Dijon : quinze jours après leur expulsion du squat, les migrants pourraient de nouveau se retrouver à la rue

Le 15 septembre 2020, 32 migrants ont été expulsés d'un immeuble situé dans le quartier des Grésilles, à Dijon (Côte-d'Or). Ils ont été relogés provisoirement dans des centres d'hébergement. Mais les associations s'inquiètent pour l'avenir de ces réfugiés.

Une soixantaine de migrants occupait depuis septembre 2019 un immeuble désaffecté situé rue Becquerel à Dijon.
Une soixantaine de migrants occupait depuis septembre 2019 un immeuble désaffecté situé rue Becquerel à Dijon. © Guillaume Desmalles - France 3 Bourgogne
Que vont devenir les migrants du squat de la rue Becquerel à Dijon ? C'est l'inquiétude des associations d'aide aux migrants. Quinze jours après leur expulsion d'un immeuble désaffecté, une cinquantaine de réfugiés ont été relogés par les services de la préfecture. Selon le président de la Ligue des Droits de l'Homme de Côte-d'Or, les hommes ont été accueillis par le CAO (Centre d'Accueil et d'Orientation) de Dijon, et deux femmes bénéficient d'un hébergement d'urgence du Samu Social. Cinq autres occupants du squat ont été perdus de vue. Ils auraient trouvé un nouveau refuge par leurs propres moyens.

Des migrants victimes du règlement de Dublin

La situation de ces migrants est complexe. Beaucoup d'entre eux sont originaires du Tchad (Afrique Centrale) et sont des "dublinés". Le règlement de Dublin prévoit qu’une personne ne peut demander l'asile que dans un seul pays de l'Union Européenne : celui dans lequel ses empreintes digitales ont été prises pour la première fois. Si le migrant demande l'asile en France après avoir d'abord débarqué en Italie, il devra être renvoyé en Italie pour que sa demande de protection internationale puisse être traitée. 

Les migrants délogés du squat de la rue Becquerel sont pour la plupart dans une situation similaire.  Légalement, ils ne peuvent pas demander l'asile en France et pourraient se retrouver à la rue dans les prochaines semaines. "La seule chose que l'on peut proposer à ces gens, c'est de se cacher pendant 18 mois et ensuite seulement de faire leur demande d’asile. C'est une horreur ce règlement de Dublin !" déplore Paul Garrigues, le président de la LDH 21. Pendant combien de temps ces migrants pourront-ils être accueillis au CAO ? Pour l'heure, le président de l'association n'en sait rien : "Les représentants de l’Etat ont dit que l’hébergement d’urgence serait pour dix à quinze jours". 

Contactée le jeudi 1er octobre, la préfecture de Côte-d'Or fait un point sur leur situation :  "l'examen des situations administratives des migrants évacués [...] est en cours [...] Pendant cet examen, ils bénéficient d'un hébergement temporaire dans des conditions dignes. L'objectif de cet examen est de trouver une solution à chacun qui corresponde à sa situation administrative au regard du droit des étrangers."

Mais cette solution d'hébergement temporaire ne rassure pas Paul Garrigues : "L’Etat dit qu’il va examiner chaque situation individuelle. Mais comme on leur refuse le droit au logement, on craint qu’il n’y ait aucune solution proposée. Aucune qui garantirait leur avenir ici en tout cas".

La Ligue des Droits de l'Homme réclame que cette mise à l'abri soit prolongée et milite pour un droit universel au logement, notamment dans le contexte sanitaire actuel.

 
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