Pourquoi une consultation est-elle lancée sur la réforme de l’Assurance chômage ?

Une femme travaillant à Pole Emploi à Pontarlier est soupçonnée d'avoir détourné la somme de 260.000 euros. / © PASCAL GUYOT / AFP
Une femme travaillant à Pole Emploi à Pontarlier est soupçonnée d'avoir détourné la somme de 260.000 euros. / © PASCAL GUYOT / AFP

Les nouvelles règles d'indemnisation de l'assurance chômage entrent en vigueur vendredi 1er novembre. Le gouvernement espère ainsi infléchir la courbe du chômage. Mais, les syndicats estiment que cette réforme risque de plonger davantage de personnes dans la pauvreté.
 

Par avec AFP

Que va changer la réforme de l’Assurance chômage ?

Le premier volet de la réforme de l'assurance-chômage entre en vigueur le 1er novembre 2019.

Les règles de l'accès à l'indemnisation changent : il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur les 28 derniers. Le seuil permettant un rechargement des droits sera également de six mois contre un aujourd'hui.

Parmi les points marquants de cette réforme, il y a aussi la dégressivité pour les hauts revenus au bout de six mois (les 57 ans et plus ne sont pas concernés).
      
"Quand le marché est dynamique, il faut retourner à l'emploi. Il y a 700 000 offres d'emploi, là, disponibles tout de suite" à Pôle emploi, assure Muriel Pénicaud. "Même avec six mois, on est un des pays les plus généreux d'Europe", ajoute la ministre du travail.

  


Pourquoi une consultation sur l’Assurance chômage est-elle lancée ?

"Conditions d'ouverture des droits, calcul du montant et de la durée d'indemnisation, rechargement des droits... Les nouvelles règles de l'assurance chômage vont affecter durement les hommes et les femmes qui connaissent le chômage", prévient l'association  Solidarités nouvelles face au chômage (SNC).

Elle a donc décidé de lancer une consultation sur les effets de la réforme, main dans la main avec la CFDT, l'Unsa, la fédération des acteurs de la solidarité, ATD Quart monde et le mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). L’objectif est d’évaluer "les conséquences directes et concrètes" de ces changements controversés.

La consultation, qui est anonyme, est lancée le 1er novembre sur le site internet sncexpressions.fr
Tout le monde peut y participer par contribution libre, mais on peut aussi remplir un questionnaire. Les premiers résultats seront connus le 1er avril 2020, le jour de l'entrée en vigueur d'une deuxième série de mesures.

 

 

Pourquoi cette réforme de l’Assurance chômage est-elle si critiquée ?

Un demandeur d'emploi indemnisé sur deux sera touché par cette réforme comprenant des mesures qui "vont particulièrement pénaliser les personnes les plus en difficulté", estime l'association Solidarités nouvelles face au chômage.

"Cette réforme repose sur le principe parfaitement erroné que les chercheurs d'emploi choisissent de ne pas travailler. Il est donc urgent de rappeler que le chômage n'est pas un choix et que le régime d'assurance chômage doit, contrairement à ce qui s'annonce, protéger celles et ceux qui sont le plus exposés au risque", explique Vincent Godebout, délégué général de SNC.

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, est également très remonté contre cette réforme, qu'il qualifie de "tuerie". La CDFT a écrit aux parlementaires pour les alerter des "conséquences terribles" de cette réforme. "Des efforts inédits et colossaux sont exigés des demandeurs d'emplois les plus précaires, des jeunes et ceux qui alternent périodes de travail et de chômage", dit le syndicat.
 

Où en est le chômage en France ? 

Le nombre de chômeurs a continué de légèrement diminuer au troisième trimestre (-0,4%), selon des chiffres publiés par Pôle emploi vendredi 25 octobre 2019.
La France comptait en moyenne entre juillet et septembre 3,617 millions de personnes inscrites en catégorie A (3,364 millions en métropole), soit 15 800 de moins qu'au trimestre précédent, où la baisse était quasi identique. Sur un an, le recul est de 2,4%.
 


En Bourgogne-Franche-Comté, le chômage a augmenté de +0,4% au 3e trimestre 2019, mais il a diminué de - 0,4 % sur un an.

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