"Violeurs étrangers dehors" : les élus du Rassemblement national du Conseil régional provoquent un incident lors de l'assemblée plénière

Lors de l'assemblée plénière du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté à Dijon, ce 11 avril, les élus du Rassemblement national de Bourgogne-Franche-Comté ont brandi des pancartes "violeurs étrangers dehors" durant l'assemblée plénière. La présidente du conseil régional doit porter plainte pour "incitation à la haine raciale".

"Violeurs étrangers dehors". Voici les pancartes brandies par des élus du Rassemblement national, après une prise de parole de Julien Odoul (RN), lors de l'assemblée plénière du conseil régional, qui a lieu ce 11 avril à Dijon. 

Une action préparée que l'élu du Rassemblement national a expliquée en réaction à la garde à vue d'une militante du collectif "féministe identitaire" Némésis. Des membres du collectif avaient brandi des pancartes "Violeurs étrangers dehors" et "Libérez-nous de l’immigration" lors du Carnaval de Besançon, ce dimanche 7 avril. Anne Vignot, la maire écologiste de Besançon (Doubs) avait annoncé ce dimanche 7 avril 2024 qu'elle portait plainte pour "incitation à la haine".

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"Ce qui s'est passé à Besançon est extrêmement grave, a déclaré l'élu du Rassemblement national Julien Odoul durant la séance. [Une] militante a été placée en garde à vue pour avoir brandi une pancarte. Cette militante a vu son ordinateur mis sous scellé. Elle a été traitée comme une délinquante". 

"Parce que la maire de Besançon veut censurer la parole des femmes qui refusent l’intolérable, les élus du RN Bourgogne rappellent qu’un violeur étranger doit être expulsé !", a indiqué l'élu sur ses réseaux sociaux. 

Interrogé par téléphone sur les motivations de cette action, Julien Odoul explique que "c'est assez simple, nous avons voulu apporter notre soutien à cette jeune femme (de Némesis), sur laquelle la maire de Besançon a souhaité s'acharner". 
Concernant la garde à vue de la jeune femme de Némesis pour incitation à la haine, l'élu demande "Où est la haine ? " dans les pancartes.
Au sujet des plaintes, le chef de file RN au conseil regional, les juge "grotesques" n'ayant "aucune chance d'aboutir sur le fond". 

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La séance a alors été suspendue à la demande de la présidente (PS) de la région, Marie-Guite Dufay. "Je me vois obligée de suspendre la séance, puisqu'il est interdit de faire ce que vous êtes en train de faire" déclare la présidente.

À la reprise de la séance, elle a cité l'article 48 "concernant la police de l'Assemblée" : "Tout comportement des élus, attitude, vestimentaire ou introduction d'objet sans rapport avec le processus délibératif est strictement prohibé"

Il faut arrêter avec ces amalgames nauséabonds, précise Marie-Guite Dufay dans un communiqué. Les affiches qui ont été brandies et les propos répétés associant immigrés et viols sont intolérables en tous lieux et encore plus dans une enceinte républicaine.

Marie-Guite Dufay, présidente PS du conseil régional BFC

La présidente de Marie-Guite Dufay a décidé de saisir le procureur de la République et de déposer plainte pour incitation à la haine. 

"Le racisme n'est pas une opinion mais un délit", a réagi à la suite Séverine Vézies, membre de la coordination de la France Insoumise sur les réseaux sociaux sur les réseaux sociaux. 

Les élus d’extrême-droite de la précédente mandature du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté avait déjà utilisé cette méthode pour exprimer un désaccord. En mars 2016, ils avaient brandi des pancartes pour rappeler au conseiller régional François Sauvadet (à l’époque UDI) sa promesse de démissionner de son mandat de député. La séance avait été suspendue par la présidente PS de la région, Marie-Guite Dufay. La présidente avait dénoncé "cette politique spectacle".

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