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Météo : le mois de février est si doux que les abeilles se croient au printemps, ce qui les met en danger

Près de 40 % de notre alimentation (fruits, légumes, oléagineux) dépend de l'action fécondatrice des abeilles.
Près de 40 % de notre alimentation (fruits, légumes, oléagineux) dépend de l'action fécondatrice des abeilles.

D’habitude au mois de février, les abeilles sont engourdies dans leurs ruches en attendant le printemps. Mais, la douceur actuelle les fait sortir … ce qui n’est pas sans danger, explique Paul Ferte, directeur général de l’école des hautes études en apiculture de Dijon.  
 

Par B.L. avec Rodolphe Augier


Pourquoi ce mois de février est-il exceptionnel pour les abeilles ?

Depuis une semaine, on a un temps atypique pour un mois de février : on a une vingtaine de degrés avec un grand soleil. Les abeilles sortent. La reine s’est remise à pondre.
La colonie perçoit que les beaux jours sont en train d’arriver et elle est en train de se développer, alors que pendant tout l’hiver, elle avait réduit sa taille et économisé son énergie.

Quels sont les risques d’un temps aussi doux en plein hiver ?

Il y a un risque car il peut encore y avoir des gelées jusqu’à la fin février, en mars et jusqu’au début avril.
Cela pourrait créer un vrai choc dans la colonie et créer des maladies, voire entraîner une mortalité.  

Outre les risques météo, cette douceur inhabituelle peut provoquer des problèmes au sein de la colonie :
-s’il y a trop de larves à prendre en charge et s’il n’y a pas assez d’abeilles pour cela, elles vont mourir.  
-il y a aussi un risque d’épuisement des reines. Quand l’hiver a tendance à raccourcir, la reine va pondre, pondre, pondre… Conséquence : sa longévité va être raccourcie.

 
Illustration. / © Pixabay
Illustration. / © Pixabay

 

Les abeilles trouvent-elles de quoi butiner alors qu’on est en hiver ?

La végétation perçoit aussi ces signaux et la végétation est également en avance.
Le noisetier et le saule marsault commencent à sortir par exemple. Les abeilles ont déjà commencé à rentrer du pollen et du nectar.
 

Que peuvent faire les apiculteurs face à ce phénomène ?

Une année normale, on ouvre les ruches début mars. C’est à ce moment-là que les apiculteurs font le bilan de l’hiver.
Certains ont résisté à la tentation et n’ont pas encore ouvert leurs ruches, d’autres l’ont fait avec trois semaines d’avance.

Mais, dans tous les cas, la colonie est réveillée. Ensuite, l’apiculteur s’autorise ou pas à faire une visite. Certains veulent voir si la colonie a encore des réserves, s’il faut l’aider à finir l’hiver ou si tout se passe bien.

 

Cette sortie précoce d’hivernage concerne-t-elle seulement la Bourgogne ?   

Ce phénomène, on l’observe partout en France. Le sud est encore plus en avance que la Bourgogne.
Il y a deux semaines, il faisait déjà 20 degrés dans le sud, alors que chez nous c’est surtout depuis cette semaine.

 
Les précisions de Paul Ferte



 

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