Covid-19 : un an après, souvenirs de confinement

Il y a un an, un confinement national débutait en France. Cette décision a bouleversé notre quotidien. Les Bourguignons restent encore très marqués par cette journée particulière. 

Les rues vides de Dijon pendant le confinement.
Les rues vides de Dijon pendant le confinement. © JC Tardivon / MaxPPP

 

On a entendu parler de la guerre par nos parents. C'était tellement horrible que l'on n'a pas paniqué pour ça.

 Marie-Jo Frangne

Marie-Jo Frangne est retraitée à Nolay (Côte d’Or). Le 17 mars 2020, elle est spectatrice de ce premier jour de confinement, comme de nombreux Français. Un événement qu’elle appréhende avec philosophie.

 « On s’y attendait depuis un moment, donc on n’était pas trop surpris. Je pense même que le confinement aurait dû être fait depuis bien longtemps ! Et sûrement être un peu plus sévère parce que les gens prenaient ça un peu à la rigolade. Comme nous sommes en retraite avec mon mari, ça ne nous a pas trop gênés. On a entendu parler de la guerre par nos parents. C’était tellement horrible que l’on n’a pas paniqué pour ça. C’est vrai qu’on voyait beaucoup les gens qui couraient au supermarché. Ça m’a surprise ! Je ne pensais pas qu’on pouvait paniquer autant ! Mais c’est vrai qu’au bout d’un moment c’était un peu long » se souvient Marie-Jo Frangne.

 

J’étais dans un état d’esprit assez euphorique.

 Marie Ravey

Marie Ravey est étudiante. L’annonce du confinement a été synonyme de nombreux changements pour elle. Retour chez ses parents à Dijon, fin d’année scolaire précipitée et stage en entreprise annulé sont venu perturber la vie de la jeune femme.

« Si je me souviens bien, c’était un mardi. J’étais dans un état d’esprit assez euphorique. C’était inédit, je n’avais pas vraiment conscience de l’ampleur de la chose. J’avais l’impression d’être dans une autre dimension. J’étais étudiante donc je suis rentrée chez mes parents. Je ne comprenais pas trop ce qu’il se passait, mais je me suis dit : je vais chez mes parents pendant deux semaines donc ça va ! Quand le confinement a commencé, j’avais déjà terminé mes cours et je devais commencer un stage, qui a été annulé. C’était des sentiments assez partagés. D’un côté j’étais déçue de ne pas pouvoir faire mon stage, mais je me suis dit que j’allais avoir du temps pour moi. C’était tout nouveau d’être enfermé à la maison. Au début je n’ai pas forcément très bien vécu le fait de retourner chez mes parents, alors que j’habitais toute seule depuis quatre ans. Il faut faire avec les habitudes de chacun. Je ne pensais pas que ça allait durer aussi longtemps en arrivant là-bas ! » raconte Marie Ravey.

 

Je suis resté chez moi, dans un 18 mètres carré où on en fait vite le tour.

 Matthieu 

Le milieu de l’emploi a également été beaucoup impacté. Une situation régulièrement synonyme de perte d’emploi ou de suspension d’activité.

Matthieu, à Dijon, se souvient de cette période compliquée : « Je me rappelle que le président avait fait une allocution et que ça devait être un confinement de deux semaines renouvelables. C’était une période où j’étais en intérim. Ce jour-là en plus, j’étais malade, j’avais les symptômes de la Covid. J’ai travaillé pendant deux heures ce jour-là. Je suis rentré chez moi et je ne suis plus allé travailler pendant deux mois ensuite. Je suis resté chez moi, dans un 18 mètres carré où on en fait vite le tour. Ce n’était vraiment pas top ce confinement, entre le manque de travail, le manque de sortie, le manque de vie sociale… Je ne voyais pas non plus ma copine de l’époque donc c’était assez compliqué. À ce moment-là je suivais l’actualité de près. On s’attendait à un confinement mais on ne voulait pas trop y croire. Je ne pensais pas que ça allait être aussi difficile »

 

À l’annonce du confinement, ce qui était le plus embêtant pour elle, c’était surtout de se retrouver sans copains pour jouer !

 Luis Antonio Lopes

Luis Antonio Lopes est père de famille. Il habite à Martrois, un petit village de la campagne Côte d’Orienne. L’annonce du confinement a surtout marqué sa petite fille. « Le jour de l’annonce du confinement, j’ai eu un peu d’appréhension parce que j’ai aussi des problèmes respiratoires. Comme tout le monde, j’ai ressenti un peu d’insécurité. Compte tenu de la situation en Chine, c’était nécessaire. Je pense que c’est surtout la jeunesse qui a subi. J’ai une petite fille de 7 ans qui ne s’est pas vraiment rendu compte. À force d’en entendre parler à l’école, avec les gestes barrières, elle ne savait plus où elle en était. À l’annonce du confinement, ce qui était le plus embêtant pour elle, c’était surtout de se retrouver sans copains pour jouer ! Parce que l’école, c’est surtout les copains à son âge. À l’époque, je venais de quitter mon entreprise. Comme on habite à la campagne, on passait la plupart du temps dans le pré avec les chevaux. Je pense que ça a surtout été compliqué pour les enfants, les adolescents et les personnes seules. »

Un an jour pour jour après le début du premier confinement en France, la vie des Français a changé. Masques, gestes barrières, confinements : l’année a été marquée par la Covid-19.

 

Soignants, malades, commerçants, employés de supermarché, artistes, élus ou encore parents : nous les avions rencontrés il y a un an. Aujourd’hui ils nous racontent leur année Covid. Pour les découvrir, cliquez sur un point, zoomez sur le territoire qui vous intéresse ou chercher la commune de votre choix avec la petite loupe. 

 

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