Education : des robots s’installent dans les écoles

© Antoine Marquet
© Antoine Marquet

Les applications, les tablettes et autres robots s’installent dans les écoles de Bourgogne. Les enseignants se forment aux nouveaux outils numériques pour un travail plus transversal et mieux adapté à des générations de plus en plus connectées.

Par Antoine Marquet

En Côte-d'Or, l'atelier CANOPÉ 21 forme les enseignants à l'utilisation des outils numériques éducatifs et pédagogiques. Ces ateliers se déroulent de deux manières :

  • Dans le cadre d'un plan académique de formation. L'inspection académique décide d'inscrire une ou plusieurs classes à une formation aux outils numériques
  • Les enseignants peuvent s'inscrire de manière tout à fait volontaire.
CANOPÉ 21 met à disposition du matériel dans les écoles pour des expérimentations.

Le robot, le nouveau meilleur copain

Ils n’ont pas de cartables mais eux aussi rentrent en classe après la récréation. Depuis la rentrée 2017, les écoles de l’académie de Dijon peuvent bénéficier de "classes robots". 

Il en existe trois qui permettent de travailler différentes compétences de manière transversale. À chacun son robot pour trois cycles différents.

En cycle 1, à la maternelle, les enfants sont accompagnés de Blue-Bot. Ce jouet à l’apparence d’une abeille est en fait motorisé. L’objectif est de travailler sur différents modes de programmation. Le robot dispose de boutons qui déterminent le sens dans lequel la petite machine doit se diriger.
 
Les maternelles apprennent avec Blue-Bot, un jouet motorisé en forme d'abeille qui leur apprend les déplacements dans l'espace. / © Antoine Marquet
Les maternelles apprennent avec Blue-Bot, un jouet motorisé en forme d'abeille qui leur apprend les déplacements dans l'espace. / © Antoine Marquet

Parfait pour un cours de latéralisation et de déplacement dans l’espace. Le robot se repère dans un quadrillage bien précis et se déplace de 15 cm en 15 cm après avoir reçu les commandes des élèves.

Pour les élèves du cycle 2, c’est Thymio qui les accompagne pour une initiation à la programmation robotique. Il se présente comme une petite base roulante, composée de nombreux capteurs. Le principe est le même que pour Blue-Bot. Les élèves lui commandent un déplacement mais aussi un comportement.

Il en existe six : amical, explorateur, craintif, inspecteur, obéissant, attentif.
 
Thymio est doté de capteurs qui lui permet d'éviter les obstacles. / © Antoine Marquet
Thymio est doté de capteurs qui lui permet d'éviter les obstacles. / © Antoine Marquet

Par exemple, en mode "amical", Thymio s’arrête à l’approche d’un objet. Le robot dispose d’une fente dans lequel il est possible de glisser un feutre. Le déplacement permettra de réaliser un dessin, commandé encore une fois par les élèves.
 
Les élèves laissent parler leur imagination. Livré en kit, WeDo se transforme selon leurs envies. / © Antoine Marquet
Les élèves laissent parler leur imagination. Livré en kit, WeDo se transforme selon leurs envies. / © Antoine Marquet


WeDo est le partenaire des élèves de cycle 3. Contrairement à ses confrères, il est livré en kit, sous forme de légos, et est doté d’un système moteur-capteur. WeDo est accompagné d'une application qui guide les élèves dans la construction d’objets et pose des situations problèmes.

Le projet comprend la construction du robot et sa programmation. Les élèves construisent par exemple une voiture de course selon un cahier des charges et la programme pour la faire rouler selon leurs envies.
 

Adieu les ardoises, bonjour les tablettes

Désormais on parle aussi de classes-tablettes. Tout le monde se rappelle de l’entrée fracassante du TBI (tableau blanc interactif) dans les salles de classe. L'atelier CANOPÉ 21 (voir encadré) prête, après formation des enseignants, un kit de tablettes à une classe.

Entre 10 et 14 tablettes circulent dans des petits groupes d’élèves. Que les parents se rassurent, leurs enfants ne seront pas scotchés à un écran toute la journée.

L’objectif est d’apporter un plus dans l’enseignement et de se servir des outils numériques comme d’un supplément. En aucun cas ils ne remplacent le professeur. Lui-même dispose d’ailleurs d’une tablette accompagnée d’un visualiseur, qui lui permet de projeter son travail sur un écran et de travailler en direct. Les élèves peuvent ensuite reproduire les gestes.

