Tourisme en Bourgogne-Franche-Comté : la saison repart !

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La Région Bourgogne-Franche-Comté proposait une présentation du lancement de la saison touristique 2022 ce jeudi 19 mai. Cette saison fait figure de retrouvailles avec les touristes, après deux ans de crise sanitaire. Si le démarrage de la saison semble prometteur, il faut aussi innover pour les années à venir.

La saison touristique 2022 se présente plutôt bien ! Le Comité Régional du Tourisme (CRT) de Bourgogne-Franche-Comté affirme que le niveau de fréquentation touristique des 4 premiers mois de l'année a retrouvé celui d'avant la crise sanitaire.

Les touristes français à la rescousse

Selon Patrick Ayache, président de Bourgogne-Franche-Comté Tourisme, le niveau de nuitées de clientèle extra-régionale a dépassé le nombre de nuitées de 2019 : de 7 millions de nuitées (tous établissements confondus), ce sont 8,5 millions de nuitées atteintes en 2021.

Alors que contre 8 millions de nuitées pour la clientèle étrangère, ce sont 6,5 millions de nuitées atteintes en 2021, soit près de 20% de moins.

La fréquentation des touristes français dans notre région est donc en augmentation et permet de compenser la disparition d'une partie de la clientèle étrangère. "Le bilan de ces quatre premiers mois est très bon" affirme Patrick Ayache. 

Pour l'instant, selon des sondages effectués par le CRT, les intentions de visite pour la Bourgogne-Franche-Comté "ne sont que de 5%", mais "le touriste moyen réserve souvent le plus tard possible". Mais ce niveau de réservation est "quasiment le double ce qui était constaté en 2021", "la saison va être bonne !"

Néanmoins, si les réservations vont arriver, le Président de Bourgogne-Franche-Comté tourisme émet un petit bémol au sujet de la période de crise actuelle : "est-ce que le panier moyen des touristes va être le même, j'ai quelques doutes là-dessus."

L'interview de Patrick Ayache, au sujet du démarrage de la saison touristique :

Autre sujet, la fragilisation des structures touristiques, hôtelières et restaurants, qui subissent une crise du recrutement. Devant la pénibilité des horaires et des tâches, Patrick Ayache affirme que le CRT "accompagne ces opérateurs et le Conseil Régional s'y penche d'une façon extrêmement sérieuse."

L'interview de Patrick Ayache, au sujet de la fragilité du secteur de l'hôtellerie-restauration :

Un exemple de visiteurs fidèles de la Région : les touristes allemands

Les touristes allemands représentaient en 2019 la 2ème clientèle internationale des hôtels et établissements de plein air de Bourgogne-Franche-Comté, avec 219 000 nuitées d'hôtel, ainsi que 344 000 nuitées de camping (source Insee).

Néanmoins, un fléchissement de la fréquentation de la clientèle allemande a été constaté sur les deux dernières années, d'une part lié aux restrictions sanitaires, et d'autre part lié à certaines habitudes de sédentarisation des allemands. De plus, certaines restrictions viennent d'être levées en Allemagne.

Le démarrage touristique va s'effectuer de façon décalée et a été "ressenti en mars-avril", selon Joachim Schweda, président de "Touren Service", un grossiste travaillant dans le domaine de la réservation de bus pour le compte des tours-opérators.

L'avantage de notre Région, c'est "la proximité géographique" des bassins de population allemands. Joachim Schweda donne l'exemple d'habitants de Berlin, pour qui il faut parcourir 700 à 800 kilomètres pour rejoindre la Bourgogne-Franche-Comté. "Pour Paris, cela fait déjà 1000 kilomètres, et les châteaux de la Loire, 1200-1300 kilomètres."

Si la distance joue déjà un rôle dans l'attractivité, c'est aussi le type de tourisme qui est proposé qui peut avoir une influence dans le choix des touristes allemands : "Tout dépend aussi des sujets sur lesquels on communique", précise Joachim Schweda. "On communique ici dans la région sur la nature, sur le vin, sur la gastronomie, qui sont des sujets qui intéressent également les allemands."

A noter le rôle que va jouer la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin de Dijon dans cette attractivité : "elle est déjà cité dans nos plaquettes publicitaires pour 2023, nous travaillons déjà sur la prochaine saison. La saison touristique actuelle est lancée. Il est sûr que la Cité de la Gastronomie va être un atout important pour la Région !" assure Joachim Schweda.

L'interview de Joachim Shweda, président d'une société grossiste pour affréter les autocars des tours opérators allemands :

La Région mise sur un tourisme "social"

La Présidente de Région, Marie-Guite Dufay, confirme que le contexte est "optimiste", mais il est "anormal" selon elle. "L'augmentation des prix, les problèmes de recrutement chez les restaurateurs nous montrent que malgré tout, le contexte est anormal. Nous sommes rentrés dans un contexte de hausse de prix !"

La Région répond à cette hausse en divisant par deux le prix de son "Pass Découverte" : le Pass'Découverte, lancé en 2020 conjointement à la campagne "Sortez chez vous", à la sortie du premier confinement, permet de visiter plus de 120 sites au choix dans la Région.
Il se voit maintenant proposé au "tarif solidaire" : pour 40 euros par an (adulte) ou 20€/an (enfant), le "Pass découverte" permet de découvrir musées, abbayes, châteaux, citadelles, location de vélo, rosalies, visites guidées, excursions en bateau, centre d'art contemporain...

2700 habitants de Bourgogne-Franche-Comté ont bénéficié du Pass Découverte depuis son lancement en 2020.

Le tourisme d'affaires est concerné

Ce marché est porteur : 15% des touristes venant en Bourgogne-Franche-Comté le font pour un motif professionnel.

Le secteur de l'événementiel a lui aussi été impacté par la crise sanitaire. La Région BFC a donc décidé d'accompagner la profession en opérant une révolution digitale, pour se maintenir dans le flot de la compétition mondiale. La Région a investi 1 million d'euros pour la mise en place d'une plateforme numérique : "Connect Events" pour générer des salons 4.0

Cela permet d'organiser des salons, foires, événements virtuels et hybrides. 

Le projets est porté par les deux pôles de congrès en BFC : Dijon Congrexpo et le Parc des Expositions et des congrès Micropolis (Besançon)

L'hybridation des évènements permet de toujours conserver des visiteurs en présentiel, mais permet de gagner davantage de participants issus de territoires plus lointains.