Covid-19 : près de Dijon, on fabrique des moteurs pour sauver des vies

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Écrit par J.G.

On l’avait quitté en novembre 2017 fabriquant des moteurs pour la fusée Ariane. L’entreprise Parker, basée à Longvic, travaille aussi pour le secteur médical et la pandémie de coronavirus l’oblige à redoubler d’efforts pour fabriquer des moteurs de respirateurs artificiels.

Des moteurs à courant continu assez plat qui portent le nom de "pancakes" et qui servent à faire fonctionner des respirateurs artificiels notamment pour des patients hospitalisés en réanimation. C’est une partie du travail de l’entreprise Parker basée à Longvic. « Nos moteurs servent à actionner la vis à bille qui permet de faire monter et descendre le soufflet d’un respirateur », nous explique Sébastien Poizot, responsable du site. « Notre particularité c’est un moteur qui a un mouvement très continu par sa technologie et il est très peu bruyant ».
 


Et la crise sanitaire que nous traversons est venue bousculer le quotidien de l’entreprise. Son client historique l’allemand Dräger, leader mondial des assistants respiratoires, vient, contrairement à ses habitudes, de passer une commande ferme et de surcroit plus importante qu’à l’accoutumé.  « Début avril on a eu des commandes fermes pour 1500 moteurs soit une augmentation de 60% par rapports à ses commandes habituelles » précise Sébastien Poizot.

Conséquences pour Parker : alors qu’une seule équipe de journée de 7 personnes est nécessaire en temps normal pour fabriquer ces moteurs, l’entreprise s’est adaptée et a revu son organisation « pour passer en deux équipes soit 14 personnes pour produire uniquement ces moteurs durant le mois d’avril » selon le responsable du site.
 

Même les cadres s'y mettent !


En temps normal la société a recours à des intérimaires pour des surcroits de commandes mais depuis le début de la crise elle a du s’adapter et a décidé de proposer à ceux qui travaillent habituellement dans les bureaux comme les techniciens de production ou de recherche et développement de rejoindre les lignes de fabrication. « Un appel a été lancé et la moitié d’entre-eux ont répondu présent et se sont portés volontaires pour participer à cet effort dans un esprit citoyen, c'est notre participation à l’effort national ».
 


Dräger, est un client historique de l’usine de Côte-d’Or « on produit 10 000 moteurs par an. Cela veut dire qu’on fabrique habituellement 900 moteurs par mois pour ce client qui a besoin d’un moteur par machine » selon Sébastien Poizot.

Dräger qui vient de recevoir une commande de 10 000 appareils de la part du ministre allemand de la Santé. « Nous ne pourrons couvrir qu’une partie des besoins dans le monde. Je vous assure que nous voudrions faire davantage. Mais je vous le promets : nous faisons tout notre possible», assure le patron Stefan Dräger interrogé par le quotidien Libération.

Et les besoins se confirment chez Parker « Dräger a également passé des commandes fermes pour mai et juin. 1200 moteurs soit 30% supérieur à la commande habituelle ».
 

Des effets sur le long terme dans le secteur médical


Dans le domaine médical, après cette crise une révision stratégique des politiques publiques est à prévoir  dans plusieurs pays. Et Parker envisage des effets favorables pour les autres clients du secteur « même si on sait que cette crise va avoir des conséquences économiques pour notre groupe mondial » conclut le responsable du site de Longvic.

La société Parker et son usine de Dijon-Longvic appartiennent au groupe américain du même nom, leader mondial des technologies du mouvement et du contrôle dans l’hydraulique, le pneumatique et l’électrique. 

A Longvic, le site est spécialisé dans l’électrique. Le secteur médical est désormais son principal marché. L’usine produit notamment des moteurs pour respirateurs et pompes à sang qui représentent 30% de son chiffre d’affaires