"On ne veut pas être des agents low-cost" : en manque de reconnaissance, la police municipale dans la rue ce samedi

Les policiers municipaux sont en grève ce samedi 3 février. 80 agents se sont réunis devant la préfecture à Dijon, révoltés par leurs conditions de travail, leur statut, et surtout leurs salaires.

Après la police nationale et leur jeudi noir il y a un mois, c'est au tour des agents municipaux de sortir les banderoles devant la préfecture de Dijon. Pendant une heure, ils étaient environ 80 devant les portes de l'établissement. À l'appel d'une intersyndicale, des rassemblements étaient organisés partout en France.

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En cause, des salaires trop faibles et une retraite qui inquiète. Les agents assurent souffrir de la comparaison avec les pompiers. "Ils ont une prime de feu, l’équivalent de notre prime de police, mais eux, elle est prise en compte pour leurs retraites. Actuellement, un agent à 62 ans part en retraite avec 1 200 euros par mois. Les pompiers professionnels ont le même statut que nous, mais ils partent avec beaucoup plus, 1 900 euros minimum", explique Michel Ladant, officiant à Dôle.

"Je vais sur mes 50 ans, j’ai presque 20 ans de carrière", ajoute Sandrine Avrons, agent à Chevigny-Saint-Sauveur. "J’aurais moins de 50% de revenus à la retraite pour des missions qui évoluent quotidiennement. On n’est pas assez considérés. Le métier a changé, son évolution statutaire et salariale aussi."

Un statut qui pose question à quelques mois des Jeux

La police ne manifeste pas seulement pour ses salaires. Leur statut, lui aussi, pose problème lorsqu'ils sont sur le terrain. "On veut éviter d'être une police low-cost. Il y a une carence des effectifs de la police nationale, ce qui fait qu’on prend de plus en plus leurs missions qui ne sont pas prévues au départ."

À quelques mois des Jeux olympiques, la police municipale sera très certainement sollicitée dans l'ensemble du pays. Pour les agents présents devant la préfecture de Dijon, c'est le moment où jamais pour faire pression. "On porte un pistolet, mais si un assaillant fait quelque chose dans une rue et se déplace, on ne peut pas agir. Soit on nous fait intervenir avec les prérogatives nécessaires, soit on arrête tout et on revient 20 ans en arrière, on fait du stationnement gênant et rien d’autre", estime David.

Pour Sandrine Avrons, la grille salariale actuelle n'est pas à la hauteur des missions de la police municipale. "On est les premiers à souvent intervenir, on est de plus en plus confrontés à la délinquance. On est en première ligne et on prend autant de risques que les policiers nationaux et parfois les gendarmes. On veut être reconnus à notre juste valeur."

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