TEMOIGNAGES. “On leur doit beaucoup”, ces associations qui épaulent les malades du cancer

Pendant qu'elle était à l'hôpital pour son cancer, Manon Thunot a suivi des séances de zoothérapie. / © DR
Pendant qu'elle était à l'hôpital pour son cancer, Manon Thunot a suivi des séances de zoothérapie. / © DR

Pour la journée mondiale contre le cancer, nous avons décidé de nous intéresser aux associations qui aident les malades et les familles. En Bourgogne, c’est notamment le cas de Coup d’Pouce. La structure tente d’améliorer les conditions de vie des enfants touchés par le cancer.

Par Valentin Chatelier

En 2012, alors qu’elle a seulement 12 ans, Manon Thunot est diagnostiquée d’un cancer : un lymphome. S’en suivent de nombreux traitements, un an et demi de chimiothérapie. Et surtout un mois et demi au CHU de Dijon, jour et nuit, sans pouvoir sortir de sa chambre d’hôpital. Ce n’est qu’en octobre 2019 qu’elle est officiellement déclarée guérie.

A priori, elle devrait aujourd’hui tout faire pour éviter les hôpitaux. Et la jeune femme de 20 ans aurait dû garder de très mauvais souvenirs de ses nombreux passages au CHU de Dijon. "J’en ai, forcément. Mais pas trop. Je ne l’ai pas trop mal vécu", confie-t-elle.
 

Piano et zoothérapie


Car la jeune femme a bénéficié de l’aide de l’association Coup d’Pouce, qui accompagne les enfants atteints d’un cancer et leur famille. "J’avais deux séances de zoothérapie par semaine. Je crois que je n’ai pas loupé une seule séance. J’ai aussi appris à jouer du piano à l’hôpital. En fait, ça permet de sortir de la chambre d’hôpital. C’était hyper cool ! On pense à autre chose, on se raccroche à quelque chose d’autre. On est occupé, on ne voit pas le temps passer. Et ça aide énormément", se souvient-elle.
 
Pendant son mois et demi 24h sur 24 dans sa chambre d’’hôpital, Manon Thunot a également pu avoir ses parents à côté d’elle. L’association Coup d’Pouce permet aux parents d’avoir un lit dans la chambre de l’enfant malade.
 

Si j’avais été toute seule, ça aurait été beaucoup plus compliqué. Là, j’avais toujours un de mes deux parents qui dormait avec moi. Et puis il y avait la télévision, les jeux, tout ça financé par l’association. Ça donne un climat beaucoup plus confortable, même si le traitement est lourd.


Aujourd’hui, elle est en 3e année de médecine, à Dijon. Et veut se spécialiser… en pédiatrie. Son père, lui aussi, n’a pas vraiment pu s’éloigner des hôpitaux et de l’association Coup d’Pouce. Il en est même devenu président en 2016.
 

Retours d’expériences


Thierry Thunot se rappelle très bien du diagnostic de sa fille, après deux mois de tâtonnements des médecins sur la maladie. "Ça a été violent. Du jour au lendemain, on passe de ‘c’est rien’ à ‘c’est un cancer’. On est tout de suite perdu. L’association m’a permis de trouver mes marques", confie Thierry Thunot. Il se souvient notamment des "pauses".
 

Ce sont des rencontres autour d’un café et d’un croissant entre des parents dont les enfants sont hospitalisés et des parents de l’association ayant connu cette période difficile. Il n’y a pas de conseils médicaux, ils ne sont pas médecins, mais plutôt des conseils pour l’organisation et des retours d’expériences.


Avec son équipe d’une trentaine de bénévoles, le nouveau président de Coup d’Pouce fait près de 200 interventions par an, auprès de partenaires, de mécènes, de médias. "Un juste retour des choses", selon lui. Car pour financer les lits des parents, les consoles de jeux dans les chambres, la nouvelle cuisine pour les parents au sein du CHU de Dijon, la machine à laver et le sèche-linge, la zoothérapie, la musicothérapie, les voyages… l’association ne reçoit pas de subventions. Chaque année, le CHU de Dijon s’occupe de 40 enfants atteints d’un cancer.

Dernier projet lancé par Coup d’Pouce : un robot qui peut aller à l’école… à la place de l’enfant malade. "Il peut le piloter directement depuis son lit d’hôpital. Ça lui permet d’aller en cours, de répondre aux questions des professeurs. Ses camarades peuvent le voir grâce à l’écran sur le robot. Ça a lancé hier dans un collège de Saône-et-Loire. C’est très important que les enfants gardent des relations sociales et puissent aller en cours", précise Thierry Thunot. Un deuxième robot a été financé, mais n’a pas encore été mis en place.
 
Ce robot permet à un collégien, atteint d'un cancer, d'assister aux cours à distance / © DR
Ce robot permet à un collégien, atteint d'un cancer, d'assister aux cours à distance / © DR
 

22 000 patients par an au centre Georges-François Leclerc


Gilles Truc, cancérologue au centre de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc, à Dijon, considère que ces associations sont très importantes pour les malades et leurs familles.
 

"Nos assistances sociales ont un réseau d’associations dans la région qui peuvent venir en aide aux patients, détaille le cancérologue. On essaie de permettre au patient d’avoir un soutien maximum sur toutes les problématiques liées au cancer, pour vivre mieux. Maintenant, on sait par exemple que le sport est très important dans la lutte contre le cancer. On oriente les patients vers des structures pour qu’ils puissent faire du sport dans de bonnes conditions. Sur le centre même, mais aussi à l’extérieur".

22 000 personnes atteintes d’un cancer passent chaque année au centre de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc, dont près de 6 500 nouveaux cas. Selon l’institut national du cancer, 382 000 nouveaux cancers ont été détectés en France en 2018.

 

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