Réforme des retraites : les syndicats durcissent la grève face au projet du gouvernement

A Dijon, des représentants syndicaux écoutent les propositions du Premier ministre sur la reforme des retraites mercredi 11 décembre 2019. / © Gabriel Talon
A Dijon, des représentants syndicaux écoutent les propositions du Premier ministre sur la reforme des retraites mercredi 11 décembre 2019. / © Gabriel Talon

Le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé le contenu du projet de réforme des retraites. Ces propositions suscitent l’opposition unanime des syndicats qui ont décidé de durcir la grève.
 

Par B.L.


Le gouvernement veut supprimer les 42 régimes de retraite actuels pour les remplacer pour un système universel "par points".

"Nous proposons un nouveau pacte entre les générations. Un pacte fidèle, dans son esprit, à celui que le Conseil national de la Résistance a imaginé et mis en oeuvre après-guerre", a expliqué le Premier ministre mercredi 11 décembre 2019.

Mais, les propositions faites par le chef du gouvernement ont renforcé le mécontentement général, notamment quand il a évoqué l'instauration d'un "âge d'équilibre" à 64 ans pour pouvoir toucher une retraite à taux plein.

Résultat : même les syndicats dit réformistes comme la CFDT appellent désormais à rejoindre la mobilisation menée par l'intersyndicale (FO-CGT-FSU-Solidaires et quatre organisations de jeunesse).
La CFTC et l’UNSA, qui ne sont pas non plus opposés au système à points, sont  aussi très mécontents.

Une unanimité qui se devrait se retrouver notamment lors des manifestations prévues jeudi 12 et mardi 17 décembre.

Quant aux grèves dans les transports en commun, elles devraient se poursuivre : il n'y aura "pas de trêve pour Noël, sauf si le gouvernement revient à la raison avant ça", a affirmé Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots,  jeudi 12 décembre. 

Reportage de Gabriel Talon, Isabelle Rivierre et Chantal Gavignet avec :
-Clément Legros, militant CGT Educ’action
-Franck Backes, délégué syndical SEB
-Sandrine Mouret, secrétaire départementale CGT 21


Quel est le calendrier du projet de réforme des retraites ?

-22 janvier 2020 : présentation du projet de loi en conseil des ministres.

-Fin février 2020 : début de l'examen du texte au Parlement.

-Eté 2020 : vote de la loi et fin des discussions avec les syndicats d'enseignants pour "fixer le cadre sur les 10 prochaines années de la reconstruction des rémunérations, des carrières et des organisations du travail".

-Fin 2020 : un "simulateur" permettant à chacun de calculer sa future pension de retraite sera disponible "dans les 3 à 6 mois après le vote". En attendant, "une batterie de cas-types" illustrera les effets de la réforme pour diverses professions.

-1er janvier 2021 : "Au plus tard", mise en place de la "nouvelle gouvernance" du système universel de retraite, qui sera "confiée aux partenaires sociaux, sous la supervision du Parlement".

-2021 : premières "revalorisations" pour les enseignants, "nécessaires pour maintenir le niveau des pensions", en mettant "l'accent sur les débuts de carrière".

-1er janvier 2022 : création d'un "âge d'équilibre" au-delà de l'âge légal de départ (maintenu à 62 ans), avec "un système de bonus-malus" de 5% par année manquante ou supplémentaire.

Si les partenaires sociaux ne trouvent pas d'accord sur ce point, cet âge sera fixé à 62 ans et 4 mois, puis augmentera de 4 mois par an, jusqu'à 64 ans en 2027.

-2022 : la génération 2004, qui aura alors 18 ans, "sera la première à intégrer le "système universel de retraite" et à cotiser dans le nouveau régime pour ceux qui travailleront.

Les jeunes fonctionnaires recrutés à partir de cette date cotiseront sur l'ensemble de leur rémunération, primes comprises.
Pour les travailleurs indépendants, baisse de CSG et hausse de cotisation retraite.
Pour tous, minimum de pension revalorisé à 1 000 euros net pour une carrière complète au Smic.

-2025 : la génération 1975, qui aura alors 50 ans, basculera dans le système universel. Les droits acquis auparavant seront "garantis à 100%" et convertis en points. Cela représentera au départ "70% de la retraite calculée selon l'ancien système", auxquels s'ajouteront les points cotisés dans le nouveau régime.
Pour ceux qui pourront partir à 57 ans (pompiers, douaniers, agents de maintenance SNCF/RATP) ou 52 ans (policiers, contrôleurs aériens, conducteurs SNCF/RATP), les premiers concernés seront respectivement les générations 1980 et 1985.

Par ailleurs, tous les fonctionnaires et salariés des régimes spéciaux cotiseront sur l'ensemble de leur rémunération, primes comprises.
Le minimum de pension pour une carrière complète sera fixé à 85% du Smic.

-2027 : pour ceux qui auront un âge légal à 62 ans, "l'âge d'équilibre" atteindra 64 ans, avec un "malus" pour ceux qui partiront à la retraite avant et un "bonus" pour ceux qui cotiseront au-delà.

-2037 : la génération 1975, première à essuyer les plâtres du "système universel", aura 62 ans et pourra commencer à faire valoir ses droits à la retraite. Les pensions liquidées "intégreront progressivement une proportion croissante du nouveau système".

-2066 : la génération 2004, qui aura effectué toute sa carrière dans le "système universel", pourra commencer à partir à la retraite, si l'âge légal est toujours maintenu à 62 ans.


 
Reportage de Frédéric Cuvier, Romy Ho-A-Chuck et Philippe Sabatier avec :
-Florence Berthaud, déléguée départementale Alliance
-Laurent Chauvenet, délégué local Unité GP Police FO
 

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