Plickers est une application multiplateforme qui permet d’interroger simultanément et individuellement tous les élèves d’une classe par le biais d'une même question fermée ou d'un sondage.
 
Application Plickers - Utilisation scolaire


Les enfants disposent d’une étiquette en papier ou carton, sur laquelle est imprimé un symbole semblable à un QRcode. L’orientation de l’étiquette détermine la réponse choisie. L’enseignant pose une question et balaye la salle avec sa tablette qui scanne les réponses. Instantanément, l’application enregistre les résultats. Ils sont ensuite récupérés sous forme de graphiques ou de statistiques.

Une connexion à Internet est évidemment nécessaire pour le bon fonctionnement de Plickers. Les premiers retours montrent que la participation en classe est plus importante car le système est plus ludique et surtout, plus évocateur.

D’autres formations sont proposées :
  • Un atelier webradio pour faire découvrir aux élèves le fonctionnement et les dessous d’une radio en ligne.
 
  • Des ateliers de montage. À Marsannay-la-Côte, une classe est partie en Angleterre. Les élèves ont filmé leurs aventures. C’est maintenant l’heure du montage… Ils pourront s’initier au montage vidéo mais aussi audio. De quoi garder de vrais souvenirs de leur voyage !
 
  • La découverte d’une application pour arrêter de fumer à partir du collège. Le tabagisme sévit de plus en plus tôt. Téléphone portable autorisé à une seule condition : télécharger l’application qui permet aux élèves d’arrêter de fumer. À l’aube du mois sans tabac, ils ne pouvaient pas rêver mieux…


Développer l’esprit critique des élèves

Cette volonté d’inscrire le numérique et les nouvelles technologies dans une démarche pédagogique rejoint les cours d’EMI (Education aux Médias et à l’Information) dans les écoles, collèges et lycées. 

Depuis l’attaque de Charlie Hebdo en janvier 2015, le ministère de l’Éducation nationale a décidé de concrétiser un enseignement qui se faisait jusqu’à présent de manière plus ou moins informelle par les enseignants.
 
La semaine de la presse revient en 2019 avec un nouveau thème. Elle s'inscrit dans le cadre des cours d'éducation aux médias et à l'information (EMI).
La semaine de la presse revient en 2019 avec un nouveau thème. Elle s'inscrit dans le cadre des cours d'éducation aux médias et à l'information (EMI).


L’EMI n’est pas un cours à proprement parler, mais plutôt un enseignement transversal, aboutissant souvent à un projet. Désormais, les professeurs de technologie et de français peuvent par exemple travailler ensemble sur la confection d’un journal scolaire.

Derrière les projets, le but est de sensibiliser les élèves à la véracité des informations qu’ils peuvent entendre à la radio et à la télévision, lire dans la presse et sur les réseaux sociaux. Objectif : ne pas se faire avoir par les rumeurs et les infox.

Croiser les sources est un geste presque automatique que les élèves doivent acquérir.
 

CANOPÉ, au service des enseignants

Le réseau CANOPÉ est placé sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale.

Il édite des ressources pédagogiques transmédias (imprimé, web, mobile, TV) à destination des enseignants de tous les cycles. Innovation et pédagogie sont les maîtres-mots pour faire entrer l’école dans l’ère du numérique.

Les ateliers disposent de médiateurs et formateurs qui initient les enseignants aux nouveaux outils du numérique.
L’atelier CANOPÉ a aussi une mission de veille. Il observe les méthodes de travail des enseignants et propose des outils numériques adaptés : logiciels, applications…

Chaque expérimentation fait l'objet d'une restitution auprès du conseil départemental, de la DANE (Délégation Académique au Numérique Éducatif), des eRUN (référents numériques, enseignants dans le premier degré et possédant une expertise du numérique), des élus locaux mais aussi des parents d’élèves. Le retour sur expérience est très important puisqu’il permet, au final, d’installer définitivement un projet s'il s'est avéré concluant.

En Bourgogne, il existe quatre ateliers CANOPÉ :
 

  • Atelier CANOPÉ 58
    3, rue Lamartine
    58000 Nevers
     
  • Atelier CANOPÉ 71
    2, rue Jean Bouvet
    71000 Mâcon
     
  • Atelier CANOPÉ 89
    28 rue Théodore de Bèze
    89000 Auxerre
     
  • Atelier CANOPÉ 21
    7 rue des Corroyeurs
    21000 Dijon

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