La ville de Dijon veut devenir « écojardin »

© Jardin des sciences de Dijon
© Jardin des sciences de Dijon

La ville de Dijon veut devenir une référence en matière écologique. Classée depuis des années ville fleurie avec « 4 fleurs », elle veut aujourd’hui aller plus loin et obtenir un label « écojardin »

Par Muriel Bessard

Dijon veut obtenir un label « écojardin » sur plusieurs de ses espaces verts (le Jardin des Sciences l’a déjà) comme le parc de la combe à la serpent, le lac Kir ainsi que le cimetière des Péjoces. Pour Patrice Château, adjoint au maire délégué à l’environnement, « ce label salue la dynamique de villes engagées, comme nous, dans un fleurissement plus naturel, dans la préservation de la biodiversité et dans des pratiques culturales plus respectueuses de l’environnement. »
Pour justifier ce projet a ville de Dijon met en avant l’abandon des produits phytosanitaires, la gestion différenciée de ses espaces verts, la création de nouveaux espaces verts (1 mètre carré d’espace vert pour 1 mètre carré de construction), la mise en place d’un plan biodiversité (piloté par  le Jardin des sciences, agit cen faveur des circuits courts, de la biodiversité (végétaux, insectes, animaux)…
Parmi les actions phares ou insolites que la cité des Ducs a mises en place, il y a l’implantation de prairies urbaines sur certaines places publiques au lieu des traditionnels fleurissements, la création de la forêt des enfants sur le plateau de La Cras ou l’introduction du mouton pour une opération d’écopâturage à la combe à la Serpent !

Les chiffres-clés de la biodiversité urbaine à Dijon

  • 820 hectares d’espaces verts
  • 0 phyto : plus aucun pesticide ni herbicide à Dijon !
  • 127 hectares de trottoirs
  • 12 000 arbres d’alignement dans 365 rues et places, 1400 arbres le long du tramway, 30 000 arbres dans les parcs (dont 830 à la Colombière) et 2500 dans les 78 groupes scolaires de la ville
  • 116 espèces végétales différentes recensées au pied des arbres
  • 200 à 300 espèces d’insectes différentes dans les prairies fleuries de la ville
  • Plus de 100 ruches dans le cadre du programme « miel de Dijon »
  • 160 hectares : le plateau de La Cras (domaine viticole, forêt des enfants…)
Le rucher de Dijon avait été officiellement installé le 25 mai 2013
Le rucher de Dijon avait été officiellement installé le 25 mai 2013


Qu’est-ce que le label « écojardin » ?

Le label « écojardin » existe depuis 2012. C’est une distinction accordée à des parcs ou des jardins dont la gestion est jugée écologique selon une grille d’évaluation complète. Le parc ou le jardin candidat doit remplir cette grille qui comporte de nombreux critères quantitatifs et qualitatifs. Le label est attribué pour 3 ans. Aujourd’hui, 300 sites sont labellisés en France. En 2015, 81 espaces verts répartis sur toute la France se sont vus décerner le label national EcoJardin et 21 sites ont vu leur labellisation renouvelée pour 3 années supplémentaires.
© Jardin des sciences de Dijon
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Quels sont les critères d'évaluation? 

Les grilles d’évaluation présentent un socle commun et se déclinent ensuite selon les différents types d’espaces verts concernés (cimetières, espaces naturels, etc.). Elles développent différentes thématiques : quelle est la politique du site en matière de gestion de l’eau, de respect des sols, quels types de végétaux sont présents, quel est le mode de gestion choisi (avec quel matériel, quelle utilisation est faite des produits phytosanitaires…), quelle politique culturelle a été mise en place à destination du public… C’est l’association "Plante et cité » qui procède à l’évaluation avec un auditeur indépendant qui vient évaluer le site candidat, attribue des notes en fonction des différents critères. Au final, un comité décide ou non de labelliser le parc ou le jardin.
© Jardin des sciences de Dijon
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Un exemple d’écojardin à Dijon : le jardin de l’Arquebuse

En Bourgogne deux sites sont labellisés « écojardin » : le verger conservatoire du lycée horticole de Tournus et le jardin de l’Arquebuse de Dijon.
Ce dernier a obtenu le label en 2014. Il correspond à une politique volontariste des gestionnaires du site. « Les enjeux de société ont changé » explique Gérard Ferrière, directeur du jardin des sciences de Dijon : il y a 20 ans, on voulait fleurir les villes, on mettait des géraniums, des pivoines…  Aujourd’hui, les habitants des villes recherchent la nature près de chez eux et veulent une nature diversifiée qui soit un reflet de la biodiversité. C’est ainsi que le jardin de l’Arquebuse de Dijon en lieu et place des pelouses a décidé de semer des prairies fleuries, à la fois jolies et utiles pour les insectes. Il propose aussi différents espaces (jardin à la française, jardin à l’anglaise, espace dédié aux plantes sauvages, aux plantes « utiles », arboretum…) avec chacun une gestion différenciée.
Le jardin des Sciences de Dijon comprend un jardin botanique, un muséum d’histoire naturelle et un planétarium. Il a accueilli l’an dernier plus de 120.000 visiteurs, ce qui en fait l’un des plus importants sites dédiés aux sciences de la nature en France. Sur cinq hectares, il propose de découvrir quantité d’informations sur la biodiversité urbaine : qu’est-ce que le fauchage tardif ? pourquoi des ruches en ville ? le compostage, à quoi ça sert ? Il propose des expositions – actuellement « Bio’inspiration » - et organise des événements, dont la fête des abeilles (le 19 juin).

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