obtenir assez facilement en fin de semaine dernière, mais moi je les vends à 15,90 euros et ils ne sont pas remboursés par la sécu, alors forcément, ça doit dissuader les gens", poursuit le pharmacien.

 
 

Se mettre les biologistes à dos ? Non merci



L’autre explication pourrait venir des résultats. Ces tests permettent de savoir si l’on a présenté des symptômes mais ils ne sont pas suffisants pour diagnostiquer si l’on est contagieux ou pas. "Ce sont des tests rapides, mais peu utiles puisqu’il faut que les clients se fassent ensuite tester en laboratoire pour confirmer la sérologie. Alors nous, on a préféré ne pas en commander dans notre pharmacie", indique cette responsable d’officine à Dijon centre.

"Nous on considère que ça ne sert à rien de les faire en pharmacie, poursuit-elle, cela prend beaucoup de temps, les biologistes ont le sentiment que l’on s’accapare leur travail… Si c’est pour se mettre d‘autres professionnels de santé à dos, non merci !".  Pourtant, s’ils deviennent pratiqués à grande échelle, ces tests doivent permettre d’établir des statistiques aux autorités, notamment pour mieux connaître le taux d’immunité populationnelle en France.
           
Les pharmacies font les tests de dépistages payants depuis juillet

 Dans certaines pharmacies dijonnaises c’est tout l’inverse. En l’espace de quatre jours, déjà une quinzaine de personnes est déjà venue se faire dépister. "Certains cherchent surtout à se rassurer, mais ça ne nous dérange pas. On a toujours été là pour rassurer les gens pendant le confinement, on continue ce rôle là", indique une autre pharmacie, rue de Jouvence.

L’arrêté gouvernemental autorise aussi que les étudiants en médecine, les pompiers, les secouristes et les aides-soignants à pratiquer à leurs tours des tests de dépistage auprès de la population. En attendant des avancées sur le vaccin, ou d’autres mesures de prévention, les tests salivaires sont toujours à l’étude. Quant à la vente d’autotests Covid-19, elle reste strictement interdite en France.  
 
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