“On s'est sentis méprisés”, témoignages de pompiers de la région dans le cortège à Paris

Des milliers de pompiers sont venus à Paris pour participer à la manifestation organisée à l’appel de syndicats de la profession le 15 octobre.
Des milliers de pompiers sont venus à Paris pour participer à la manifestation organisée à l’appel de syndicats de la profession le 15 octobre.

Ce mardi, à l'appel de l'intersyndicale des sapeurs-pompiers professionnels, une manifestation était organisée à Paris. Comme des dizaines d'autres pompiers venus de toute la France, des Francs-Comtois et des Bourguignons étaient présents dans le cortège. Témoignages. 

Par Léo Marron

Un face à face invraisemblable. Pompiers et policiers s'affrontent aux abords de la place de la Nation à Paris. Les images ont fait le tour des télévisions, les photos ont été placardées dans les journaux. Deux organes de service public qui, d'ordinaire, travaillent main dans la main, devenus les ennemis d'un jour. Une situation "inadmissible" pour David Camus, représentant syndical Fédération Autonome de Côte d'Or. "C'est une volonté politique d'opposer, c'est diviser pour mieux règner. On était là pacifiquement, pas pour taper du flic. On s'est senti agressé."
 


Johann Vuillet est délégué syndical CGT du SDIS 25. Il est parti tôt, au matin du 15 octobre, en bus avec "une petite centaine de collègues" venus de différentes casernes du Doubs. Ils sont arrivés peu avant midi à Paris, aux alentours de la place de la République, et ont ainsi répondu à l'appel de l'intersyndicale nationale. Aux côtés des pompiers, des urgentistes, "tous concernés" par le même combat. Johann Vuillet décrit une ambiance "bon enfant", de la musique, des collègues qui se retrouvent.

Les raisons de la colère
Le cortège s'élance peu après 14h. Direction Bastille puis place de la Nation. Ils sont entre 7 000 et 10 000, venus de toute la France pour dénoncer le manque d'effectifs et de reconnaissance de leur profession. "On est des couteaux-suisses, on nous impose tout et n'importe quoi, il faut se recentrer sur le coeur de notre métier", décrit Johann Vuillet. Il ajoute : "en plus de ça, il y a des collègues agressés et puis les retraites... on est devenus des boucs-émissaires." La colère dure. La grêve aussi, depuis le 26 juin.
 


L'après-midi de la manifestation, une délégation du ministère de l'Intérieur doit recevoir les responsables de l'intersyndicale. Seul absent : Christophe Castaner, en déplacement. "Il y a une mobilisation massive, près d'un quart des sapeurs pompiers professionnels présents à Paris, des mois de revendications et... une réunion qui ne sert à rien", analyse Arnault Pichetti, représentant syndical SNSPP du SDIS 25. "On s'est sentis méprisés" ajoute David Camus, "on était là pour obtenir des résultats, ça n'a rien donné." Selon eux, les raisons de la colère à suivre. 

Face à face tendu
Les délégués syndicaux reçus au ministère de l'Intérieur informent leurs collègues de l'échec de la réunion. Arrivée place de la Nation, les premiers heurts commencent. Certains manifestants tentent de bloquer le périphérique parisien. D'autres décident de partir. Dans la confusion, tous se retrouvent face aux forces de l'ordre. "Je comprends la colère de certains collégues, même si on est pas là pour embêter les gens", témoigne Arnault Pichetti. "On est pompiers, on est quand même pas des violents. Moi, j'ai un collégue hospitalisé depuis hier", ajoute David Camus. 
 


Un face à face tendu... et des questions. Le mouvement de grêve est-il en train de se durcir ? "Oui" repond David Camus, "Mais pas un durcissement violent, nous sommes opposés à ce type d'actions et nous ne voulons pas embêter les gens et les commerçants. Par contre il faudrait réfléchir à des moyens de pression." Pour les pompiers, un dernier espoir pour se faire entendre... et être pris au sérieux. "Il va falloir mettre en place des actions coup de poings surtout dans des lieux où ça embêterait les politiques... bloquer la foire de Dijon ou la vente des vins de Beaune par exemple", conclut David Camus. Des pompiers déterminés à continuer la lutte, sur tous les terrains, en régions ou à Paris. 

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