"Les hymnes, le stade, ça va être incroyable" : ce Dijonnais va arbitrer France - Angleterre lors du tournoi des 6 nations

Le choc France - Angleterre lors du tournoi des 6 nations aura un goût de Bourgogne. Car parmi les arbitres de la rencontre, il y aura Charles Morel, un jeune homme de 24 ans qui vit à Dijon (Côte-d'Or). Ce samedi 9 mars, il sera également au sifflet du match amical opposant les moins de 18 ans des deux sélections. Portrait.

Il va vivre deux France-Angleterre en une semaine. Charles Morel est arbitre de rugby. Ce samedi 9 mars, il sera au sifflet du match amical opposant les moins de 18 ans des deux pays. La rencontre sera organisée à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Puis quelques jours plus tard, le samedi 16 mars, il sera sixième arbitre du Crunch, qui verra les deux sélections s’opposer dans le tournoi des 6 nations.

Le jeune homme, né à Besançon (Doubs) et installé à Dijon (Côte-d’Or) vit évidemment un rêve éveillé. "C’est vraiment génial. Ce sera du plaisir.  En plus, c’est contre l’Angleterre. Ce sont toujours des matches qui ont une saveur en plus", confie Charles Morel, qui vient de fêter ses 24 ans.

Arbitre en Nationale 1 et Nationale 2

Ce samedi à Chalon, Charles Morel sera arbitre principal. Le match débutera à 18 heures et permettra aux deux équipes de se préparer une dernière fois avant les 6 nations des moins de 18 ans, qui auront lieu en Italie du 30 mars au 7 avril. "Il y a beaucoup d’enjeux. Ça va être super intéressant. J’ai hâte de voir le niveau de jeu car ça reste du très haut niveau international chez les jeunes", analyse le jeune arbitre.

Damien Dauvissat est le conseiller technique arbitral de la ligue de Bourgogne-Franche-Comté. Il s'entraîne chaque semaine avec Charles Morel. Samedi, il l'assistera même lors de la rencontre à Chalon. C'est avec fierté qu'il parle du parcours de celui qui est devenu son ami. "Je suis vraiment content pour lui. Il va découvrir quelque-chose qu'il ne connait pas, un match international, pas loin de la maison. C'est une chance. Pour nous, ce sont des matches de gala".

Charles Morel, responsable d'un premier match de gala, avant d'avoir un rôle important une semaine plus tard. Le 16 mars à Lyon, pour le France – Angleterre dans le cadre du tournoi des 6 nations, séniors donc, il sera sixième arbitre.

Concrètement, il aura la charge du suivi administratif du match, de la gestion des changements, des cartons et des temps de jeu. "On nous demande d’être très rigoureux et précis. Il va falloir allier sérieux et plaisir. Être rigoureux et profiter de l’ambiance autour. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’être désigné sur les 6 nations. Ça va être une expérience incroyable".

Vivre les hymnes, le protocole, voir ce qui va se passer dans le stade, ça va être incroyable

Charles Morel, arbitre de rugby

Charles Morel a été désigné par la Fédération pour arbitrer ces deux rencontres. "C'est un encouragement de la Fédération. Le message envoyé c'est 'tu es jeune, tu évolues bien, continue'. C'est une expérience humaine et sportive qu'il va vivre. On a tous été gamins, on a tous rêvé de jouer pour les Bleus, puis d'arbitrer des matches internationaux ensuite. C'est le début d'une aventure et d'une carrière pour lui", analyse son ami Damien Dauvissat.

Le rubgy, une passion qui se conjugue au pluriel chez les Morel

Chaque week-end, Charles Morel gère des rencontres de Nationale 1 et Nationale 2. En parallèle, il travaille au développement du rugby chez les jeunes, pour la Ligue de Bourgogne-Franche-Comté.

"L’arbitrage, c’est une pratique amatrice pour moi. Il n’y a que les professionnels qui sont à temps plein ou à mi-temps. Je suis en-dessous du groupe professionnel. On a des exigences importantes, avec des déplacements tous les week-ends, beaucoup de travail en amont et après les matches. Il y a des exigences professionnels avec un statut amateur".

Le rugby, c’est une grosse part de ma vie. C’est du travail et de la passion. Mais j’arrive à séparer les deux

Charles Morel, arbitre de rugby

Si aujourd’hui, Charles Morel foule les pelouses en tant qu’arbitre, il y a longtemps joué, au poste de première ligne puis de deuxième ligne. Il faut dire qu’avec des grands-parents fans de rugby et des parents qui y ont joué, le natif de Besançon est tombé dans la marmite très jeune. "Il y a toujours eu des matches de 6 nations et du Top 14 à la télévision", se souvient-il.

Entre 13 et 14 ans, tout en continuant à jouer, il découvre l’arbitrage, qu’il ne lâchera plus. Au lycée militaire d’Autun (Saône-et-Loire), il arbitre des compétitions nationales puis à 20 ans, il commence à gérer des rencontres de Fédérale 3, avec la responsabilité de 45 à 55 matches par saison. "J’ai senti que j’avais plus de facilité à accéder au haut niveau par l’arbitrage que par le jeu".

Bientôt en professionnel ?

Charles Morel troque donc les crampons et les protège-tibias de joueurs pour le sifflet et la montre d’arbitre. "L’arbitrage, c’est un sport d’équipe. Quand je suis sur un match de Nationale, j’ai deux assistants, un représentant fédéral qui s’occupe de l’administratif et on a un superviseur. C’est un vrai fonctionnement d’équipe. Il y a du partage entre les arbitres, avec les joueurs. On retrouve toutes les valeurs du rugby. C’est ce qui me plait dans cette pratique".

Ces opportunités, il faut les saisir et en profiter au maximum. Ça peut donner lieu à des ouvertures

Charles Morel, arbitre de rugby

"Charles, il est grand et costaud, il a la carrure du rugbyman. Et il a l'arbitrage qui va avec. Il a une prestance physique, il est proche des actions, il est respecté. Ça passe très bien avec les joueurs. Cette prestance, elle permet aussi que ses décisions soient plus facilement acceptées", décrit Damien Dauvissat.

Et à seulement 24 ans, pourquoi ne pas continuer à rêver pour lui ? Sans se mettre la pression, avec toujours l’idée de se faire plaisir en tête, Charles Morel a tout de même dans un coin de son esprit l’envie d’arbitrer au plus haut niveau du rugby français. "Ça fait partie des objectifs. Si je peux y arriver, ce sera avec grand plaisir. Mais l’objectif, c’est de s’éclater et d’être le plus performant".

Chaque semaine, le jeune arbitre est noté en fonction des performances qu’il réalise sur le terrain. C’est en obtenant de bonnes évaluations qu’il pourra viser le statut professionnel. Et si les futurs carnets de notes sont bons, pourquoi ne pas voir à l'avenir un arbitre de Bourgogne-Franche-Comté sur les terrains de Top 14 ?