Mort de Nahel : centre social en feu à Sens, bus incendié à Dijon, maternelle visée à Mâcon... nuit de violences en Bourgogne

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Dans la nuit du 29 au 30 juin, malgré une présence policière renforcée, plusieurs affrontements sont survenus en réaction à la mort de Nahel à Nanterre. A Sens, le centre social en construction a été incendié. Dégradations également à Dijon, mais aussi à Mâcon, Auxerre, Montceau-les-Mines, ou encore Chalon-sur-Sâone.

C'est la troisième nuit de violences urbaines après la mort le 27 juin de Nahel, jeune homme de 17 ans à Nanterre (Hauts-de-Seine) tué par un policier lors d'un refus d'obtempérer.

Des dégradations dans les quartiers de Dijon

C'est vers 22 heures que les premiers véhicules incendiés ont été constatés, dans le quartier de la Fontaine d'Ouche.

Un bus de l'opérateur Divia Mobilités a été incendié dans le quartier des Grésilles, avenue Champollion, aux alentours d'une heure du matin. 

Les CRS déployés dans le quartier des Grésilles ont essuyé des tirs de mortier d'artifice, et ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. C'est dans un jeu de chat et de la souris que les forces de l'ordre étaient impliquées. Les sapeurs-pompiers de Dijon étaient sur le qui-vive toute la nuit pour éteindre des feux de poubelles dans différents quartiers de Dijon, à Fontaine d'Ouche et dans le quartier Junot.

Deux véhicules ont été incendiés rue Léonard de Vinci, entre Dijon et Chenôve. Ce sont en tout 13 véhicules qui ont été incendiés à Dijon durant la nuit. 

Des mesures mises en place dès ce soir

Dans la matinée de vendredi, le préfet de Côte-d'Or, Franck Robine, a pris des dispositions spécifiques, comme le service des bus sera arrêté plus tôt ce soir, à 19 heures, compte-tenu de cet événement. De plus, un arrêté va être pris à partir de lundi, pour interdire totalement le maniement et l’emploi par des personnes non autorisées des feux d’artifice, ainsi que le transport d’essence.

Dans l'Yonne, des bâtiments incendiés à Sens

À Sens (Yonne), le chantier du bâtiment du futur centre social en construction qui devait abriter dès l'an prochain une crèche et la mairie annexe a été incendié dans le quartier des Champs-Plaisants. 

Le maire de Sens Paul-Antoine de Carville (LR) ressent "beaucoup de dégoût" et de "tristesse pour les gens qui habitent ce quartier, qui étaient impatients de voir ce centre sortir, en février prochain."

La réhabilitation du quartier des Champs-Plaisants était un chantier important pour la ville de Sens, une transformation à 120 millions d'euros. Le maire, ancien 1er adjoint en charge des quartiers, fait part de son écœurement : "Ceux qui ont fait ça ont voulu marquer le coup, ils se sont attaqués à un symbole de la ville, et la grande tristesse, c'est un symbole qui est censé s'occuper d'eux. Les habitants ne comprennent pas. Moi-même je suis stupéfait et extrêmement en colère."

Ces violences se sont produites, malgré un renforcement de l'effectif policier sur Sens et Migennes. Le préfet de l'Yonne avait également pris par arrêté des dispositions visant à interdire la vente, l’utilisation et le transport d’engins pyrotechniques du 29 juin à 20h au lundi 3 juillet à 7h, excepté pour usage  professionnel agréé.

Un déploiement important de moyens en Saône-et-Loire

Le département de Saône-et-Loire n'a pas été épargné par les violences urbaines non plus dans la nuit du 29 au 30 juin 2023. Selon la préfecture, ce sont 50 policiers, 59 gendarmes et 248 pompiers qui ont été engagés au plus fort des événements. Le Centre Opérationnel Départemental (COD) a été activé par le Préfet de Saône-et-Loire dès 23h30.

"Les villes de Mâcon, Le Creusot, Montceau-les-Mines et Chalon-sur-Saône ont été touchées par des affrontements entre forces de l’ordre et fauteurs de troubles, qui ont mis le feu à des poubelles et à des véhicules. Des établissements publics ont été visés, notamment la mairie de Sanvignes-les-Mines et l’école maternelle Jean Zay de Mâcon, partiellement dégradées. Le dispositif mis en place par les forces de l’ordre ont permis de rétablir le calme vers 2h du matin."

Le maire de la ville de Mâcon, Jean-Patrick Courtois (LR) a réagi dans la matinée, ce vendredi 30 juin :

"La Ville de Mâcon ne peut qu’exprimer sa plus profonde consternation à la suite des incidents majeurs survenus au cours des dernières heures.
Des années de travail au service des Mâconnaises et des Mâconnais ont été détruits en quelques minutes cette nuit, au nom d’une colère qui ne peut en rien justifier ces actes inqualifiables. Une nouvelle fois, ce sont nos habitants, nos enfants et parmi eux les plus fragiles, qui seront touchés dans leur quotidien par ces comportements inadmissibles."

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