ILS ONT FAIT 2021. Stéphane, 8 600 kilomètres sur son vélo solaire à travers l’Europe

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Écrit par Gaël Simon

Le 8 juin 2021, Stéphane Bujadoux, jeune retraité de 62 ans, s'élançait pour un tour d'Europe à bord de son vélo solaire. Pendant deux mois, il a parcouru 8 600 km. Le Dijonnais nous raconte cette aventure unique.

Pendant que les cyclistes du Tour de France suaient à grosses gouttes sur les routes de la Grande Boucle cet été, Stéphane Bujadoux vivait sa propre expérience à vélo en participant au Sun Trip. Entre le 8 juin et le 8 août 2021, ce jeune retraité de l’Éducation nationale a traversé l’Europe, ralliant Bruxelles au Col du Stelvio, en Italie, et passant par des pays comme la Lettonie où la Roumanie. 8 600 kilomètres, bien installé sur son vélo solaire, que celui qui vit à Talant, près de Dijon, nous raconte.

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Stéphane Bujadoux sur les routes du Sun Trip. ©Stéphane Bujadoux

"Logiquement, on aurait dû aller jusqu’en Chine, mais le Covid en a voulu autrement", regretterait-il presque en préambule. Presque, car Stéphane Bujadoux garde en mémoire le souvenir d’une expérience unique et enrichissante. Grâce au Sun Trip, dont la commission européenne est partenaire, le jeune retraité de 62 ans a traversé tout le Vieux Continent en l’espace de 8 semaines. Seul pendant un mois, accompagné par d’autres cyclistes pour le reste de l’aventure.

Quand sport, écologie et rencontres se mélangent

"Je ne cherchais pas à être rapide, je voulais profiter des pays que je traversais, faire des photos, rencontrer les gens. Et ça, c’est vraiment quelque chose qui laisse des souvenirs mémorables". Sur sa route, le Dijonnais en profite alors pour échanger, discuter, s’intéresser aux populations locales.

Je me souviens en Roumanie des gens qui étaient complètement étonnés qu’on vienne les voir dans leur pays, en vélo.

Stéphane Bujadoux,

retraité

Mais au moment de déterminer un souvenir marquant de cette aventure, Stéphane Bujadoux ne parvient pas à faire de choix. "Je n’ai pas un moment fort. Il y a plein de moments forts ! Je me souviens d’une femme qui était d’origine hongroise. Une partie de la Transylvanie, qui appartenait à la Hongrie, a été rattachée à la Roumanie. Et cette femme, 70 ans après, parlait avec émotion de cette séparation avec son pays d’origine. On est aussi en contact avec les traces de l’histoire à travers les gens".

Pendant deux mois, beaucoup de personnes l’interrogent également sur son vélo. Un étrange attirail avec une remorque et un toit recouverts de panneaux solaires. "Il y avait un challenge, celui de ne jamais charger avec une prise secteur, mais de recharger toujours avec le soleil. On est soumis, un peu comme les navigateurs à voile, aux éléments météo. On avance beaucoup plus vite quand il fait beau. Et c’est plus fatiguant pour les cuisses quand il fait mauvais".

2 500 à 3 000 euros le vélo

Son véhicule, Stéphane l’a conçu et obtenu grâce au soutien de son sponsor "Déclic-Éco". Au total, il ne faut pas dépasser les 2,5 mètres de panneaux solaires lorsqu’on participe au Sun Trip. "Vous le faites selon votre idée. Il n’y a pas deux vélos identiques. Chaque vélo reflète la personnalité de celui qui l’a conçu. Il y a ceux qui aiment le confort, ceux qui aiment la vitesse. Pour moi, je voulais un maximum de surface de panneaux solaires. C’est un peu une gageure de faire tenir ça sur un vélo", confie celui qui a investi entre 2 500 et 3 000 euros dans cet équipement.

Mais le jeune retraité n’en était pas à son coup d’essai. Depuis 2017, il participe chaque année à l’opération. D’abord sur des épreuves moins longues, puis à travers toute l’Europe en 2021 donc. "Je n’ai jamais pensé qu’un jour j'y participerai. Mais il y a eu une édition de 1 200 km en France en 2017 qui me semblait à ma portée. J’ai dit ‘banco, je tente l’aventure !’".

Celui qui dispose d’un diplôme universitaire en écologie et qui utilise fréquemment le vélo dans sa vie quotidienne est aussi touché par la promotion des nouvelles mobilités qui est faite à travers le Sun Trip. "On peut faire des milliers de kilomètres sans utiliser de carburant. L’intérêt du vélo solaire, c’est de pouvoir vous amener plus loin que vos propres forces, mais en toute autonomie".

Le Dijonnais se prépare d’ailleurs au Sun Trip 2022, qui sera traversera les Alpes.