Dijon : ce que l'on sait sur l'expulsion du squat rue de Mirande

Il a fallu l'intervention des forces de l'ordre et des pompiers. Ce vendredi 8 janvier à Dijon, deux occupants du squat de la rue Mirande s'étaient enchainés sur le toit. Sous le coup d'une procédure d'expulsion, ils denoncent un projet immobilier sur cette parcelle arborée. 

La police nationale et les pompiers ont été mobilisés ce vendredi 8 janvier pour l'expulsion du batiment situé au 7 rue Mirande occupé illégalement
La police nationale et les pompiers ont été mobilisés ce vendredi 8 janvier pour l'expulsion du batiment situé au 7 rue Mirande occupé illégalement © Léo-Pol Platet / France Télévisions

Des forces de police, des pompiers et une grue. C'est le dispositif déployé ce vendredi 8 janvier pour reprendre possession du parc privé et du batiment situé au 7 rue de Mirande à Dijon. 

Depuis plusieurs semaines, celui-ci était occupé par un collectif qui dénonce la "bétonisation" dans le centre-ville de Dijon. Les occupants du site étaient sous le coup d'un arrêté d'expulsion depuis le 23 décembre dernier pour occupation illégale. Procédure pour laquelle ils ont interjeté appel. La plupart avaient néanmoins quitté les lieux en toute fin d'année.

" Une procédure judiciaire a été engagée pour les déloger, développe Maître Maussion, l'avocat qui défend les intérêts de l'Etat dans ce dossier. Le juge a rendu sa décision le 23 décembre, laissant la possibilité aux squatteurs de partir spontanément, ce qui n’a pas été fait. Faute de départ spontané, l’exécution de la décision de justice a été appliquée aujourd’hui. "

 

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2 squatteurs enchaînés sur le toit

Aujourd'hui, aux alentours de 14h, moment de l'intervention des forces de l'ordre, deux individus se seraient enchainés au toit de la maison. Danyl Afsoud, le directeur de cabinet du Préfet de région explique : " Un dialogue s’est engagé avec elles [les individus présents sur le toit] pour les faire descendre en sécurité. On avait prévu parallèlement un moyen des sapeurs-pompiers qui aurait pu permettre d’assurer leur descente en toute sécurité si d’aventure elles n’avaient pas souhaiter le faire de leur propre chef."  Après discussion avec la police et intervention d'une grue, les deux derniers occupants ont accepté de descendre. 

Les pompiers ont déployé une grue pour discuter avec les deux individus enchaînés sur le toit.
Les pompiers ont déployé une grue pour discuter avec les deux individus enchaînés sur le toit. © Léo-Pol Platet / France Télévisions

Propriété arboré, le site est en fait l'ancien logement de fonction des officiers de la BA 102. La maison avait été rachetée par l'Etat pour un projet immobilier. Selon les occupants, la parcelle pourrait bientôt accueillir un nouvel immeuble d'une centaine de logements.

Si maître Maussion, l'avocat qui défend les intérêts de l'Etat dans ce dossier, explique que cette " parcelle est en grande partie inconstructible puisqu’au niveau des règles d’urbanisme c’est une zone naturelle à privilégier. Le parc est d’intérêt paysager donc inconstructible ", les militants qui squattent les lieux clâment le contraire.

Ça n’est pas vrai que le terrain n’est pas constructible dans son intégralité, nous explique l'un d'entre eux. En réalité, il y a dans le plan local d’urbanisme une disposition qui protège à moitié les grands arbres. Le promoteur qui déposera un permis de construire devra, en plus demander à la mairie l’autorisation de couper les arbres. Le maire peut lui accorder cette autorisation, c’est une subtilité importante." 

Dès lors, ils demandent au contraire le maintien et la création d'espaces verts dans la ville de Dijon pour lutter contre le phénomène des ilots de chaleur urbains" en période de canicule. Plusieurs projets immobiliers en cours sur la commune de Dijon font actuellement l'objet d'une contestation citoyenne. 

 

 

 

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