Histoires 14-18 : Eugène Vintousky

Publié le Mis à jour le
Écrit par C.J.

C'est l'histoire d'un soldat parti à la guerre et qui n'en est jamais revenu. L'histoire aussi de son épouse, Albertine, laissée sans nouvelles, et qui se bat pour savoir ce qu'il est advenu de son mari. C'est enfin une famille qui aujourd'hui encore entretient la mémoire de son aïeul. 

Qui est Eugène Vintousky?

Eugène Vintousky est né le 10 mai 1888 à Saint-Léger-sur-Dheune, en Saône-et-Loire. Ses parents sont boulangers. Ils sont installés au Creusot, puis à Chalon-sur-Saône. Eugène est un jeune homme sportif, il joue au Club Olympique Châlonnais. Il intègre en 1904 le bureau de la correspondance des "Chantiers Navals Schneider et Cie" de Chalon-sur-Saône. 



Le 2 mai 1913 il épouse Albertine Nicolas. De leur union, naît Jean, le 17 avril 1914. Eugène Vintousky effectue son service militaire au 27e Régiment d'Infanterie (emblématique régiment dijonnais). Il est sergent dans ce régiment. Mobilisé, il quitte son emploi et sa famille le 2 août 1914. Avant de s'en aller, il prend le temps d'écrire à sa marraine à qui il devait rendre visite pour le 15 août.Son épouse suit son périple à travers sa correspondance comme dans cette lettre du 3 octobre 1914 où il écrit " bombardement de grosse artillerie et fusillade la nuit. Peu de tranquillité mais sans engagement sérieux".

Le 19 décembre 1914 elle reçoit cette lettre : " occupe des abris en 3e ligne. Plus d'officiers au Régiment. Froid, vent, pluie, gelée; nombreux pieds gelés. Tuerie. Question d'aller occuper une tranchée en dehors du bois; secteur plus calme?"

Eugène disparaît le 21 décembre 1914 lors des combats de la Redoute du Bois Brûlé, vers le terrible Saillant de Saint-Mihiel (Meuse).



Les pèlerinages d'Albertine Vintousky

Albertine ne recevant plus aucune nouvelle, elle entreprend des recherches pour connaître le sort de son mari. Elle écrit à des amis militaires ainsi qu'au ministère de la Guerre. Un courrier de juillet 1915 confirme sa disparition.

En 1916, elle apprend par une lettre de la Croix-Rouge qu'il n'est pas prisonnier.

Seul indice : un courrier qu'elle reçoit d'un officier lui indiquant d'une croix sur un plan, le lieu de la disparition de son mari près de Marbotte.





Après la guerre, Albertine, accompagnée de son fils entreprend le voyage vers la Meuse. Lors de son deuxième séjour, elle loge, un peu par hasard, à Mécrin chez la famille Liégeois. A partir de ce jour, une amitié indéfectible les liera.

Tous les ans, en été, les Vintousky se rendront à Mécrin pour quelques jours. Ce pèlerinage annuel regroupe de nombreuses familles dans la même situation qui s'unissent pour les manifestations du souvenir. Il permet à Albertine de parcourir les lieux où a combattu son mari et d'apposer une plaque en sa mémoire à l'endroit présumé de sa disparition.

Son fils, puis ses petits-enfants poursuivent aujourd'hui encore ces pèlerinages. 





Remerciements au Musée de la vie Bourguignonne et à la famille Vintousky

Equipe : Caroline Jouret - Alain Tixier (Image) - Jean-Renaud Gacon (Eclairage) - David Cornot (Son)

Source archives : - Musée de la vie Bourguignonne - Collection privée Famille Vintousky - Pathé Gaumont ©France 3


 

Parcours Grande Guerre au Musée de la vie Bourguignonne (Dijon)
Le Musée de la Vie Bourguignonne Perrin de Puycousin à Dijon, rend hommage aux poilus, en leur consacrant une vitrine d'exposition. Tous les quatre mois, un personnage est mis à l'honneur au travers de photographies, objets personnels, lettres, manuscrits, etc... Les objets exposés sont en grande partie prêtés par les familles. 



Musée de la vie Bourguignonne Perrin de Puycousin

17 rue Sainte-Anne

Dijon 



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