Place de la République à Dijon : un collectif pour que la fête "ne soit pas finie"

Publié le
Écrit par François Latour .

L'arrêté préfectoral de fermeture à deux heures du matin des établissements de nuit place de la République à Dijon est entré en vigueur mardi 6 décembre. En réaction, deux employés de bars ont créé un compte sur les réseaux sociaux pour que "la fête ne soit pas finie" à Dijon.

La page sur les réseaux sociaux s'est créée à la suite de l'arrêté préfectoral suspendant la dérogation pour cinq bars à ambiance musicale. En effet, sur une durée de six mois, leur horaire de fermeture de 5 heures du matin a été ramené à deux heures du matin, une mesure de droit commun en Côte-d'Or.

"Ça ne changera pas les problèmes de sécurité"

Ils sont deux employés de bar, pour qui la fermeture à deux heures, ça ne passe pas : Cathy et Maxime ont créé une page sur un réseau social intitulée "Collectif Dijon la fête n'est pas finie !", dès jeudi 8 décembre. Cathy est employée au "Smart" et Maxime travaille au "Beverly", deux bars concernés par l'arrêté préfectoral. 
Pour Maxime, cet arrêté " ne résout rien. Le préfet pense que les problèmes de la place de la République viennent des établissements de nuit. Alors que non, c'est plutôt nos clients qui se font agresser sur cette place. Nos clients qui sortiront à deux heures du matin se feront toujours agresser sur cette place. Ça ne changera pas les problèmes de sécurité place de la République."

Des répercussions économiques

Maxime commente l'impact de l'arrêté sur l'activité économique des établissements : "On a des collègues qui se sont fait licencier, ça va causer de grosses pertes. On est 5 établissements dans le même bateau. Nous, au Beverly, on a arrêté de prendre des extras. On va peut-être licencier. C'est pour cela qu'on veut se battre, et sauver nos emplois. C'est une perte de chiffre d'affaire de 80%, on perd la clientèle entre 1h30 et 3h30." Les prestataires comme les disc-jokeys, auto-entrepreneurs et personnels de sécurité "vont être aussi impactés", assure-t-il.

Autre effet de l'arrêté, les clients ne sont pas informés ! Maxime témoigne de sa fin de service dans la nuit de jeudi à vendredi : "À deux heures du matin, on met 200 clients dans la rue. On a eu des clients qui se sont présentés à deux heures à la fermeture, ils n'étaient pas au courant ! La fête est finie à deux heures du matin à Dijon, rentrez chez vous !"

Ce que l'employé de bar dénonce, c'est aussi l'effet de cette décision sur l'aspect attractif de la ville : "On est une ville universitaire, on a énormément d'étudiants, on a des soirées étudiantes tous les jeudis. Ces étudiants, on les met dans la rue, ils vont rentrer chez eux, ils vont boire, il n'y a pas de règles ! Dans nos établissements, les gens sont en sécurité."

"On va louer des AirBnB !"

Maxime rapporte des propos qu'il a entendu jeudi soir, de la part de clients déçus de finir à deux heures du matin leur soirée : "On a des clients qui nous ont dit 'puisque c'est comme ça, on va louer des AirBnB au lieu de louer une table chez vous. 500 euros, on va acheter de l'alcool au supermarché, on va mettre une enceinte, de la musique et on va faire la fête.'" 

Une dérive probable est aussi la multiplication de fêtes clandestines dans des lieux privés ou bien une augmentation du risque routier : "Il va y avoir beaucoup de fêtes sauvages, et les jeunes vont davantage prendre la route. La discothèque proche est à Saint-Marcel, du côté de Chalon-sur-Saône. Ils vont faire 60 kilomètres pour se rendre en discothèque. Nos jeunes vont se tuer en voiture, faut pas se le cacher."

Le collectif a prévu de se réunir samedi 10 décembre, pour convenir de futures actions à mener, car "la fête n'est pas finie".

Une pétition en ligne par des usagers mécontents

Depuis le 17 novembre, date à laquelle le Préfet avait soulevé la possibilité de suspendre la dérogation de fermeture tardive pour les bars à ambiance musicale, une pétition en ligne a été créée.

Sur le site change.org, la pétition "Non à la fermeture des établissements de nuit dijonnais à 2 heures" a déjà rassemblé plus de 1000 signatures, et espère atteindre les 1500 : "Dijon est une ville étudiante, dynamique ou il fait bon de s'amuser. A partir du week end prochain, on nous supprime ce droit. Le droit de faire la fête comme nous savions si bien le faire. Nous voulons continuer à nous amuser, danser, chanter, retrouver nos amis à la Salsapelpa, à la Belle Epoque, à la Rhumerie Jamaïque, au Smart et au Beverly. "

Un arrêté préfectoral en date du 6 décembre

L'arrêté préfectoral suspendant la dérogation horaire des bars à ambiance musicale a pris effet le 6 décembre. Un arrêté de six mois, effectif dès mardi soir "à l’issue d’une phase d’échanges prévue par le cadre réglementaire avec les établissements qui ont pu faire part de leurs observations. Le préfet

s’est également entretenu avec le président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) à deux reprises, ainsi qu’avec les responsables de plusieurs établissements", selon un communiqué de la Préfecture de Côte-d'Or.

Le communiqué indique aussi une fermeture à une heure du matin pour les établissements de restauration rapide situés aux abords de la place de la République : "le maire de Dijon, a pris un arrêté municipal visant à limiter à 1h du matin les horaires d’ouverture des établissements de restauration rapide situés aux abords immédiats de la place de la République et de l’avenue Garibaldi."

Le communiqué fait état d'une "présence accrue" de la police municipale, menant "des opérations conjointes avec la Police nationale."

Pour finir, le communiqué rappelle que le préfet s'est engagé auprès de l'UMIH (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie) dressera un bilan de la décision dans quelques mois.

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