" On est passés de 366 à 35 euros d'aides par mois ", la réforme des APL inquiète certains bénéficiaires

Souhaitée par le candidat Emmanuel Macron et votée par l'Assemblée nationale, la réforme des APL est entrée en vigueur le 1er janvier 2021. Certains ont vu leur allocation baisser de manière significative, mais les partisans de cette réforme défendent un calcul " plus juste ". 

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Illustration. © Vincent Isore / MAXPPP

C'était l'un des changements attendus au 1er janvier 2021. Un temps reportée, la réforme des APL (aide personnalisée au logement) est finalement entrée en vigueur. Son principal changement : les aides sont désormais calculées sur les revenus déclarés des douze derniers mois et non plus sur les revenus perçus deux ans plus tôt.

" On est passés de 366 à 35 euros d'aides par mois "

Mais à la découverte du nouveau montant de leurs aides, certains Français s'en sont émus. C'est par exemple le cas de Gabrielle, mère de famille résidant en Côte-d'Or. Le lundi 4 Janvier, elle et son mari ont eu la mauvaise surprise de constater que leurs APL avaient baissé de près de 90 %. Passant de 366 euros mensuels à 35 euros. " Mon mari est au chômage, il touche 900 euros d'allocation par mois, explique Gabrielle. Moi je suis jugée comme personne à risque face au Covid-19, je suis donc en arrêt depuis le premier confinement et je touche 700 euros d'allocation chômage par mois, 400 euros de la part de l'assurance maladie et 100 euros de prime d'activité ".

Pour cette mère de deux enfants, la réforme est un nouveau problème. " J'ai appelé une conseillère pour essayer de comprendre. Elle m'a expliqué ce nouveau mode de calcul. On a l'impression qu'ils ont encore fait ça dans notre dos, mais maintenant on va tous être dans la merde [sic], les gens vont finir dans la rue ". 

Dans les faits, l'évolution des aides perçues par le foyer sont désormais comptabilisées parmis les revenus déclarés lors des derniers mois. Auparavant, la mère de famille travaillait à mi-temps et avait donc droit à un montant d'aide plus important.

Passé le choc de cette annonce, Gabrielle et son mari ont sorti la calculatrice : " on peut s'en sortir mais il ne faut pas qu'il y ait un pet de travers [sic]. Il ne faudrait surtout pas qu'une voiture casse par exemple parce que là ça serait la catastrophe " .

 

Une réforme pour des aides " plus juste "

Pourtant, ce qui était une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron, se veut être une réforme "plus juste", permettant à chacun de toucher une aide correspondant à ses finances en temps réel. 

Le site internet du Gouvernement, "service-public", précise : " Lors de sa mise en place, les informations sur les ressources des ménages seront actualisées automatiquement tous les trimestres de façon à recalculer tous les 3 mois les droits des allocataires. (...) Pour les personnes dont la situation n'a pas changé depuis 2 ans , il n'y aura pas d'évolution concernant le montant de ces aides. Aucune nouvelle démarche ne sera nécessaire pour percevoir ces aides (le mode de calcul, les critères d'éligibilité et les barèmes ne changeant pas). " 

Face aux émois provoqués par cette nouvelle réforme, la députée (LREM) de la troisième circonscription de Côte-d'Or, Fadila Khattabi défend : " On n'a pas du tout changé le mode de calcul. Si des gens ont vu leurs aides baisser, c'est car leurs revenus ont augmenté au cours des douze derniers mois. "

Aujourd'hui présidente de la commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale, la députée se félicite de cette réforme, qu'elle qualifie de " belle avancée sociale " : " Avec cette réforme des APL on veut éviter que les personnes en difficulté ne le soient encore plus, explique Fadila Khattabi. On veut accompagner au mieux les personnes avant qu'elles ne soient en situation de grande précarité " . 

Avec la réforme, une personne qui se retrouve en situation de précarité ne devra plus attendre deux ans avant de pouvoir toucher une aide au logement. En cette période où la crise sanitaire a entrainé une augmentation de chômage, la députée de la majorité tient à signaler ce point. 

Le mardi 5 janvier, Emmanuel Macron était à la Caisse d'allocation familiale (CAF) de Tours, pour promouvoir la réforme du versement des pensions alimentaires. Une autre réforme sociale très attendue par les Français. 

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