Interdiction des concerts debout : "la situation est usante et doit cesser" selon le directeur de La Vapeur de Dijon

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« Les concerts assis, ça ne tient toujours pas debout ! », c'est le nom d'une pétition en ligne lancée par le syndicat des musiques actuelles et la Fédération des lieux de musiques actuelles. A Dijon, la salle de concerts La Vapeur relaye cet appel visant la levée de l'interdiction des concerts debout.

Les concerts debout sont interdits jusqu'au 24 janvier prochain. Rien ne dit d'ailleurs que l'exécutif ne prolonge pas cette mesure. Conséquence, de nombreuses salles dédiées aux musiques actuelles ont dû annuler ou reporter leurs programmations en ce début d'année.

C'est le cas de La Vapeur à Dijon qui ne peut proposer aucun concert prévu ce mois-ci. Il y en avait une dizaine au programme. Nous avons posé 3 questions à Yann Rivoal, le directeur de cette salle de concerts. 

France 3 Bourgogne : J'imagine que c'est un crève-cœur de devoir annuler ou reporter les concerts de janvier ?

Yann Rivoal : Une nouvelle fois, on est à l'arrêt. Une nouvelle fois, on se retrouve avec des mesures de dernière minute et aucun horizon pour le redémarrage. C'est dur pour le moral. Cette situation est usante, elle doit cesser. Les spectacles de rock et de rap que nous proposions en janvier ne se prêtent pas à des concerts assis avec une jauge ramenée à un quart de la jauge debout. Autant tout le monde a bien voulu jouer le jeu à l'automne 2020. Autant là, les artistes comme nous les programmateurs, nous n'avons plus envie de proposer des concerts de façon dégradée. Il faut reprendre les spectacles où le public circule librement.

France 3 Bourgogne : Vous vous associez à la pétition en ligne « Les concerts assis, ça ne tient toujours pas debout ! », qui a déjà recueilli plus de 10.000 signatures, en la relayant sur vos réseaux sociaux. Pourquoi ?

Yann Rivoal : Parce qu'on craint que cela se prolonge. Or, on ne comprend pas pourquoi nous sommes ainsi ciblés. En Angleterre, les concerts debout continuent d'avoir lieu. Pourquoi en France, peut-on organiser un concert de 500 places assises, mais pas debout ? Nous avons toujours respecté les protocoles sanitaires qu'on nous a notifiés. En décembre, nous avons eu des concerts affichant complet comme Gaël Faye. Tout s'est très bien passé dans une super ambiance. Le public est tout aussi responsable que nous. Les spectateurs portaient le masque, les consommations étaient interdites dans la salle et on a fermé le bar plus tôt. On se sent ni correctement écoutés, ni correctement traités.

France 3 Bourgogne : quelles sont les conséquences  de cette situation sur la filière des musiques actuelles ?

Yann Rivoal : Cela demande de réorganiser toute la programmation. Or, les concerts ne s'envisagent pas de façon isolée. Ils s'intègrent dans des tournées nationales et européennes. Et, même si on recale des dates au printemps ou à l'automne 2022, qui nous dit que le public sera au rendez-vous ? Cet automne, les spectateurs étaient frileux. Les salles de concerts ont enregistré des baisse de fréquentation de 20 à 50%. Chaque nouvel arrêt joue en notre défaveur. C'est dur alors qu'on a constaté le mois dernier un net frémissement, un retour du public à La Vapeur.