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On a vu “Un Français”, film polémique, en avant-première ce lundi 8 juin à Dijon

"Un Français" raconte l'itinéraire sur une trentaine d'années d'un skinhead, Marc Lopez (interprété par Alban Lenoir) / © Mars Distribution
"Un Français" raconte l'itinéraire sur une trentaine d'années d'un skinhead, Marc Lopez (interprété par Alban Lenoir) / © Mars Distribution

Distribution réduite, "tentatives d'intimidation", agitation sur les réseaux sociaux : le film "Un Français" raconte l'histoire d'un skinhead en voie de rédemption. L’œuvre fait polémique avant même sa sortie, prévue mercredi 10 juin 2015. Une avant-première a lieu lundi 8 juin à Dijon. 

Par AFP


Combien de cinémas vont projeter le film "Un Français" ?

Inspiré de faits réels, "Un Français" raconte l'itinéraire sur une trentaine d'années d'un skinhead, Marc Lopez (interprété par Alban Lenoir) qui colle des affiches de l'extrême droite avec ses amis et s'amuse à frapper des Arabes et des Noirs. Peu à peu, il abandonne la haine qui l'habite, sous le regard ahuri de ses amis.
Polémique Film "Un Français"



"Depuis plusieurs semaines, le film (...) fait l'objet sur les réseaux sociaux d'une spectaculaire campagne de haine attisée par des commentaires violents, agressifs, menaçants autour de sa bande-annonce", déplore le distributeur Mars Films. La sortie initiale envisagée dans une centaine de salles a finalement été ramenée à 65. Le nombre d'avant-premières envisagées a également été revu à la baisse. "Un Français" est interdit aux moins de 12 ans.

Le film "Un Français", tourné par le réalisateur Diastème, raconte l'histoire d'un skinhead en voie de rédemption. / ©
Le film "Un Français", tourné par le réalisateur Diastème, raconte l'histoire d'un skinhead en voie de rédemption. / ©



Le film est-il "quasiment mort-né" ?

"Je me doutais évidemment que cela n'allait pas être simple, mais pas une seule seconde je n'aurais imaginé que des exploitants qui aiment le film ne le prennent pas parce qu'ils ont peur", lâche le réalisateur Diastème, se disant "un peu abattu".

"J'ai raconté l'histoire d'un homme qui se débarrasse de la violence et de la haine en lui. C'est un film de paix. Un film de cinéma", se défend-il. "Et ce que je reçois, depuis quelques semaines, n'est que violence et haine (...) et ce n'est pas du cinéma..." déplore-t-il, craignant que le film soit "quasiment mort-né".

De son côté, le coproducteur du film, Philippe Lioret, se dit "atterré de voir que le film risque de sortir en catimini car les gens ont peur", ajoutant, ne pas comprendre pourquoi "l'exploitation est frileuse". Aux exploitants qui craignent des "échauffourées dans les salles", "je leur dis : n'ayez pas peur", lance-t-il.



Pourquoi le cinéma Devosge à Dijon soutient-il ce film ?

Cyril Jacquens, directeur du cinéma Devosge à Dijon, a lui décidé de diffuser "Un Français" en avant-première ainsi que le jour de sa sortie nationale.
"C'est un film engagé, mais c'est un film d'auteur avant tout, c'est pour ça que dès le départ nous avons souhaité le sortir", explique Cyril Jacquens qui salue "un très bon film".
Selon lui, le film n'est pas "plus dangereux ou plus polémique que n'avaient pu l'être La Haine à son époque ou Ma cité va craquer, qui étaient quand même des films très compliqués à sortir", ajoute-t-il, en estimant que "chacun agit selon sa conscience". "Je pense que c'est surtout un film qui fait peur par son propos ou par l'image qu'il peut dégager", dit-il.

Une page Facebook de soutien, intitulée "Soutien pour la sortie du film Un Français dans les salles" rassemblait plus de 700 membres mercredi 27 mai dans l’après-midi. Le distributeur a confirmé la sortie du film mercredi 10 juin ainsi que sa diffusion en avant-première "dans certaines salles", "malgré toutes les tentatives d'intimidation qui, finalement, en justifient la portée".

 

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