A Dijon, les 60 ans d'histoire du quartier des Grésilles

Incivilités, incendies volontaires, trafic de drogues et délinquance. Depuis de nombreuses années, le quartier des Grésilles, à Dijon, est connu pour ses nombreux faits divers. Pourtant, à sa construction, il y a 63 ans, c'était un lieu de vie très attractif.

Par C.C

Souvent, quand quelqu'un évoque le quartier des Grésilles à Dijon, les mêmes images viennent en tête : fusillades, incendies criminels, délinquance. Depuis plusieurs années, ce quartier de 8 000 habitants est le théâtre de nombreux faits divers. Assez pour qu'il pâtisse d'une mauvaise réputation.

Pourtant, quand on donne la parole à ses habitants, tous sont attachés aux Grésilles. "Ca fait 7 ans que je vis ici", "C'est un quartier comme les autres", "Pour les jeunes il y a beaucoup plus d'activités qu'avant " plaident les habitants. 

Parmi eux, Yvonne Raëdle vit dans sa petite maison depuis 63 ans. Après plusieurs mal-logements et expulsions, emménager dans ce logement social était pour elle une vraie chance. "Nous avions été expulsés de notre logement. On a postuler pour vivre ici et on nous a proposé ce logement. A l'époque, la majorité de nos voisins étaient des ouvriers. On travaillait tous : c'était une belle époque", ​se souvient t-elle. 


En 1950, un quartier pour les privilégiés


Les Grésilles sont sortis de terre en 1955 avec la construction de la tour Billardon, la première des trois barres d'immeubles du quartier. "On imaginait alors un quartier de 15 000 habitants : c'était donc un énorme chantier où on espérait qu'une vie collective pouvait se mettre en place", raconte Éliane Lochot, directrice des archives municipales. 


C'est les Trente Glorieuses : l'économie française est en plein essor, le chômage est quasi inexistant. La classe moyenne s'installe alors dans ce tout nouveau quartier. C'est un privilège. 

Mais les années 1970 marquent le déclin des Grésilles. Avec la crise financière vient la crise sociale. Les classes moyennes quittent les Grésilles. 

Des barres d'immeubles HLM aux pavillons à "taille humaine"


Il faut attendre les années 1990 pour que la municipalité tente de donner un nouvel essor au quartier. En 1992, la tour Epirey est détruite, suivie par les deux autres barres d'immeubles HLM. A leur place, on construit des résidences à taille humaine, on implante des services publics et des commerces de proximité. 


Pour Hamid El Hassouni, adjoint au maire de Dijon, délégué du quartier des Grésilles, le constat est clair : "le quartier a un vrai potentiel à exploiter."

Assis sur les bancs publics, les anciens, arrivés en France dans les années 1960, ont vécu ces évolutions de leur quartier. Aujourd'hui, ils lui espèrent offrir à leurs enfants un avenir radieux dans ce quartier.

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