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Dijon : le cinéma Eldorado peut-il être sauvé ?

© Cinéma Eldorado
© Cinéma Eldorado

Le cinéma indépendant l’Eldorado de Dijon, en Côte-d’Or est actuellement en difficultés financières. Depuis le 1er mai 2015, une campagne de dons a été mise en place. Une fête de soutien est organisée dimanche 31 mai. La salle est classée "art & essai" depuis les années 1950.

Par Cindy Pezzin

La dette de l’Eldorado s’élève à 80 000 euros. Pour y faire face, l’équipe du cinéma a lancé un appel aux dons et sollicite les collectivités. Au 20 mai, 95 donateurs avaient permis de récolter 7500 euros. Le 31 mai prochain, les spectateurs pourront soutenir l’Eldorado lors d’une fête place Wilson où seront proposées restauration ou braderie d’affiches de films. Les participants pourront également se mettre dans la peau d'un cameraman et reproduire ses gestes le temps d'une séance de gymnastique douce.

Une concurrence toujours plus forte

Parmi les causes de l’endettement, les sept salariés de l’Eldorado pointent du doigt "l’absence de régulation dans la concurrence entre salles à Dijon". Depuis l’apparition des multiplexes du Cap Vert (12 écrans) en 1999 et de l’Olympia (10 écrans) en 2007, les autres salles de l'agglomération, Darcy et Devosge, ont dû effectuer un virage dans leurs programmations. Elles diffusent aujourd’hui des films "art & essai" porteurs, jusque-là uniquement disponibles à l’Eldorado, ce qui augmente considérablement la concurrence.

Ce cinéma est indépendant et financé à 70% par les ventes de tickets et à 30% par les subventions. Mais depuis 2009, la fréquentation ne cesse de baisser à l’Eldorado : elle est passée de près de 112 000 spectateurs à 97 000 en 2014. La même année, le Cap Vert enregistrait 782 046 entrées (soit 55,72% de la fréquentation des salles de l’agglomération dijonnaise) et l’Olympia 294 517 (20,99%). Au final l’Eldorado est le seul cinéma de Dijon ayant vu ses entrées diminuer ces dernières années.  



L’Eldorado a ouvert le 2 juillet 1920, c’est une des plus vieilles salles dijonnaises. Dans les années 50, le label "art & essai" apparaît et le cinéma est immédiatement classé. L'Eldorado est aujourd'hui le dernier cinéma de quartier et indépendant de la ville. Tout au long de l’année, les sept salariés militent pour l'éducation à l'image en organisant des rencontres avec des réalisateurs et des acteurs (Jean-Pierre Mocky, Michel Gondry, Mathieu Amalric, etc.), des ateliers pratiques, des projections jeunes publics ou encore des rétrospectives comme celle consacrée à Kubrick en 2011. L’équipe du cinéma souhaite aimener les spectateurs vers une "autre façon de pratiquer le cinéma". Elle aimerait les voirs actifs, hors des logiques commerciales de l’industrie du cinéma.


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