Côte-d'Or : achetées pour rien puis maquillées, ils revendaient des épaves des milliers d'euros

Publié le Mis à jour le
Écrit par Gaël Simon .

La brigade de recherche de Dijon a annoncé ce mardi 9 février avoir dernièrement procédé à l’arrestation d’une dizaine de personnes. L’organisation réparait sommairement des épaves, et les revendait illégalement à des particuliers.

Ils achetaient des voitures à restaurer pour 300 euros, et les revendaient à prix d'or. La brigade de recherche de la gendarmerie de Dijon a démantelé un trafic international de véhicules. Au total, une dizaine d’individus, tous ressortissants roumains, ont été interpelés la semaine dernière puis placés en garde-à-vue. Trois ont été déférés au parquet pour "travail illégal et blanchiment en bande organisée". Une quinzaine d’autres personnes ont également été auditionnés.

"C’est une structure parfaitement organisée qui travaillait de manière efficace. Ils ont pu traiter un certain volume de véhicules, dans des délais réduits, en dehors de tout cadre légal et réglementaire", indique le commandant Rémi Muller.

Les mis en cause récupéraient ainsi des voitures épaves, procédaient à des réparations sommaires afin de maquiller les véhicules et les revendaient ensuite pour des sommes importantes sur la plateforme Le Bon Coin. Ils agissaient depuis 2019.

Un préjudice de 150 000 euros

"En un an et demi, ils ont réalisé un chiffre d’affaires de deux millions d’euros, pour un préjudice sociale de 150 000 euros, auprès des victimes, clients et acheteurs, mais aussi de l’administration fiscale et sociale", renseigne le gendarme.

On a l'exemple d'un véhicule acheté 300 euros, puis revendu 4 000 euros.

Commandant Muller, gendarmerie de Dijon

La section de recherche de Dijon a alors saisi près de 35 000 euros en numéraire et une dizaine de véhicules. L’argent du trafic était réinvesti dans des biens immobiliers, notamment en Roumanie.

Neuf mois d'enquête

Les agents de la gendarmerie ont pu remonter la filière à partir de la découverte d’une voiture incendiée près du territoire de Genlis en mai 2020. "À travers l’exploitation des fichiers, on a découvert que ce véhicule n’était pas déclaré selon les règles. Des premières investigations ont permis de démontrer qu’une personne disposait d’un nombre important de véhicules, ce qui laissait envisager qu’il y avait un commerce organisé illégalement", raconte le commandant Rémy Muller.

En marge de cette affaire, la gendarmerie appelle à la prudence des potentiels acquéreurs de véhicule, notamment sur les plateformes en ligne. "Cette organisation prenait un image de professionnels. Il faut toujours s’assurer du caractère professionnel des interlocuteurs, prendre du temps pour une vente ou un achat et exiger des factures et une traçabilité des véhicules achetés ou vendus".

La section de recherche de Dijon incite notamment à se renseigner sur le propriétaire du véhicule et à éviter les paiements en numéraire.

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