Dijon : nouveau mouvement de soutien au lycée du Castel pour Elvis, 17 ans et menacé d'expulsion

Arrivé en France en 2012, Elvis est aujourd'hui menacé d'expulsion. Alors qu'il doit passer son bac de français à la fin de l'année, ses camarades et enseignants se mobilisent pour qu'Elvis puisse rester en France. Ce n'est pas la première fois qu'une telle procédure concerne un élève de ce lycée.

Une centaine de personnes a manifesté devant le lycée du Castel à Dijon pour dire " non à l'expulsion d'Elvis " ce lundi 11 janvier.
Une centaine de personnes a manifesté devant le lycée du Castel à Dijon pour dire " non à l'expulsion d'Elvis " ce lundi 11 janvier. © Léo-Pol Platet / France Télévisions

" Elvis reste ! " c'est au nom de ce slogan qu'une centaine de personnes, élèves comme enseignants, se sont mobilisées devant le lycée du Castel à Dijon ce lundi 11 janvier.

Elvis, c'est un jeune homme de 17 ans, élève en classe de première au lycée. À la fin de l'année scolaire, il doit passer son bac de français. Mais il vit sous la menace quotidienne d'une expulsion du territoire national. 

" Je suis originaire du Kosovo, je suis venu ici avec mes parents quand j'avais douze ans, raconte le jeune homme. Depuis cinq années, je travaille dur à l'école et je suis aujourd'hui menacé d'expulsion. Cela me fait très mal au coeur ".

30 jours pour quitter le territoire national

Si Elvis et ses parents sont aujourd'hui menacés de quitter le territoire national, c'est car la demande d'asile formulée il y a quatre ans a récemment été rejetée par la préfecture. Le 18 novembre dernier, la famille a donc été notifiée de son obligation de quitter le territoire français. Le recours engagé n'a rien donné et une nouvelle notification a été signée le 30 décembre 2020.

Dès lors, famille dispose de 30 jours pour quitter la France. Le site du Ministère de l'Intérieur précise : " L'obligation de quitter le territoire français (OQTF) est la principale mesure d'éloignement qui concerne les étrangers. La décision est prise par le préfet, notamment en cas refus de délivrance de titre de séjour ou de séjour irrégulier en France. "

Alors, pour contester cette obligation de quitter le territoire français, ils étaient nombreux devant les grilles du lycée pour scander des slogans et afficher leur soutien unanime à cet élève décrit comme "exemplaire".

" Nous avons déjà fait des manifestations et nous en referons s'il le faut "

Représentant des élèves au conseil de la vie lycée, Noé Péchoux s'oppose à l'expulsion programmée de son camarade : Nous nous opposons fermement, avec tous les mots les plus durs, à cette expulsion qui est pour nous injustifiable. Nous demandons qu'il reste avec nous jusqu'à son bac, qu'il puisse le passer tranquillement dans un contexte serein et qu'il puisse obtenir la nationalité française. "

Touché par l'histoire de son camarade, l'élu des élèves poursuit : " Nous espérons pouvoir rencontre Madame la rectrice et Monsieur le Préfet très bientôt. Nous espèrons que Monsieur le Préfet reviendra sur sa décision de vouloir expulser Elvis et sa famille et qu'il annulera l'OQTF [obligation de quitter le territoire français]. 

S'il le faut nous sommes prêts à nous activer plus fortement. Nous avons déjà fait des manifestations et nous en referons s'il le faut ".

Emu par la mobilisation, le jeune homme ne cache par l'importance d'un tel soutien. Depuis son arrivée en France, il vit sous la peur d'une expulsion. "  J'ai peur que tout le travail et les sacrifices que je fais avec mes parents soient jetés à la poubelle. Quand j'ai vu toutes ces personnes se mobiliser ça m'a donné le sourire et le courage de continuer. Ca m'a redonné de l'énergie pour résister et tenir debout même si la vie ne voulait pas que je tienne debout. " raconte l'élève d'origine kosovare.

 

Face aux nombreux élèves et enseignants, Elvis a tenu à lire une lettre pour raconter son histoire.
Face aux nombreux élèves et enseignants, Elvis a tenu à lire une lettre pour raconter son histoire. © Léo-Pol Platet / France Télévisions

 

Une pétition en ligne a été lancée

Depuis une semaine, une pétition en ligne a été lancée par Nagib, un ami d'Elvis. " Quand j'ai appris qu'Elvis était menacé d'expulsion, ça m'a fait beaucoup de peine, se rappelle Nagib. Je l'ai fait sur le premier site qui est apparu. Je l'ai fait parce que je sais que ça va très vite sur les réseaux sociaux et que ça risquait de monter très vite. Je suis content de ça. Aujourd'hui on est à 17 000 signatures, j'espère que l'on va atteindre les 25 000 avant la fin de la semaine "

Sur le site de la pétition, Nagib précise : " C’est l'une des personnes la plus sérieuse que je connaisse, il avait un brillant avenir et en aucun cas moins français que quiconque. Elvis doit obligatoirement rester en France et avoir son bac de Français c'est très important pour lui il ne peut pas partir d'ici sans aucun diplôme! "

 

Je ne compte jamais partir de la France, je veux rester ici avec mes parents jusqu'à la fin de mes jours.

Aujourd'hui, Elvis et ses parents demandent un titre de séjour. Ils espèrent pouvoir rester en France, où Elvis s'imagine déjà un bel avenir. 

" J'aimerais beaucoup beaucoup mais vraiment énormément demander la nationalité [française]. Je veux rester ici avec mes parents jusqu'à la fin de mes jours. Je souhaite travailler ici, je rêve d'être expert-comptable. Je souhaite récompenser la France s'ils me donnent les papiers en travaillant et en participant à bâtir la France avec les autres citoyens. Je veux être un citoyen comme les autres de ce pays magnifique. " 

D'autres élèves du lycée concernés par une OQTF dans le passé

Elvis n'est pas le premier élève du Castel concerné par une obligation de quitter le territoire français. En 2019 déjà, G., un jeune malien était également sous le coup d'une OQTF. Après une forte mobilisation du collectif LAIC (Lycée d'Accueil International le Castel ), sa situation avait été réévaluée. Il devrait recevoir son titre de séjour prochainement.

Quelques années plus tôt, une autre élève, M. était concernée par cette même procédure. Depuis, sa situation a également été réévaluée. Elle dispose d'un titre de séjour et travaille en France en tant qu'infirmière nous indique le collectif LAIC. 

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